‹ Captivité du roi François 1erChapitre 150 sur 268 · JEHAN DE SELVE · texte numérisé non relu

JEHAN DE SELVE

N‘ CLXXXI. — LETIKE DE MAHGUEBITE, DUCHESSE D'ALENÇON.

AU l\OI

(>arolc5 lie» ambassadeur» de i'enipcrcur au sujet du Hoi uo sont pas d'accord avec les lettre» de ce monarque. — Le vice-roi conseille à madame Marguerite d'aller voir l'empereur. — Mai» elle ne marche pas .sans {-tre appelée. — Il ne convient pas à son rang de faire la cour aux serviteurs de l'empereur. — 11 avait promis de traiter directement avec elle des affaires du Roi. — I.'cm{.ercur craint le déitart de Marguerite. — Il faut lui tenir la main haute. — Fille espère délivrer le Roi. — Il faut patienter.

fOvtobr«1525.)

-Monseigneur, vous aiirés seu par monsieur d’Ambrun et Babou les termes que l’on vous tient ysy, qui ne sont semblables aux leclres et bonnes paroles que Veré vous a portées de son meslre, comme par eu.x saurés plus au long ; et despuis leur partemanl , le vis-roy m’a mandé qu’il estoit d’opinion que j’allasse devers l’empereur; més je luy hay faict dire, par monsieur de Senlys, que je n’avoye encores bougé de mon logis sans estre mandée, et que quant il plairoit à l’empereur m’envoyer quérir, l’on me trouveroil en une religion où j’ay demeuré despuis une heure jusques à eete heure , qui sont cinq , sans avoir nulle responce.

Voysy desjà troys jours que je n’ay gueres esté hors des monastères ,

SECTION III.— CAPTIVITÉ EN ESPAGNE. S.*)© ce que je dys au vis-roy, que je le faysoys pour donner à connoistre que sy je ne parle à l’empereur, que mon estât ne requiert point de faire ysy la court ne pratiquer les serviteurs du mestre qui vous a promys que avcsques luy seul je parleroys de vos afaires. Je voiré ce soir ce qu’il feront, et demain, ayant entandu vostre commandemant, le suiveray le mieux que je pouray, vous aseurant, monseigneur, qui sont sy empeschés, qu’ilz.craignent fort que je leur demande congé , par toutes les paroles qu’ilz hont aujourd’uy tenues à Seneschal et à Senliz; et me samble que, en leur tenant encores ung peu la main haulte, l’on les contraindra parler aultre langaige. El, quoy qu’il en soit, nous vous délivrerons par la bonté de Dieu; niés je vous suplye, puisqu’ilz y vont sy infamement, ne vous ennuyer de ce que peut durer, pour les faire venir au point où tant desire parvenir

Vostre,’ etc.

M.\RGLKRITE.

N* CLXXXII. — CONFÉRENCE DE MADAME LA DUCHESSE D ALENÇON AVEC L’EMPEREUR CIIARLES-QUINT, AU SUJET DE LA DÉLIVRANCE DU ROI SON FRÈRE'.

I Octobre 1526. )

En ensuyvent les propos tenus par l’empereur à madame la duchesse d’Alençon * et de Berri , seur unicque du Roy, c’est assavoir : que chascun baillast de son costé aucunes offres par escript.

Dict premièrement madicte dame, que le Roy, son frere, a faict

' Cet exposé de ia négociation de ta duchesse d'Alençon avec l'empereur nous parait être le récit de l’ambassade de cette princesse, dont parle Varillas. Contrairement à l’opinion de plusieurs critiques [Letlra de Marguerite de Navarre, i" recueil, p. a6, note i), ce récit existerait

donc encore. Ce document, de peu d’étendue, se trouve dans tous les recueils de pièces relatifs à ia captivité du roi François l". Nous publions celui-ci d’après le manuscrit de Gaignières, n* 467. On trouve, dans la collection Fontette de la Bibliothèque du Roi, un document à peu

