N" CL. — LETTRE DE LA DUCHESSE D’ALENÇON AU ROI
Klle eM arrivée en Espagne. — Le vicc>roi est venu la recevoir. — MM. d'Eimbrun et de Selve arriveront bientAt. — Montmorency est jaloux des services qu'elle rend au Roi.
[ » S^itmhn 1525. )
Monseigneur, je ne sauroys estre à respous sans savoir comme cete après disnée c’est portée , vous suplyant commander que j’en sache à toute heure la vérité , et sy vostre grant main vous sert ausy bien que la petite, que voulontiers vous heusse laisée; més j’espere que mon absance vous fera service. Et m’a dist don Hugue, que l’empereur a envoyé pour me conduire, qu’il espere que je feray bon voyage, bien délibéré de vous y servir, et le vis-roy ausy, qui demain viendra au davant. J’ay trouvé ysy le grant mestre de Rodes, qui est bien marry que ne vous peult aler voir, ny venir avesque moy : car il demeure ysy par contrainte , atandant le vouloir de l’empereur. Monsieur d’Ambrun et premier president ne seront ysy, je croy, que demain à digner; y viendront pour m’advertir de ce qu’il hont trouvé, vous supiiant, monseigneur, fere bonne chere et ne vous fâcher de riens ; car j’espere que selluy qui vous a délivré de la mort, vous metra en telle liberté que vous aurés double obligacion à l’aymer et louer que tous les aultres : de quoy je le suplye, et vous, monseigneur, de me tenir en vostre bonne grâce en despist de Montmorency, quy en est jaloux, car pour luy ne laiseray d’estre
Vostre très humble et très obeyssante subgecte et seur,
MARGUERITE
N* eu. — LETTRE DE .MONSIEUR DE BRION AU ROI.
Nouyelle* de madaine la régente. — l.'état des Tinances du Roi sulBt pour payer tous les services. — Il lui rendra bientôt compte de tout. — On exécutera les ordres du Roi relatifs à deux personnages prisonniers. — Madame la régente e.st sans nouvelles du Roi depuis un mois, et de madame d'Alençon depuis son départ de Barcelone.
[ [> Condrirui , 31 MpUabrr I&3&.)
Sire, Madame continue toujours en sa bonne .santé, et .s’e.st partie de Tomon, comme avez peu antandre par i’omme de NP d’.\mbnin, et s’an est venu an se lieu de Condrieulx , et s’an partira demayn pour aler à Lion, où il est bien nesesaire qu’elle fase hun voyage. Et incontinant qu’elle voyrra le bessoyng de s’aprouché de vous, elle fera la deligense tieulle que vous savez que l’on faict su le Rone.
Sire, avant que partir de Tornon madite dame fit bien reguarder ou faict de vous fmnanses, de sorte que l’on satisfaict à la partie des Souysses et seront bien contans; et pareillement à selle d’Angleterre, qui est toutte preste, et n’y ara point de faulte quelle ne leur soit délivré au jour qu’on leur a prommys. Et quant à vostre estât, je vous puis bien asuré qu'on satisfra à tout et que chequn est contant; et l’antandré plus à plen par moy, quant je seré depesché de .Madame pour m’an retourné vers vous : que j’espere incontinant qu’elle ara receu de vous nouvelles , et esperanse de v#us randre conte de tous vous affaires de pardesà. Sire, quant ou deulx personnages de quoy il vous plut me comender de dire à Madame qu’on les otast de là oi'i y sont , an ansuy vaut vostre intansion y se fera ; et quant ou prinse d’Orange , Madame l’a anvoyé quérir par Nansey, et espere que sera bientout isy. Bousu est allé devers luy, comme y vous avoit pieu le mander. Sire , Madame est an merveuleuse peigne pour n’avoy antandu de vous nouvelles depuy hun mois , et se sent-on panser que vous n’ayé anvoyés quelque courié qui a esté detrousé, car on sai ausi peu antandu de selles de Madame vostre sœur depuis son partement de Barselonne.
Sire, je prie Nostre-Selgneur qui vous doynt très-bonne vie et longue.
De Condrieulx, le xxi' de .selambre.
Vostre très humble et très boubeyssant sei-viteur et suget,
BHYON.
N* GUI. — LETfRE DE M. DE BRION A M. DE MONTMORENCY.
.Nou\ellcs de madame la régente. — Elle va à Lyon. — Elle est inquiëtc du Roi et de la ducbeise d'Alençon. — .\ouvcllei de la maladie du Roi. — Madame la régente les ignore. — Il ne faut pas épargner le» courrier». — Brion espère être bientôt envoyé en Espagne.
( D« Coodnctii « 72 «epUnibr* ] 5*i5. )
Monsieur mon compaignon^ pour les mylheures nouvelles que je vous sarois escripi'e, s’est la .santé de Madame, qui est tielle que tous la desirons, au reste de l’annuyt quelle porte pour ne savoir des nouvelles du Roy et de madame la duchesse, car il y a plus d’un moys quelle n’en n’a su. Elle part aujourd’uy pour s’en aller à Lion, où il est plus que requis qu’elle face hun voyage : et incontinant quelle y ara demouré viii ou dis jours, .s’an reviendra à se lieu, où elle se trouve fort senne-.
Monsieur mon compaignon, an escripvant ses lectres est arrivé un coumer qui aportc nouvelles du Roy et de madame la duchesse; qui a rejouy Madame pour n’avoir antandu sa maladie. Mais bien vous veus-ge dire qu’elle donne grant annuy au reste de la compagnie, et sicen’estoit qu’avons antandus son grans amandement, nous serions au desespoir, toutefois que mesieurs du conseil n’en ont rien entendu. \'ous ferés fort bien de n’epargner la peigne des couriers, car je vous promés qui sert beaucoup isi d’antandre souvant des nouvelles du Roy pour la compagnie à qui l’on a afaire. Tous messieurs les gouverneurs de païs sont tous ysi et s’a grouse court. J’espere estre bien
SECTION III. — CAPTIVITÉ EN ESPAGNE. 327 tost depesché, et remet à (piant je vous vayerré vous dires le surplus. Qui me gardera de plus longue leclre, après avoir prié Noslre- Seigneur qui vous doynt se que vostre cueur desire.
A Condrieulx, le xxii* de setambrc.
Par le tout antierement vostre bon compaignoo et ami,