‹ Captivité du roi François 1erChapitre 106 sur 268 · N* CVI. — LETTRE DE L’ARCHIDUCHESSE MARGUERITE A MADAME D’ANGOULÈME · texte numérisé non relu

N* CVI. — LETTRE DE L’ARCHIDUCHESSE MARGUERITE A MADAME D’ANGOULÈME

Elle assure la régente de son intervention auprès de l'empereur en faveur du Roi.

IJoillet 1M&.)

Madame, quant je n’auroys la mesme voulenté que j’ay tousjours eue au bien et execution de la paix, en quoy vous et moy avons tant

‘ Voyez une lettre de Charles -Quint, matiques, t. II, p, 607), au sujet de l’arri-

publiée par M. Leglay (Négociations diplo- vée du Roy dans le royaume de Valence.

labouré, si serois-je bien endurcie sy par les tant gracieuses letres qu’il vous a pieu m’escrire par le sieur d’Ysernay, et les bonnes parolles qu’il m’a portées de par le Roy et vous, ne me evertuois à y l’ere tout mon extreme devoir. Et deslre bien, madame, vous avertir (|ue jamès n’ay cessé d’y lere ollice de bonne tante envers l’emperenr, envers lequel ne trouvères faulte d’avoir acomply tout ce du Iraicté (jue luy touchoit; et sy quelque delay y est entervenu, ce n’a esté sa coulpc ny la myenne, comme Dieu scet, et dont le tout procédé, parquoy, sy la depesebe dudit sieur d’Ysernay en a esté ung peu retardée, ne s’en fault esbaïr, puisqu’il emporte la depesebe par luy requise, que ne luy ay denyée si tost qu’il m’a esté possible. Sy (jue à présent ne reste, madame, synon que vous et moy, parfaisant nostre charge , advisons tellement au faict de ceste ainytlé et confidence, qu’elle puist demeurer inséparable à jamès. Qui sera chose trèsagreahle à Dieu, utile et necessaire à toute la chrestienté, et pour ma part, suis délibérée m’en mectre en tel devoir que, par raison, ne me sçauriés reputer aultre que

I>a plus que toute vostre bonne sœur, MARGUERITE.

N* CVII. — MEMOIRE AU SEIGNEUR DE MONTMORANCY, MARESCHAL DE FRANCE, DE CE QU’IL A A DIRE A L’EMPEREUR DE LA PART DU ROY.

Le Koi lui envoie baiser les mains, — témoigner de son alTcction et désir de voir S. M. I. — Le Koi se lie en sa magnanimité; — a mis scs galères i la disposition de l'empereur pour parvenir à un traité de paix. — Il désire se rapprocher de l’empereur, — arranger les affaires d'Etat avec loi. — Demander un sauf-conduit pour madame Marguerite. — Qu'elle soit chargée de traiter de la paix. — Demander à l'empereur comment le Roi doit le nommer dans ses lettres. — Il désire l'honorcr autant que possible. — Démentir les mauvais propos qu'on attribue au Roi rontre l'empereur.

(3 juilUt IS35.)

Premièrement, que le Roy l’envoye devers Sa Majesté Cesarée pour luy baiser les mains de sa part, luy donner bien entendre l’alTection

SECTION III. — C.\PTIV1TÉ EN ESPAGNE. 2Mi et grand désir du Uoy qui a esté, depuys rheuie de sa prinse, de voir Sa Majesté et declairer ce qu’il a s\ir son cueur, pour pervenir à la paix universelle de la crestienté, tant à l’honneur de Dieu et de la foy catholique que aussy à la grand gloire et exaltation de Sa Maje.sté imperialle, en soy confonnant au vouloir de Dieu qui a mis la victoire présenté ès mains de l’empereui*. Que pour parvenir à ladicte veue de l’empereur et aux fins de ce que dessus , le Hoy a tasché , de toute sa puissance, donner entendre à l’empereiu' la grande conlidence et esperance qu’il a en sa bonté et magnanimité, car a lait venir ses galeres, qui sont grosses force en France, sur ceste mer Mediterranée, et contre l’advis de plusieurs grandz personnages de France a falct icelles galleres non seulement venir à Bercelonne et Valence, mcctant la force de l’empereur et gens de sa .solde dedans, ains aus.sy les a faict actendre jusques après avoir sceu le bon plaisir de l’empereur, et de luy entendre en quoy il se vouldra ayder de sesditte.s galleres pour se fere coroner, la paix preallablement faite et la personne du Roy délivrée.

Que le Roy cognoissant estre très-expedient et utile non-seulleinent pour pai'venlr à ladicte paix et délivrance de sa personne, ains aii.ssv pour establir et confirmer l’estât et faict d’Italie en la dévotion de l’empereur, avant que les potentatz et seigneurs d’Italie n’aient loisir de soy rallier au contraire, abréger en toutes sortes le bien de laditte paix universelle, a désiré s’aprocher de la personne de l’empereur et fere aprocher madame sa mere, regente en France, avec les principaux princes de France de ceste frontière d’Espaigne, pour promptement resoldre les difficultés qui pouroient estre sur le Iraicté de ladicte paix.