360 CAPTIVITÉ DU IlOl FRANÇOIS K

aucunes oITres à rempereiu’, poiu’ parvenir à la paix univereelle et à la délivrance de sa personne, lesquels ottres sont grans, et autres que le conseil du Roy, tant celuy de France que d’icy, n’eust jamais faict; toulesfois, pour Tlionneur de l’empereur et pour avoir son alliance et amytié, et faire paix universelle en la chrestienlé en deii\Tant la personne du Roy, ladicte dame accordera lesdicts offres, et trouvera moyen de les faire passer et trouver bonnes par la coiul de parlement en France, pourveu qu’elles soient prinses et acceptées avecques leurs condicions et moddilications. Et aultrement, ladicte dame ne les veult accorder, ains seullement accorde à l’empereur ce qui est juste et raisonnable, et sera mis à la fin de cest escript. Or, lesdicts offres faictes par le Roy avecques leurs condicions et modifications sont telles (|ue s’ensuit :

C’est assavoir : (pie en faisant le mariage entre le Roy et madame Alyenor, royne de Portugal, seur de l’empereur, le Roy, en ce cas, confessera tenir la possession du duché de Rourgoigne pour et au nom de l’empereur, lequel donnera icelluy duché à madicte dame, et au premier fils qui ystera du Roy et d’elle.

Et où l’empereur vouldroit avoir la possession reale et corporelle de ladicte duché, le Roy a offert que, en délivrant sa personne de prison, il est content de bailler ostaiges et scureté à l’empereur de luy délivrer ladicte possession de ladicte duché de Rourgoigne, pourveu que l’empereur luy baille , en faisant icelle délivrance de ladicte possession, autres ostaiges tels ou semblables que le Roy aura baillez , qui demourcront devers le Roy, en scureté de rendre ou restituer ladicte duché de Rourgoigne au Roy et à la coimonne de France, là et quant il sera dict et congneu par le jugement de la court de parlement, garni des pairs, icelle duché appartenir au Roy et à la couronne de France , et en délivrant par le Roy la possession de la du-

près semblable : le texte en est plus abrégé. (Portefeuille 1 1, n* xvi.)

On peut aussi consulter, sur cette meme conférence, une lettre de Marguerite au

Roi, à la page i88 du premier recueil des Lettres de cette princesse, publié pour la Société de l'histoire de France, et la lettre ci-dessus, p. 34a.

SECTION III. — CAPTIVITÉ EN ESPAGNE. 361 ché de Bourgoigne à l’empereur, Ie.s ostaiges baillez par le Roy seront délivrez et déchargez de leur obligacion.

Et s’il estoit congneu, par le jugement de ladicte court des pairs, ladicte duché de Bourgoigne appartenir à l’empereur, lors et en ce cas seront aussi lesdicts ostaiges, baillez par ledict empereur, délivrez et déchargez de leur ohligacion.

Faict madicte dame autres offres à l'empereur : c’est assavoir, de quicter et mectre ez mains de l’empereur la duché de Milan et seigneurie de Gennes, qui est le patrimoine du Roy et de messieurs ses enfants , et pour l’investiture de laquelle le feu empereur receut cent mil escus, et a cousté ladicte duché de Milan é la maison de France, pour estre gardée et mise hors des mains des Sforces, usurpateurs d’icelle, dix millions d’or. Et combien que ce soit une bien grande rançon offerte pour la délivrance du Roy, toutesfois où lcdict seigneur empereim ne se vouldroit de ce contenter, offre davantaige ladicte dame : quicter et remcctre à l’empereur la querelle que le Roy a au royaume de Napples, ensemble les arreraiges qui luy sont deubz, tant par le feu roy d'Arragon, ayeul maternel de l’empereur, que aussy par l’empereur, en ensuyvant les contractz par eulx faictz avec les roys ses prédécesseurs audict royaume de Naples, dont luy seront les tiltres monstrez quand il luy plaira les veoir; lequel a esté conquesté du sang des Françoys sur leroy Ferdinand; lesquelz Françoys ont depuis party ledict royaume avec le feu roy d’Arragon , comme il appert par le traicté de mariaige faict entre le roy d’Arragon et madame Germaine de Foix, et auctres traictez faiz par le Roy avec l’empereur. Et au moyen de ladicte quittance que le Roy fera dudict royaume de Napples, l’empereur en joyra, sans scrupule de conscience, et ses successeurs ne seront en craincte que pour le temps advenir les François facent aucune entreprinse sur ledict royaume.

