‹ Captivité du roi François 1erChapitre 111 sur 268 · N' CXIX — LETTRE DE LA BARRE A LA DUCHESSE D’ALENÇON · texte numérisé non relu

N' CXIX — LETTRE DE LA BARRE A LA DUCHESSE D’ALENÇON

Le Koi va aller voir i'cnipercur. — Il faut quelle liAte son arrivée en Espagne.

( 19j>iU«t 1S25. ]

Madame , s’il apparlenoyt à ung povre vostre subjet vous fere remersyment des lettres qu’il vous a pieu m’escripre , trouveroye que cestuy indine s’en meteroyt en son devoyr. Et quant vous supplyroye jamais n’ajouter foy en subjet vostre, sy cestuy vous failloyt, que vous asseure à peine n’estre jamés dyne de vous pouvoyr faire servyce, par la faulte de sa puysance, mès non par sa volonté, que éternellement vous sera obeysante et subjete. Vous asseurant. Madame, sur sa vye, qu’il ne feret jamés faulte à ce que vous a pieu lui escripre.

Madame, ce présent porteur, Sourdys, est depeché parle Roy pour aller fere entendre à Madame et à vous son partement de demain d’ysy, pour dedans x ou xii jours veoir l’emperem'. Aussy pour, sy vous plest , ung peu vous baster, et vous aurez ce bien et heur d’avoyr mys hors de prison la plus honneste personne du monde.

Madame, je supplye à Nostre Seigneur bien tost vous amener, et donner très bonne vie et longue santé.

De Venysolo, le xix" jom* de juillet.

Vostre très humble subget et très obéissant serviteur.

DE LA BARRE

N‘ CXX. — LETTRE DE MONSIEER DE BRION A MADAME D'ANGOlJLÈME.

Le Roi va être conduit de i Madrid. — Il verra l'einpcreur. — L’arrivée <le

madame Marguerite décidera de la délivrance du Roi.

iSOjuilM 1525.)

Madame, par M*' le mareschal de Momorancy aurez entendu la bonne santé du Roy et Te.sperance de sa délivrance, après l’arrivée de madame vostre fille ; et pour tousjours contynuer en nostre bonne esperance, le commendador Fiquerol arrivast hier icy poiu* faire desloger le Roy et s’aprocher de l’empereur, à une ville qui s’apelle Madrid, à douze lieue près de luy : et ne devez, madame, faire difficulté de croire que rempereiu* voira le Roy avant l’arrivée de madame vostre fille, là oùe je croy qu’elle trouvera les choses bien préparées.

Madame, encores que vous soyez en France et le Roy en Espalgne, vos opinions sont semblables ; car, après luy avoir dit de vostre part les propos qui vous a pieu me commander, il m’a faict responce les vous avoir mandées en mesme substance par M. le mareschal, et ne vous saroytz dire l’aise en quoy il a esté quant je luy compté ce tjui vous pleust me ordonné luy dire bien aux longs.

Madame, le Roy desireroit bien que de tous ceuli du conseil, il n’en vint ung seul avecques madame vostre fille , que ceux qu’il m’a commandé luy escripre : ce que j’ay fait par le mesme.

Madame , je vous ferez fin de lettre en priant No.strc Seigneur vous donner très bonne vie et longue.

De Venysnoin (sic), ce xx* juillet.

Vostre très humble et très obéissant serviteur et subject .

BRYOïN. •

Page 1