‹ Captivité du roi François 1erChapitre 108 sur 268 · N‘ CXU. — LETTRE DE LA DUCHESSE D’ANGOULÊME AU ROI · texte numérisé non relu

N‘ CXU. — LETTRE DE LA DUCHESSE D’ANGOULÊME AU ROI

Le» affaire» de France sont en bon chemin. — Leur succès obligera les Espagnols à tenir un meilleur langage, — le» forcera à consentir à ce que irr(a, honneur et libéralité n'ont pu les engager à faire.

(Jnillri I&2S, ]

Les deux dernieres nouvelles que j’ay eues de vous, monseigneur, l’une par Chasteauvieux et l’autre par l’omme de monseigneur d’Embrun, m’ont esté de sy grant consolacion pour vous; voz affaires de par delà recommensent en sy bons termes, qu’elles me font souheter de avoir la tierce en grant désir; m’atendant bien, veu la bonne dysposicion en quoy sont vos dictes affaires de tous costez, comme plus au long entendrez , que fauldra que seulx qui sont par de là parlent melleur lengagc qui n ont fait jusques à présent : et ce que vertu , honneur et lyberalité n’ont volu faire, j’ay esperance au bon Dieu que nécessité le fera avec grant honneur, vous supliant que ce pendant, en atendant le temps tant desyré, que bien souvent de vostre bonne senté sache de voz nouvelles vostre , etc.

LOYSE

V CXIII.— MÉMOIRK A MüNSKlGNEUR LK MARÉCHAL DE MONTMORENCY.

Il (nul faire rrrherclier les originaux des Imités de |'.aix, etc. à invoquer dans la conférence qui doit s'ouvrir Tolède. — Indication des tilrea nécessaires.

|12jsill«ll33S.)

Solliciter envei*s .Madame et ailleurs où il appartiendra, de recouvrer rincor|K)ration et union que le roy Jehan fist de la duché de Bourgogne, après que luy fut advenue parle décès du seigneur Philippe, duc de Bourgogne, fan mil iii®l.xi.

L’apanaige faict à Philippe le Hardy par ledict roy Jehan est deux ans après , c’est â sçavoir de l’an mil iii'^ i.xiii , et la confirmation de Charles V de l’an mil iii°l\iiii.

liem , fault noter que le traitié de Peronne faict l’an mil i.xviii par le roy Loys .\I, qui e.st fort prejudiciable, car confirme le traicté d’Ar ras, fusl depuys icelluy traitié de Peronne confirme et approuvé par ledict roy Boys XI estant en .sa liberté à Amboise, qu’ils allèguent contre nous, disant que la force et contraincte de Peronne est purgée par là. Ne pouvons aultre chose dire, fors seullement que le Roy ne pouvoit albener les terres de la couronne ; que encores la force et armée du duc Charles de Boiu^ogne duroit et estoit entière.

Faidt sur ce point visiter les registres delà cour de parlement pour sçavoir si le procureur du Boy, en présentant ledict traictié de Peronne , fist aucune protesUition publique ou secrete , et s’il y eut aucune opposition ou contredit du procureur du Roy.

.Au regard dxi traitié de Conflans qui est précédant, c’est à sçavoir de l’an mil iii' lxv, il fiit fait à cause de l’armée de Montlhery et ne fut jamais .sceue; mais sera bon visiter les registres de la cour sur lesdicts deux traictez poiu* sçavoir s’il y a riens pour nous contre lesdicts traictez.

Item, du temps de Philippe de Valois fut donné arrect, à son prof-

SECTION III. — CAPTIViTJ-:' EN ESPAGNE. 251 fit touchant le conte de Champagne contre le conte d’Evreux et sa femme, qui estoit fille de Loys Hiitln, combien que ladicte conté fut venue par femme à la couronne, à cause de la ruine femme de Philippe le Bel, de laquelle ladicte contesse d’Evreux estoit descendue et non ledit Philippe de Valoys, et doit estre fondé ledict arrest , comme il est vraysemblable, siu' ce que ladicte conté de Champaigne avoit esté encore cncorporré à la couronne, comme il est vraysembiabie; par quoy y fault recouvrer ledict arrest et l'envover icy.

Fait à ha.ste, en ce lieu de Tresimegnes. le xii' jour de juillet 1 5a5.

J. DK SKLVA.

N* CXIV. — TRÊVE SUR TERRE ET SUR NfER.

(14 jailtel 1525.)

Anne de Montmorency, mareschal de France, conseiller du Roy, chevalier de son ordre, cappilaine et lieutenant general pour ledict .seigneur en son armée de mer, à tous admiraulx, viz-admlraulx, cappitaines, justiciers, officiers, sujets dudict seigneiu* et autres qui ces présentes lettres verront, salut. Sçavoir faisons que, par ordonnance dudict seigneur, avons promis et assemé, et par cesdites présentes promectons cl asseurons à tous cappitaines de gaüaires, carraques, naves et autres des pays, terres et subjects de l’empereur, présentement navigans et qui pourrolent naviguer, que de ce jourd’uy jusques au qulnzelesme jour du mois de .septembre prochainement venans, ungs chacun d’eulx pourront aller, venir, passer, repasser, fréquenter et marchander seurement et franchement de toutes sortes de marchandises, tant en la mer de levant que de ponant, et es lieux où bon leur semblera, sans que pour occasion de leur passaige soit fait, permis, donné, ny consenti faire, ny donner, aucun destourbier ou empeschement. Si vous mandons à chascun de vous, comme

à luy appartiendra; expressément deffendons que, en suyvant le voloir et Intencion dudit seigneur, vous souffrez, permectez, donnez, ne consentez que ausdicts cappitaines de gallaires, carraques, naves et tous autres valsseaidx des pays , tenues et subjects de l’empereur, navigans et conduisans marchandises, soit fait, ny donné nul empeschement en quelque sorte que ce soit , sui' tant que craignez à désobéir audict seigneur, et sur les pe>nes réservées à son arbitre.

