‹ Captivité du roi François 1erChapitre 134 sur 268 · BRYON · texte numérisé non relu

BRYON

N- CLni. — LETTRE DE ROBERTET AU MARÉCHAL DE MONTMORENCY

Madame ta régente a reçu dea lettres de madame Marguerite depuis son départ de Barcclom-. — On ne lui a point parlé de la maladie du Roi. — On ne lui en parlera que lorsqu'on aura des lettres du Roi.

( De Coadneex • U ^ Mplembre J 535. ]

Monseigneur, Madame a veu ce que madame la duclie.sse luy a escript, qui luy a esté ung merveilleux plaisir, car elle cstoit en grand peine pour n’avoir eu nouvelles d’elle depuis son partement de Barcelonne. Vous lui ferez plaisir de tenir main que souvent elle en puisse avoir, et pareillement de la bonne santé du Roy, car jusques icy elle n’a rien entendu de sa maladie, ny ne fera qu’elle n’ayt leclres escriptes de sa main , vous advisant que dedans trois ou quatre jours partira M. de Brion pour retourner. Cependant vous verrez ce qu’on escript en cbiiTre, et mectrez peine qu’on y responde, car il est besoing.

Monseigneur, vostre plaisir sera me commander vos bons plaisirs, etc.

De Condrieu, le xxn* jour de septembre.

Vostre très humble et obéissant serviteur,

ROBERTET

N* CLIV. — LETTRE DE LODISE DE SAVOIE, DUCHESSE D’ANGOULÈME, A MADAME MARGUERITE, SA FILLE.

Elle SC réjouit des Douvcllcs de l'arrivée de Marguerite en ËsjMgDe; de la bonne réception qui lui a été faite. — Le voyage de Marguerite sera profitable aui alTaires du Roi. — Espoir de leur procliaine conclusion. — La trêve a fait ouvrir les passages.

(S«pt*mbr« 153b. j

Mamye, j’é receu toutes voz iectres et ce jourd’uy la dernyere par Jours, quy ne m’a esté peu de plesyr d’avoir entendu vostre aryvée, vostre recueil et la seureté de vostre pasayge. Et fault que je vous dye, en veryté de mere, que se m’a esté grant repos, et ay ferme espcrance que puisque Dieu vous a tant aydée pour le commencement, que vostre voyage sera eureux et proufytable; et aussy que tant par ce que vous pouvés savoyr que j’ay mandé par Bryon, que par ung austre couryer et ung gentilhomme de monsieur d’Embrun, je voy les choses en très grande esperence de prendre fyn ainsy que le desyrons. Je vous prye sur toutes choses ayés l’eul à vostre sente et m’en mandés souvent nouvelles : et quant est de la myenne, je vous en assure.

Vous entendrés plus au long, par Babou, ce de quoy il est besoing que soyés advertye : ce sont choses à quoy il fault que tenyez la main ferme. Au demeurent, soyés seure que puisque les passayges, par la trefve sont ouvers, que vous aurés souvent de l’escrypture de

Vostre bonne mere , LOYSE.

SECTION ni. — CAPTIVITÉ EN ESPAGNE.

N‘ CLV. — LETTRE DE MADAME LA DUCHESSE D’ANGOULÈME A MADAME MARGI’ERITE. SA FILLE.

.Nouvelle5 de m lanté. — Elle en demande do celle du Roi, à qui elle nVcrit pas pour ne lui

donner travail d'c.ipril.

[SapUmbr» 153&.)

Ma fille, ceste lettre ne sera que pour vous asseurer de ma resurectyon , car de nia mort et pasyon je remetray à vous en niender le dl.scours par Poinmeraye, qui pailyra demain, et ung austre gentylhomrne que je despecheray le lendemain , à fin qu’il me raporte à la verylé nouvelle de la bonne santé du Roy et de vous, louant le Créateur de la grasse qu’il nous a fayte, de laquelle à jamais doyt estre remereyé et honoré de vous et de

Vostre bonne nicre, I.OYSE.

Je n’escrips point au Roy, pour ne luy donner travayl d’esperit, mais je vouldroye bien que heussyez la puyssance de luy pouvoyr fere mes recommandacions d’aussy bon ceur que je les pence.

Page 1