‹ Captivité du roi François 1erChapitre 15 sur 268 · N* II. — LETTRE DU ROI AU MARECHAL DE MONTMORENCY · texte numérisé non relu

N* II. — LETTRE DU ROI AU MARECHAL DE MONTMORENCY

Le Roi a rcça ia nouvelle de la retraite des ennemis *. — Ordre de les poursuivre. — Le Roi prend la route de Sisteron avec le reste de ses équipages pour passer au plus tét eu Italie.

( Aixt S oclobrv 152A. |

Monsieur le mareschal, j’ay recen ce matin vostre lettre et veu les

' L'époque de la levée du siège do Mar* seille par l'armée impériale n'est pas trèsexactement connue. L'Art de vérifier les dates dit que le siège fut mis devant cette ville le 7 août et dura quarante jours ; ce qui doit faire supposer qu'il lut levé le 1 6 septembre. Une lettre, dont voici le texte, prouve que, le 19 du même mois, les impériaux , commandés par le connétable de Bourbon, ne se disposaient pas à SC retirer.

• A UONSEIGNECn I.E MARESCHAL DE StOKT- MORENCr. »

■ . . . . Monseigneur, toute à ceste heure est arrivé ung cappitaine nappollitain du camp de noz ennemys, qui s'est venu rendre au conte Albry de Bcllcjoyeuse , et a amené quant et luy vingt harquebutiers ; et partit vendredy au soir de devant Marseille, et dit que les ennemys ont grant «perancc à leur secours de mer, qui doit venir d Engleterre et d'Espaigne t etoultre.

dit que l'artillerye qui est venue de Thoullon n’a esté encore toute plantée devant ladite ville de Marseille pour ce que la lune est trop claire, et qu’ilz actendent qu'elle soit plus basse, et que aujourd'hui tout y doit estre mis ; et deux jours après la baterye faicte, donner l’assault. Aussi j'ay eu d'autres advertissements par les espies que j’ay envoyées , qu'il vient encores quelque autre secours d’Ytallie. Incontinent les chevaulx legiers arrivez, mondit s' de Longueville se mcctra aux champs, bien accompagné de gens d'armes, pour nuyre à noz ennemys de ce qu’il pourra et donner faveur à Marseille.

« Monseigneur, je prye nostre Seigneur qu’il vousdoint très-longe vie et bonne. Escript h la Tour du Guetz, ce xix* jour de septembre.

• Vostre humble serviteur,

« Robert STU ART. »

* On trouve de curieux renseignements

SECTION L — GUERRE DU MILANAIS. Il

nouvelles que vous me faites savoir de nos ennemys; en quoy vous m’avez fait merveilleusement plaisir et ferez encores plus de souvent continuer ; vous advisant que il est maintenant temps d’essayer à leur faire tout l’ennuy et dommage que l’on pourra , veu l’eflioy en quoy ils s’en vont; où je vous prye, de vostre part, mettre toute la meilleure peyne et dilligence que vous pourrez, et ne les habandonner, mais les suivre toujours le plus près que vous pourrez. Et de moy, je suis délibéré prendre le chemin de Cisteron avec le demourant de mon équipage, pour passer en la plus grande diligence qui me sera possible.

Et à Dieu, monsieur le mareschal, quy vous ait en sa garde, Escript à Aix, ce deuiiesme jour d’octobre*.

FRANÇOYS

Et plus bas, Robertet.

sur les ordres donnés à l’armée de Charles- Quint, à cette même époque, dans un volume ayant pour titre : Correspondenz des Kaisers Karl V, p. i/(4, et publié par le docteur Lan/., Leipzig, i844. in-8*.

' Le document suivant donne un trop bon témoignage de la bravoure tant soit peu aventureuse du Roi et de la sage prévoyance de la duchesse d'Angoulérae, sa mère et régente du royaume, pour nous dispenser de le publier. Cette lettre se rapporte à une époque antérieure de quelques jours aux événements que l'on trouvera racontés par les documents originaux rassemblés dans ce volume.

I.ETTRE DE MADAME I.OUISE DE SAVOIE , OIT.IIESSE D’AKGOULÊME, MÈRE DU ROI, È M. DE MONTMORENCY.

Du Mo»t'Ao«llora«» 30 «oAl 15M.

Mon Cousin, J’ay présentement sceu le partement du Roi de Montelimart, qui

me fait craindre qu’il .s’advance par trop d’entrer en camp, avant qu’il ayt force assemblée et soulGsante pour y recevoir sa personne, mesmement de sa gendarmerie, qui est, comme vous sçavez, l'endroit où il doit avoir plus do seureté et fiance; et sur cela, je vous laisse penser la peine où j’en suys, vous pryant, autant que je puys, que vous advisez empescher cet oiTet, et par moyen que vous connoissez ledit seigneur et comment il le fault gaigner par raisons, qui sont assez évidentes, mais que il s’en veuille contenter: et y ay faicl par lettres et autres expediens ce que j’ay peu. Le surplus deppend de vous et autres ses bons serviteurs, avec l’ayde de Dieu ; lequel je prye, mon Cousin , vous avoir sous sa saincte garde.

Elscriptde Montz-aux-Moynes, le penultieme jour d’aoust.

La toute vostre, LOYSE.

CAPTIVITI^: DU KOI FRANÇOIS I".

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