Item, ladicte dame quictera à l’empereur tout le droict que la maison de France prétend sur les royaumes d’Arragon et Valence, et conté de Barcelonne, à cause de madame Yoland, fille unicque du roy Jehan et niepee du roy Martin, laquelle fut mariée à Loys , duc d’An-

jou : des enl’ants desquels roy et Yoland le Roy a le droicl, comme

il fera apparoir à l’empereur par tillre.

Quictera aussi ladicte dame les trois cens cinquante mil escuz que le feu roy catholique domp Fernand devoit è la maison de France, comme appert par leclres obligatoires qui seront rendues à l’empereur,

Davantai^e, pour ce que l’empereur demande la restitution de la ville de Hesdin, ladicte dame sera contente luy rendre ledict Hesdin, et renoncera le droict (jue le Roy prétend à Toumay en faveur de l’empereur, ses successeurs et heritiers in perpétuant. '

Item, pour l’honneur et dignité impériale, sera contencte ladicte dame quicter la souveraineté de Flandres et Arthois, durant la vie dudict empereur, et aussi de son successeur descendant de son corps par marlaige ; et plaira audict empereui* considérer que ce .sont les causes et droicts de la couronne de France qui ne se peuent perpétuellement aliéner, et feroit ladicte dame myeulx encores envers ledict empereur si elle povoit.

Et ou cas où ledict empereur ne vouldroit accepter lesdicts quio tances, remissions et délaissements dessusdicts pour la rançon et délivrance du Roy son frere, elle est contente accorder et promettre à l’empereur telle somme qui sera advisée pour la délivrance du Roy; laquelle somme sera payée ainsi qu’il sera advisé entre l’empereur et ladicte dame, en demourant les parties chascunes en ses querelles anciennes. A ce, neantmoins, ne lairoit l’empereur et le Roy avec son l'oyaulme faire paix et altancc : moyennant laquelle , le Roy promettra à l’empereur de jamais poursuir ses querelles, par force d’anne ne par gueiTe, ains seullement par justice et par devant juges à qui la congnoissanse en appartient, et demourera aussy l’empereur entier à poursuivre ses querelles toutes qu’il prétend contre la maison de France , lesquelles poursuyvra seullement par justice et non par force. Et facent au surplus paix et si bonne aliance qu’elle sera stabille au plaisir de Dieu. Et croit ladicte dame que l’empereur, qui est prince de grant vertu , bonté et clemence , puisse , ne doibve

SECTION III. — CAPTIVITÉ EN ESPAGNE. 363 refuser au Roy, son frere, qui est de son sang, et Roy Très-C h retien, ce qui ne.se debvoll refuser au plus estrangé prince du monde*.

LES MOYENS DE PAIX B.AIU.ÉS PAR LE CONSEIL DE L’EMPEREUR À MADAME LA DUCHESSE D’ALENÇON.

Que le préambule du Iraicté soit couché au contentement des parties, à l’honneur de chascun des contractants.

Que la paix se face entre les parties perpétuelle, leurs hoirs et successeurs , vassaulx et subjects , et entre les amys , alliez et confederez , que par commun consentement seront dénommez et .spécifiez.

Que pour stablir ladicte paix par les meilleurs moyens que faire se pourra, se traicte le mariaige de madame Marie, infante de Portugal, nlepce de l’empereur, avec monsieur le dauphin, à telles conditions qui seront advisées.

Que le roy de France, pour sa délivrance et pour le bien de la paix, restitue à l’empereur la duché de Bourgoigne, viconté d’Auxonne et ressort de Saint-Laurens, ensemble les contez de Masconnois et Auxerrois et la Brie, Bar-sur-Seine, avec toutes leurs appartenances, en telle forme, droicture et prebeminence que les tenoit et possedoit feu monsieur le duc Charles de Boui^oigne , au temps de son trespas, libérés et exemptés.

