DU TRAITÉ DE PAIX
(22 juio 1525. — Fin de dcceitihro 1525.)
N* -XCVIII. — LETTRE DE LA DrCHF.SSE D’ANGOULÊME AU ROI
Elle espère que le vo^a^e du Roi en Espagne abrégera sa captivité '. — Reconnaissance de la régente envers le vice-roi. — Le Roi devra, par tous les moyens possibles, essayer de voir l'empereur. — Brion lui dira le résultat des négociations qu'il vient d'entamer avec l'empereur.
[Juin 1^3^.)
Monseigneur, je rends grâces à celluy qui ne vous a jamays delay.ssé, et suys seure que ne fera en voz plus grans afî’eres, de la con-
' Les deux fragments suivants contiennent des renseignements sur les différents lieux dans lesquels le Roi fut successivement enfermé en Espagne. Le premier est tiré des Mémoires de Saint-Simon ; le second est dû à M. de Liissy , architecte, qui a longuement séjourné à Madrid , et qui Ta communiqué à M. Rey, auteur d’un volume sur la captivité de François I".
I" fragment. • Je considérai cette horrible cage de tous mes yeux et de toute ma plus vive attention, malgré les soins de don Gaspard à m'en distraire et à me
presser d’en sortir lui qui, confus
lorsque je lui avois témoigné le désir de la voir, m'avoit répondu : ■ Eh I fi I li I se- • nor duque . de quoi parlez-vous là ? •
Cette chambre n'étoil pas grande, et n'avoit qu'une seule porte, celle de l'euirée. Elle étoit accrue par un enfoncement sur la droite en entrant, vis-à-vis de la fenêtre, assez grande pour donner du jour suffisamment, vitrée, et qui pouvoit s’ouvrir, mais à double grille de fer, bien forte et bien ferme, scellée dans la muraille des quatre côtés. Elle étoit fort haute du côté de la chambre, donnoit sur le Mançanarez et sur la campagne au delà. Il y avoit de quoi mettre des sièges, des coffres, quelques tables et un lit. ... De la fenêtre de cette chambre au pied de la tour, au bord du Mançanarez, il y a plus de cent pieds; et tant que François I" y fut, deux bataillons furent nuit et jour en garde ,
tynuacyonde vostre bonne santé, avecques laseuretéde vostre voyage d’Espaigne, qu’il vous a pieu me faire savoyr. Qui m’a estéungcommancement de joye, telle que vous, monseigneur, pouvez sentyT, pour l’esperance que j’ay de l’abre>'yacyon de vostre delyvrance. Et cognoistrez et entendrez, par ce que je vous mande par ce dit porteur, combyen les ennemys de paix trouvent maulvays vostre voyage que vous doibt rendre et nous tous de tant plus oblygés à mon cousin le \j-Toy : vous suplyant , monseigneur, que par tous les moyens que vous pourrez , vous essayez de veoir ou d’aproucher l’em-
50US ies armes, au bord du Mançanarez, qui coule tout le long cl fort proche. Telle est la demeure où François I" fut si longtemps enfermé. •
'2' fragment. « François I" a été enfermé dans trois endroits différents : d’abord dans la tour carrée de los Lu.sanes, qui est en face de l'bôtcl de ville cl prés du clocher de San-Salvador. Celte tour était autrefois une des plus fortes de rcnceintc, et faisait partie du système des fortifications. Au temps de Chaides- Quint, elle était sur la limite de la ville de ce côté. Le couronnement du fossé parait encore dans la petite rue del Codo, qui tourne derrière et qui va au palais du comisario de cruzada. La poterne qui lui servait d'entrée existe encore, mais elle est murée jusqu'à la hauteur de la corde de la voûte. La garde et la surveillance en étaient d'autant plus faciles, que, défendue par un large fossé du côté de la campagne, elle contenait un vaste corps do garde au rez-de-chaussée, cl était terminée par une plate-forme d'où l’on dominait une très-grande partie des murs d'enceinte , et où l’on a placé aujourd'hui le télégraphe de marine qui correspond avec Aranjuez.
« F rançois I” resta dans celle tour jusqu'à
ce qu’on lui eût préparé un appartement au palais del Arco, maintenant détruit; et cnûn on le transféra dans une autre tour, qui faisait partie du palais du roi dans l'Alcazor.
• L'ancien Alcazar regardait bien le Mançanarez, mais n'en était pas aussi presque le dit Saint-Simon : il y avait, comme au jourd'hui, avant d’y arriver, i*el Campo del Moro; a* la roule du Prado, qui est fort large; 3* la Pradera de los Lavaderos : lieux qui n'ont eu de constructions dans aucun temps. L' Alcazar n’existe plus; c’est sur une partie de son emplacement qu'a été bâtie, par Philippe V, la magnifique résidence actuelle des rois d'Espagne. Le pavillon du midi et une aile reposent sur les anciennes fondations, mais les parties de l'est et du nord, qui regardent la Montana del Principe Pio, sont entièrement nouvelles L'Alcazar s'étendait depuis le nouveau palais jusqu'à celui du conseil de Castille, et la maison actuelle du marquis de Malpica, au bout d« la Galle de la Alinudena, en occupe le centre. Quant à la prison de François 1" à l’Alcazar, la tradition n'a pas conservé le souvenir de la place qu'elle occupait. ■
SECTION III. — CAPTIVITÉ EN ESPAGNE. 233 pereur, affin que Teuvre qui tant est desyrée et necessayre puisse estre du plus toust acomplye. Bryon arryva devant-hyer venant de devers ledit seigneur empereur, et s’en retoiuma à toute dilligence devers vous poui* vous rendre compte de ce qu’il a fayt : et quant vous verrez que pos.syble sera que je mecte en lyberté l’ennuye que j’ay de [ne] vous aproucher, je vous suplye le me fere entendre, et vous cognoistrés que ce sera le plus desyré et agréable voiage que fist oneques vostre, etc.
LOYSE