‹ Captivité du roi François 1erChapitre 146 sur 268 · N* CLXXIV. — EXTRAIT DES REGISTRES DD PARLEMENT · texte numérisé non relu

N* CLXXIV. — EXTRAIT DES REGISTRES DD PARLEMENT

Arrêt de la cour de parlement au sujet du traité avec l'Angleterre. — Elle n'assistera pas à l'assemblée de i'bétel de ville , où il doit être proposé de vérifier le traité.

[Du C octobre 1&25. )

Ce jour, M* Jehan Morin, prevost des marchands, et les eschevins de ceste ville sont venus en la cour de céans, et a dit ledict prevost des marchands, que mercredy dernier fut faite l’assemblée de ville pour les obligations qui concernent le trarlté de la paix d’Angleterre; mais à cause que la cour n’avoit envoyez les députez, y eust un merveilleux murmure en ladicte assemblée, au moyen de quoy il n’y eust aucune chose faite; et luy fut enjoint et aux eschevins de venir derechef supplier la cour que son plaisir feust commettre aucuns des presidents et conseillers d’icelle pour eulx trouver en ladicte assemblée, combien que ledict prevost des marchands leur bst touttes les remonstrances qui leur furent dernièrement faites par laditte cour. Mais cela n’y servit de rien , car la commune disoit que la cour le faisoit pour leur jetter le chat aux jambes; pourquoy il supplie la cour voulloir commettre aucuns desdits presidents et conseillers, et n’estre mal contents et ne prendre à desplaisir ce que lesdicts prevost des marchands et eschevins font, car ils y sont contraints. Ce fait, se sont lesdicts prevost des marchands et eschevin.*; retirez, et la matière mise en deliberation :

La cour a ordonné et ordonne que ladicte cour n’ira ne envoyera à ladicte assemblée; et que pareilles remoustrances leur seront faites que celles qui leur furent faites le 2* de ce mois , et qu’ilz n’y retournent plus; et que si aucuns desdicts presidents, conseillers et officiers de ladicte cour sont mandez particulièrement en leurs maisons, ils n’iront ne se trouveront en ladicte assemblée.

Ce fait, ont esté lesdits prevost des marchands et eschevins mandez, ausquels M* Charles Guillard, president, a dit ce qui avoit esté délibéré par la cour, qu’ilz ont d’autres pour les conseiller et de grands et gros personnages en ceste ville, et ne fault qu’ils empescbent un si grand bien que le bien de la paix; et que ce n’est le premier coup que les villes du royaume se sont obligées, car au traitté d’Arras et à ccluy de Senlis, qui furent faits du temps du roy Louis onzième, s’y obligèrent, et mesmement pour le mariage du feu roy Charles VIII et de madame Marguerite d’Autriche; et faut qu’ils considèrent l’utilité du Roy, la qualité du temps, le bien du royaume. Et leur a dict ledict prevost des marchands qu’il sçait bien que la cour est souveraine, et que jamais elle ne fut appelée pour se trouver en l’assemblée do la ville; mais il y a d’autres corps qui se veullent exempter, soubz ombre de ladicte cour, comme la chambre des comptes et les generaux , qui disent qu’ils feront tout ainsy que la cour, combien qu’ils ne soient exempts ; et supplient la cour n’estre mal contente si ceulx de la ville contraignent lesdicts des comptes et generaulx de la justice à se trouver à ladicte assemblée. A quoy ledict Guillard, president, leur a faitresponce qu’ils feront bien de le faire.

Ce fait, se sont lesdicts prevost des marchands et eschevins relirez.

N* CLXXV. — LETTRE DU CARDINAL DE BOl.RRON A MADAME

D’ANGOULÉME.

Félicitation» au sujet de la guériaou du Roi.

[*7 octokrt 1525. )

Madame, le souverain médecin, dont l’art n’est ny escript ny congneu aux homes, à se coupt vous a bien monstre combien il est liberal envers vous et non moins envers nous tous : car il a suplyé aulx sens qui failloyent aulx homes par son eternelle providence, qui me faict esperer qu’il a une occulte et sencte réservation pour magnifier, exalter et dilater son nom par la personne de ceiuy qu’il a préservé. D’entreprendre à vous dire le dueil de moy, madame , pour ce qu’il est inestimable, ne me aventuray à vous raconter l’infiny; mais vous diray dueil des aultres en avoir aprouché, sans toutesfois omestre le vouloir de la servir et perpétuellement obeyr, comme ses vertus et l’amour du prince le méritent. Après avoir sceu sa santé, n’avons jamais cessé louer Dieu, et encores tous les jours d’heure à aultre augmentons, non desliberez de cesser, que le bon Dieu qui le nous a préservé le nous rende : dont du meilleur de mon ceur je le suplye et à vous donner bonne vie et longue,

A Lyon, se vu' octobre.

Voslre très humble cousin,

LOYS, c\BDl^.u DE BOURBON.

N' CLXXVl. — LETTRE DE LA DUCHESSE D'ALENÇON AU ROI.

Klle ira vers i'emperour lui demander une Tinalc conclusion. — Elle a tenu au vice-rni des propos dr douUar et dr pitié, lui a dit qu'i7 v avait peu d'honneur à ne rien conclure. — Elle écrira au Roi ce qui se passera h la prochaine confércocc.

(Oclobn I&3&.]

Monseigneur, sy je ne vous ay plus toust escript, c’est l’atante que j’ay de vous mander chose miUeure que jusques ysy je n’ay veue ; niés, considérant la longueur où l’on me remet et les fassons que l’on me tient , suis délibérée cete après-disnée m’en aler devers l’empereur et savoir de luy une conclusion et l’en presser de tout mon pouvoir : et incontinent ne fauldray vous en advertir. Monseigneur, arsoir vint^e vls-roy me voir, fort ennuyé de ne pouvoir fere le service qu’il desire : et pour vous en dire ma fantaisie, il me samble que sont tous fort empêchés. Je luy tins des propous de douleur et pitié en me courousant tant de la letre de la roine, que de n’avoir deux jours veu l’empereur, jusques à luy dire qu’il y avolt en eux peu d’onneur ou beaulcoup de mauvais vouloir; et que je voyoys bien qu’ilz estoient empêchés de moy, me voulant randre contante san rien vouloir faire de la raison, et que je luy piy^oysquilz ne me tiennent plus cete disimulacion , més franchement me dire la resolution : ce qu’il est bien d’opinion. Je voyray ce cpi’ilz auront fait à ce matin, et selon leur conclusion je parleray, et ce soir vous cscripray ce qu’il m’en samble, vous ascurant, monseigneur, que en compaignye sy desraisonnable trouve l’ofice de soliciteur plus pénible que de médecin à vous veiller

Vostre très humble et très obéissante subjete et seur,

MARGUERITE

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