Que la restitution faicte , comme dict est, si le Roy Trés-Chrestien

' Après avoir lu i les articles proposés par madame d'Alençon à l'empereur, les moyens de paix baillés par l'empereur, et les responses du Roy , » et les avoir comparés avec les instructions données par la régente (ci-dessus, p. \’jU et 198) et par l'empereur (p. 149) ^ leurs ambassadeurs respectifs, la réponse du Roi ( p. 166), et enfin les articles proposés par le Roi (p. 170}, il est facile de s'assurer que la grande question de la délivrance du Roi de France n'avait pas fait un pas depuis qu'on

avait commencé à la discuter au mois d'avril, jusqu'à l'époque à laquelle nous sommes arrivés, c'esUà dire au 10 octobre On remarque seulement plus de volonté, delà part du Roi, à ne pas céder aux exigences de l'empereur.

Ces dernières discussions, imprimées sous le numéro CLXXXII, font partie du récit de l'embassade de la duchesse d'Alençon en Espagne, et nous avons fidèlement suivi le texte do manuscrit de Gai gnières, n* 467.

veult prétendre droict en iadicte duché et autres pièces dessus declairces, que ce seroit déterminé par le jugement d’arbitres, qui à ce seront choisis de part et d’aultre.

Que les fondations et autres choses octroyées et promises par le traicté d’Arras pour l’aine de feu M. le duc Jehan de Bourgoigne se accomplissent scion sa forme et teneur.

Que en ensuyvant les articles baillez par le Roy 1 rès-Chrestien à domp Hugues de Moncada, il rendra dez maintenant tout le droit qu’il prétend au duché de Millan.

Que le roy de France renoncera tout le droict qu’il prétend en l’Estat de Gennes en faveur de l’empereur et de ses hoirs et successeurs, et semblablement en la comté d’Ast.

Qu’il renoncera tout le droict qu’il prétend à Tournay, sur Mortaigne et Saint-Amand et à la cité d’Ax'ras, et à toutes autres pièces présentement possédées par l’empereur, au profict de ses hoirs, successeurs à perpétuité.

Qu’il retiendra la ville et chasteau de Hesdin , avec ses appartenances, comme dépendance de la conté d’Arthois, et fera abbatre les fors de la ville de Therouenne.

Qu’il quictera et relaschera pour tousjours la souveraineté et ressort de Flandres et d’Arthois, et des autres pièces que l’empereur tient et tiendra en vertu de ceste paix ; et la fera approuver au parlement de Paris et aux estatz de France.

Que réciproquement quictera et renoncera tout le droict qu’il prétend ès villes et chastellenyes de Peronne, Mondidier et Roye, et aux citez , villes et seigneuries assises sur la riviere de Somme , d’un costé et d’autre , soit par actes de gaiges ou autrement, au profict dudict seigneur Roy, ses hoirs et successeurs.

Que Sa Majesté renoncera, au profict dudict seigneur Roy et des siens , tous les droietz qu’il prétend et peult avoir aux contez de Bouloigne et de Guisnes, avec leurs appartenances.

Qu’il renoncera tous les autres droicts qu’il prétend et peult avoir à cause des traictez d’Arras , Conflans et Peronne ; ensemble toutes

SECTION III. — CAPTIVITÉ EN ESPAGNE. 365 les autres querelles de la maison de Bourgoigne , desquelles en ceste paix ne se trouveroit estre faicte expresse mencion.

Que, pour plus grant establisseinent de ladicte paix , soient quictes et abolies d’un costé et d’autre toutes autres querelles et actions icy non spécifiées, que l’on pourroit prétendre d’une part ou d’autre.

Que le roy de France habandonne entièrement domp Henry d’Allebret, messire Charles de Gueldres, me.ssire Ulrich Verlembrech, messire Robert de la Marche et ses enfans, et tous les vassaulx rebelles de l’empereur, de quelque qualité qu’ils soient, et promecte de non leur bailler ayde ny assistance, directement ne indirectement, ny se servir d’eulx en quelque maniéré que ce soit.

Que , selon les offres faietz par ledict Roy Très-Chrestien aux articles baillez audict don Hugues, ledict seigneur aydera , à ses despens, à l’empereur, avec la moictié de l’exercite que Sa .Majesté vouldra mectre en Italye ou Allemaigne , payant en deniers la moictié de la despence audict exercite, soit pour sa coronation ou pour quelque autre entrepriuse que l’empereur vouldra faire pour luy ou pour le seigneur infant don Fernando , sans aucune exception.

