‹ Captivité du roi François 1erChapitre 145 sur 268 · N‘ CLXXIII. — EXTRAIT DES REGISTRES DU PARLEMENT DE PARIS · texte numérisé non relu

N‘ CLXXIII. — EXTRAIT DES REGISTRES DU PARLEMENT DE PARIS

Entrée de M. de Montmorency au parlement de Paris, de la part de madame la régente, pour la vérification du traité de paix avec rAngleterrc.

(Da ftodredi 0 »ctobr«

Ce jour, messire Guillaume de Montmorency, chevalier, et mai.stre Gilles de. . . ., secrétaire du Roy, sont venus en la cour, toutes les chambres assemblées, et a dit ledict de Montmorency :

Que Madame, mere du Roi, regente en France, luy a escript par ledict secrétaire et luy a envoyé certaines lectres missives adressantes à la cour, avec les traictés de paix qui ont esté faicts par scs ambassadeurs avec le roy d’Angleterre, pour les présenter à ladicte cour, et a ledict de Montmorency baillé les lectres, qui ont esté lues, et après la lecture ledict de Montmorency a dit :

Que madicte dame prie la cour de faire publier et enregistrer iesdicts traités de paix en ladicte cour, et que les Anglois, qui sont gens

350 CAPTJViTP' ÜL KOI FRANÇOIS T.

difficiles, veulent que lesdicts traictés soyent aprouvés par ladicte ' cour et par les autres cours souveraines de ce royaulme, et demandent plusieurs obligations tant des princes, gentilshommes que principales villes du royaulme; et qu’attendu la qualité du temps et la captivité du Roy est requis aucunement leur obtempérer cette matière, pour ce qu’il fault rendre lesdicts traictés et obligations auxdicts Anglois dedans la fin de ce mois, et les faut porter à Rouen, Thoulouse et Bourdeaux, et faire assembler les états de Normandie et de l^ngucdoc.

Pourquoy supplie ledict de Montmorency ladicte cour de vouloir procéder à la vérification desdicts traités en la plus grande diligence qu’elle pourra, et sur yceulx faire mectre lecta, pablicata et registraia.

Et lui a madictc dame mandé qu’il y faidl mectre ces mots : àprobala , car maistrc Jehan Brinon , premier president de la cour de parlement de Rouen, a escripl au chancelier que si ce mot aprobata n’estoit expressément mis par ladicte cour et par les autres coiu-s souveraines en la vérification et publication desdicts traictés, qu’on ne fera rien avec lesdicts Anglois, et sera assez pour rompre la paix, pour ce que lesdicts Anglois sont gens que, si on ne fait ce qu’ilz demandent, ils ne tiennent en rien de ce qu’ils promettent. Et tout ainsi comme ladicte cour procédera à la vérification et publication desdicts traités , les autres cours souveraines de ce royaume s’ensuivront et non sans cause, veu que c’est la souveraine, la première et capitale et de laquelle les autres ont esté extraites, au moyen de quoi a madicte dame toute sa fiance et esperance en ladicte cour.

A quoy maistre Charles Guillart, premier president en ladicte cour, luy a dit :

Que la cour congnoist bien que si la paix fut jamais necessaire, elle l’est à présent, et semble que Dieu, qui tousjours a voulu garder et préserver ce royaulme, l’ayt envoyé; que les Anglois sont une nation soubçonneuse et qui veulent que les choses se passent comme ilz les ont traictées et désirées , et que sans cela on ne les peult contenter; et crois que madicte dame n’a point faict lesdicts traictés sans

SECTION III.— CAPTIVITÉ EN ESPAGNE. 351 en advertir les princes du royaulme et ie conseil du Roy estant près d’elle, et que les choses ont esté meurement faictes et délibérées; et que la cour fera tout ce qu’il sera possible pour l’entretennement de la paix et pour le bien du Roy et du royaulme, et désiré la cour complaire et obéir à madicte dame en toutes choses de raison et de justice, comme elle feroit au Roy mcsme : et toutes choses lai.ssées, on procédera à la vérification et publication desdicts traictés.

Page 1