‹ Captivité du roi François 1erChapitre 124 sur 268 · LA RÉGENTE · texte numérisé non relu

LA RÉGENTE

Le Roi est arrivé é Madrid en bonne sauté, accompagné par les seigneurs espagnols. — De ce nombre le duc de l'Infantado. — Mécontentement du conseil d'Elspagne de l'arrivée du viceroi. — M. d'Asparros a trouvé moyen d'envoyer souvent et sûrement vers le Roi en Espagne.

(34 ao4l 1525.)

Madame , en obeyssant à ce qu’il pleut à madame vostre fille m’escripre et commander, j’envoyé en Espaigne pour sçavoir nouvelles du Roy et escripvy à Mons. d’Embrun; lequel m’a escript et envoyé ugne lettre que luy et Mons. le premier president de Paris vous escripvent, en ebifre : lesquelles, madame, je vous envoyé, ensemble celles que ledict M. d’Embrun m’a escriptes.

Madame, l’homme quejeyadvoys envoyé n’a peu revenir sytost, à cause que ledict M. d’Embrun délaya environ quinze jours à le depescher. Ledict homme dict que le Roy estoit adryvé à Maderic, à

SECTION III. — CAPTIVITÉ EN ESPACNE. 305 douze lieulx de Toullettes, faisant fort bonne chère, et que les seigneurs d'Espaigne l’acompaignent fort volentiers; et entre les aultres le duc de l'Infantado, qui est ung des plus grands du pays; et dict que ceulx du conseil de l’empereur n’ont pas esté fort aysse de la venue du vice-roy de Naples, et que par dellà les gens du pays desyre fort la paix.

Madame, sy entre cy que la paix se trectera yl n’y avoit treve, je cuyde avoir trouvé moyen de povoir envoyer de par dellà, et me.smement devers le Roy souvent et bien seurrement. Pan|uoy vostre bon plaisir sera en cela et en toutes auttres choses me commander vous bons plaisirs pour y obeyr.

Madame, sy c’est vostre bon playsir, vous commanderez les lectres de la compagnie que je ay eu en charges , dix hommes d’armes poim Mons. de Toumon et cinquante pour Mons. d’Aster, comme il vous pleut accorder à madyte dame vostre fdle.

Madame , je prye Nostre-Seigneiu* que il vous doinct très-bonne vie et longue.

Escript à Villemeur, le vingt et quatriesme d'aoust.

Vostre très humble et très bobev.s.sant serviteur.

ASPARltOS.

N* CXXXVL — TRAITÉ DE PAIX, AMITIÉ ET CONFÉDÉRATION CüNCLt ENTRE LE ROI DE FRANCE ET LE ROI D'ANGLETERRE'

' Ce traité fut conclu à Moore, en Angieterre. le 3o août i5a5, par ordre de madame Louise de Savoie, duchesse d'Angoulème , mère de F rançois I" et régente en France. Il est publié dans le recueil de Léonard, t. II, p. 198.

Ce traité avait pour objet la délivrance du roi François 1* et la liberté du com-

(30 uit ISSS.)

mercc entre les sujets des deux royaumes. En retirant l’Angleterre de l'albance de l'empereur, ce traité fut très • favorable aux affaires du roi de France, et contri bua beaucoup à sa délivrance. Les habiles négociations dirigées par la régente préparèrent cet important résultat : l'ombrage que Henri VIII prenait aussi de la

N» CXXXVII. — LFnTRF. DU VICE-ROI DE NAPLES AU ROI DE FRANCE.

Il demande la délivrance du prince d'Orange aux conditiona proposées par l'empereur.

[SI Mit 152S.]

Sire, j’ay receu la vostre qu’il vous a pieu m’escripre touchant ce que monsieur de Bou^su vous a dit pour faire venir monsieur le prince d’Orenges.

Sire , rempereiu* a donné charge audit de Boussu vous requérir de sa part vouUoir escripre à madame la regente, de sorte qu’il n’y ail faulte quelle n’envoye ledit prince d’Orenges aux conditions que je vous dis de par Sa Majesté.