Que voulant aller l’empereur en Italye, ledict seigneur Roy luy donnera son armée de mer, tant gallées comme gai lions et autres moindres, et les envoyera en cest elfecl au temps apte et lieu que ledict seigneur empereur se vouldra embarquer, estant de ce requis par Sa Majesté.

Que voulant l’empereur faire entreprinse contre les infidèles ou autres hcretlques, allienez du cresme de sainte Eglise, ledict sieur Roy contribuera aussi par moictié de la despense, et ira en personne, avec l’empereur, s’il luy plaist.

Que le roy de France payera au roy d’Angleterre , et le assurera de payer, si desjà n’est faict, de tout- ce qui luy pouroit estre deu des pensions et indempnités à luy promises par l’empereur, par la capitulation et obligacion faicte au lieu de Vindezorre, et rendre Sa Majesté indempne de quelque promesse que sur ce il auroit faicte audict roi d’Angleterre.

306 CAPTIVITÉ DU IIOI FRAISÇOIS I"..

Que, quant i mon»' de Bourbon, ses amys et alliez, qu’il en soit ap|K)incté au contentement de l’empereur, ainsi qu’il luy a esté offert.

Que , quant aux affaires de madame Mai^teritc , tante de l’empereur et de la royne d'Arragon, dame Germaine, veuve du prince dernier, et autres personnes dénommées aux instructions de inonsMe Boueux, et de toutes autres particularités que l’on pourroit prétendre d*un costé et d’autre; que, en concluant, le principal en soit parlé et traicté ainsy que l’on trouvera eslre expédient pour bien et paix.

Que le roy de France, avant qu’il soit délivré, face ratifier et approuver ledict traicté et paix selon la forme du onziesme article contenu aux in.structions dudict sieur de Boueux ; et après qu’il sera delivTé , qu’il accomplisse selon le contenu du dernier article desdrtes in.structions.

Que l’on traicté et pralicque briefvement ez autres seurectez qui seront necessaires pour l’entier accomplissement du contenu audict traicté de paix , afin que ladicte chose soit perdurable.

RESPONSE FAICTE PAA LE ROY AUX ARTICLES QUI ONT ESTÉ BAILLEZ À SES AMBASSADEURS PAR LES GENS DU CONSEIL DE L'EMPEREUR.

[ Dm 10 octobre, |

Quant au premier article, c'est chose que j'ay tousjours desirée, et est ce qui m’a faict continuer jusques ici à vouloir plustost demourer toute ma vie prisonnier, que faire choses contre mon honneur.

2. Je veuil et desire qu’on tasche à mectre la meilleure peine que l'on pourra, à faire ceste paix la plus ferme et perpétuelle qu’il .sera possible.

Si l’on ne parle du mariaige de moy qui s’offre de présent, celui de mon fils sera de bien longue attente.

3 . Je trouve merveilleusement estrai^e , pour venir à une bonne paix; comme l’on a mis cest article avec les autres, veu que les parties que j’ay faict mectre à la court, par le mareschal de Montmorancy, qui sont si grans qu’ils sont pour contrevenir audict article

SECTION IIJ.— CAPTIVITÉ EN ESPAGNE. S67 et totaiiement i’abollir. Et l’on a prins, en ce faisant, la aesnne des aiiicies de Beaurain et de ceulx dudict mareschal, qui ont esté nommément faiz à diverses intencions.

Que le jugement de Bourgoigne ue se peut juger que par ses vraiz juges, comme il a esté assez pimivé et débattu par mes ambassadeurs. A quoi il a esté peu suffisamment respondu et satisfaict.

6. Quant à la fundation pouri’ame de feu Jehan, il sera tenu ce qui a esté promis, encores que la mort du duc d’Orléans fut la p'emière qui donna occasion à ses serviteurs de faire la vengeance dont l'on ne demande aucune fundation.

7. Je veuil et entends entretenir ce qui a esté dict et offert par mes ambassadeurs et que j’ai signé de ma main.

8. Comme dessus, réservé du conté d’Ast, dont il ii’a esté rien promis ne parlé jusques ici; car c’est ancien patrimoine de la maison d’Orléans.

9. Je le remetz aux offres et conditions mises par mes ambassadeurs.

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