Et afîin que si grand chose qu’est ladicte paix et délivrance de .sa personne soit conduyte par personnages de grand et grosse autorité et que ait entièrement toute puyssance , telle et si grande que madicte dame sa mere auroit pryé l’empereur que son plaisir soit donner .saufconduyl à madame Marguerite de France, sa seur unique, duchesse d’.AIençon et de Berry, contesse d’.Vrmaignac, de venir devers ledict

2'jO captivité du ROI FRANÇOIS I".

empereur avec train honnorable, selon la qualité et grandeur du personnaige , laquelle apportera telle et si entière puyssance de traicler sur ladicte paix, delin’ance du Roy et amitié d'alliance p>our la seureté perpétuelle de ladicte paix, que l'empereur cognoistra évidemment , et tout son conseil tochera au doict , que l'intencion du Roy est pure, necte, et va franchement enbesoigner, et veult conclure et resoldre en ung mois ce que pourroit traisner longuement, au grand dommaige de sesdictes provinces et de leurs suhjctz.

Saura aussi avec l'empereur comment il luy plaist que le Roy désormais le nomme par ses lectres, car a désir lui escrire souvent et luy donner tel tittre et honneur que plaira à l'emperem-, le pryant croyre que le Roy veult entièrement luy complaire et faire l’honneur à luy possible.

Luy portera aussi parolles de ce que aucuns ont dict au Roy avoir entendu aucims rapportz avoir esté faict2 à sa Gesarée Majesté que ledict seigneur avoit mal parlé de luy, qui sont choses certainement toutes controuvées , pour peux que aimez plus la guerre que la paix. Kt pourra ledict seigneur de Montmorency, comme celuy qui a esté toujours norry autour de la personne du Roy, pour avoir entendu beaucoup de ses secretz et particulières devises, le justifier et en respondre à tout homme que vouldroit dire au contraire.

Aussi dira à l'empereur la cause du retardement du premier president, et pourquoy il est passé devers le Roy.

Parlera aussi à l’empereur pour respondre à la Mothe-des-Noirs , s’il est besoing, de ce qu’il dit avoir eu la foy du Roy le jour de la bataille.

FRANÇOYS

SFXTION III. — CAPTIVITÉ Ei\- ESPAGNE.

N* CVIII.— RAPPORT DE CE QUI A ÉTÉ NÉGOCIÉ AUPRÈS DE L’EMPEREUR. PAR M. DE MONTMORENCY. EN VERTU DES INSTRUCTIONS DU ROI

L« sauf-conduit pour la duchesse Marguerite cal accordé, — ainsi que la trêve. — Il a négocié i'eiitrcvne du Roi cl de lenipereur. — Madame Marguerite négociera le traité a\cc les ambassadeurs.

[Juilltt IS2S. ]

Après que M*^ le mareschai de jMontmorency a eu dit sa charge à l’empereur, il a esté ordonné à MM. les vi-roy, grand-maistre et chancellier de faire la response, qui fut d’accorder la venue de madame la duchesse par deçà , comme il appert par le sauf-conduit ; et pareillement l’abstinence de guerre, suyvant les articles que mondict le mareschai porte; et quant à la veue de l’empereur et du Roy, mondict le mareschai scet ce que l’on luy en a dit : et sera bien besoing de depescher promptement ung courrier pour faire entendre à Mp d’Ambrun et president (de Selve) ce qu’ilz auront à faire touchant ladite abstinence. Et pour ce que dedans l’un des articles d’icelle abstinence est faite mencion que Madame doit tiaicter avec les nommez audict article, authorisée des estatz de France , à quoy on a respondu suilisamment, comme pourra dire mondict le mareschai; toutesfois, pour ce que l’on a affaire à compagnie scrupuleuse, il est à présumer que pour le moins ils vouldront voir comme la régence de Madame a esté reçue par tous les parlemens de France, et comme elle y a esté obeye, auparavant et depuis la prison du Roy. Sur quoy le bon plaisir de Madame sera d’adviser,

Davantaige, ils mectent en avant une autre difficulté ; c’est que quelque povoir que madame la duchesse ait, ilz entendent que autres qu’il plaira à Madame de nommer aient povoir au nom d’elle de négocier et disputer du faict de ladicte paix, et que l’empereur fera le semblable à aucuns de ses seniteurs par deçà; et après le traicté

' Ci-dessus, page a38.

2'i2 CAPTIVITÉ Dl) ROI FRANÇOIS I".

se conclura par l’empereur et madame la duchesse. On leur a respondu que madame la duchesse viendra avec povoir et puissance de substituer ceulx qui luy plaira pour l’efTect que dessus, de quoy ils se sont contentez ; et n’alleguent raison sinon qu’ils le veulent ainsy.

Item, dedans les articles d’abstinence de guerre ne l’un ne l’autre des traictans ne y comprent ses amys, qui est de l’invention des Angloys, pour essayer de nous faire perdre les Escossois. On leur a dehatu puisque l’on vouloit entrer en une paix universelle, que la tresve devolt estre universelle pareillement, et que chacun y peust comprendre ses amys et alliez. Ce que le chancellier n’a trouvé bon, disant, nommément, que l’on n’y pourroit faire condescendre les Anglois. Toutesfoys, mons' le vis-roy et maistre Jehan [..allemant ont assuré mondict le mareschal, à son pailement, que l’empereur n’entend point que se l’on court sus à nos amys et alliez, que nous ne les puissions defendre, et luy pareillement les siens. A quoy mondict le mareschal a respondu que qui courra sus aux Escossois, Madame les secourra de gens et d’argent.

Il plaira à Madame bien adviser sur le tout , et mander aux amha.ssadeurs ce qu’ils auront à faire '.

N* ax. — LETTRE IM] CONNÉTABLE DE BOURBON AU ROI D’ANGLETERRE.

Le ronnolable annonce qu'il va se rendre auprès de l'empereur.

I D* Mil» , U 0 juilltt 15». 1

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