Assavoir que, envoyant ledit prince sur sa foy,que touttes fois et

trop grande puissance de Charles-Quint le detennina à s'allier définitivement avec la France.

Malgré tous les avantages que ce traité procurait aux alTaires du Roi, il n’en suscita pas moins une grande opposition dans le parlement de Paris. Les extraits que nous donnerons ci -après des registres de cette compagnie souveraine en expliqueront les motüs.

Les plus grands princes du royaume et les villes les plus importantes étaient désignés comme caution et garant de l'exécution de ce traité, à cause de l'absence et de la détention de la personne du Roi.

La ratiQcation de madame la régente fut donnée à Lyon le a5 septembre, et l'enregistrement au parlement fut requis au commencement du mois d'octobre.

11 y eut aussi des articles particuliers arrêtés entre les députés de France et ceux d'Angleterre , concernant « les formes

qu'on auroit à tenir pour réparer les dommages et intérêts encourus par aucuns particuliers habitans de l'un et de l'autre royaume, lors de la dénonciation de la guerre et auparavant, comme pour régler le commerce maritime à l'advenir. Faict à Moore, ledict jour 3o août i5a5. *

Enfin d'autres articles réglèrent les sommes de deniers que le roi Henri VIII prétendait lui être ducs en conséquence des traités passés entre lui et le roi François I". au mois d'août 1 5 1 5 et au mois de septembre i5i8 à cause de Tournay et Mortaigne, et le i3 novembre idao.

La somme fut définitivement fixée à deux millions d'écus d'or au soleil , de trentecinq sous pièce , indépendamment d'une autre somme de 5a,63i écus au soleil à vingt-deux sous. La régente signa un acte de reconnaissance de cette dette , au nom de la France, en présence de l'arclievèquc de Lyon.

SECTION III. — CAPTIVITÉ EN ESPAGNE. 307 quantes qu’il plairoit à madicte dame le mander, qu’il s’en retourneroit vers elle. Et que l’empereur pensse que ayei si bon crédit vers madame vostre mere qu’elle ne vouldroit faillir de vous complaire en ce.st affaire, et que en faisant ce plaisir à Sa Majesté, que en cas semblable il vous complairoit.

Sire, j’ay dit à l’empereur que vous avés escript à Madame pour dilligenter la venue dudit prince , je vous suplie par la première poste lui en escripre quelque autre bonne lettre , et soyez seur que à Sa Majesté ferez grant plaisir.

Sire , je prie à tant Nostre-Seigneur vous donner bonne vye et longue.

De Pinte, le dernier jour d’aoust m v' xxv.

CHARLES DE LANOY

N* CXXXVIII.— DISSENTIMENT ENTRE LE GRAND CONSEIL DE LA RÉGENTE ET LE PARLEMENT DE PARIS ’.

(Septembre 1525. )

' Le grand conseil de la régente était en assez mauvaise intelligence avec le parlement de Paris. Le parlement avait rappelé deux de ses membres qui avaient été députés au conseil par autorisation de madame la régente.

Le 5 septembre i5a5, arrêt du parlement qui ajourne le chancelier à comparoir en personne devant la cour, ainsi que le procureur général au grand conseil , en même temps que la cour de parlement ordonne qu’il sera écrit au duc de Vendôme, au cardinal de Bourbon, à l'évéque de Laon, pairs de France, au comte de

Saint-Pol et au seigneur de Lautrec, qui étaient auprès de madame la régente, de faire cesser les entreprises du grand conseil contre l'autorité du Roi et de Madame , et contre celle du pariement. Les pairs de France furent priés de se trouver en leurs places le lendemain de la Saint-Martin.

Le 7 septembre, madame la régente renouvela les pouvoirs d'ambassadeurs qu'elle avait donnés à monsieur d’Embrun, au premier président de Selve et au seigneur de Brion , par lettres patentes datées de Tournon le 7 dudit mois ; elles sont contre-signées Roberlet.

Page 1