Fait à Veausonnon, soulz nostre salng et seel armoyé denoz armes, le xiiii* jour de juillet, l’an mil cinq cens vingt et cinq *.

N* CXV. — LETTRE DE MONSIEUR DE LA BARRE A MADAME LA DUCHESSE D’ALENÇON.

Le Roi lui a ordonni^ d'cavnycr à la duclicsac les lettres de l'cmpcrcur apportées par Brion. — Le Roi monte à cheval pour aller à vêpres à Sainl-Iliéronymc.

[Jailld IÏ2&. ]

Madame , le Roy m’a commandé , despuys , que j’envoye à Madame les lettres que l’empereur luy a cscripte par monsieur de Bryon. Je les vous envoyé cy, madame, pour, sy vous plest, avec les autres les luy voulloyr bailler aussy. Madame, mondit sieur de Bryon vous escript bien amplement de son voyage.

Madame, Nostre Seigneur, par sa grâce, vous veille longuement garder en bonne santé, et après vous donner son benoist paradis.

Le Roy s’en va monter à cheval pour aller à vespres à Saint-Geronime.

Votre très humble et très obeyssant serviteur,

DE LA BARRE

' En même temps il fut conclu à Brcda , et le même jour, entre madame la régente et l’archiduchesse d’Autriche , gouvernante des Pays-Bas, un autre traité pour la sûreté de la pèche et abstinence de guerre durant six mois. Les ratifications de l'ar-

chiduchesse sont du i6 du même mois, et la proclamation dans le royaume de France est du 3 septembre. Le traité est imprimé dans le Recueil de Léonard (t. II , p. igS; Paris, 1693.)

N* CXVI. — LETTRE DES AMBAS.SADEMRS DE FRANCE EN ESP.AGNE AU PARLEMENT DE PARIS.

.Nouveiles du Roî. — L’cnipcrcur le fait Irès-bicn Irniier, — lui a ^cril plusieurs fois, — a dounë un sauf-conduit pour la duchesse d'Alençon. — A son arrivi^e en Espagne, les malades des écrouelles sont venus en très-grand nombre se faire toucher par le Roi,

|ToUde, ]8 juillet 1528.]

Messieurs, congnoissant le grand désir de la compagnie, qui est de sçavoir certaines nouvelles de la santé et prospérité du Roy, nostre souverain seigneur et maistre, vous certifie l’avoir lai.ssé à trois lieues près Vallence , faisant aussi bonne chere qu’il est possible, tant et si humainement traicté et honoré de scs gardes, par la vollonté de l’empereur, qu’il n’est possible de plus, hormis la liberté, de laquelle, grâce à Dieu, avec bonne conclusion de paix universelle, sommes en bonne esperance ; car l’empereur, depuis la venue du Roy en Espalgne, luy a escript par deux fois eslre fort joyeux de son arrivée icy, espérant par ce moyen conclusion bricfve de la paix. Ledict .seigneur empereur envoya hier devers le Roy pour le faire approcher de luy; a baillé sauf-conduit à madame la duchesse d’Alençon* pour mettre fin, à sa venue, à toutes querelles, et prendre resolution sur la délivrance du Roy et paix universelle qu’il désiré.

L’empereur a accordé abstinence de guerre et trefve d’icy au premier jour de janvier, que M' le mareschal de Montmorency porte en France. A Barcellonne, Vallence, ou autres lieux d’Espaigne où le Roy est arrivé, tant et si grand nombre de malades d'escrouelles luy

‘ Le sauf-conduit pour la duchesse Marguerite ne fut accordé qu'au mois de juillet, après les négociations du maréchal de Montmorency avec l’empereur, qui sont du commencement de ce même mois (cidessus, n'*CVII etCVlH). C’est donc à tort que l’éditeur des Lettres de Marguerite de

Navarre donne pour date, à la vu* lettre de son deuxième recueil , le mois de juin i5a5, lettre dans laquelle Mai^uerite parle des préparatifs du voyage qu’elle va faire selon le désir du Roi. La lettre vu, p. 34 > est tout au plus du milieu de juillet 1 5a 5.

ont esté présentez pour les toucher, avec grant esperance de guérison, que en France ne fut oncques en si grant presse; et vous certifie que sa personne porte grant grâce et amour envers tous ceulx qui le voyent , en désirant sa délivrance et paix , qu’est necessaire autant à nos voisins que à nous.

Messieurs, de ce que se ensuivra serez au plaisir de Dieu advertis, me recommandant toujours à la bonne grâce de la compaignie, priant le benoist Créateur vous donner toute prospérité et préserver toute la compaignie.

De Tolede, ce xviii' jour de juillet i5a5.

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