N* CCIV. — LETTRE DE MARGUERITE D’ALENÇON AU ROI
RUc est allée trouver l'empereur, qui lui a permis de repartir; mais c'est une dissimulation. — Le Roi ne doit pas se laisser abattre par ces propos. — L'empereur en viendra à ce qu'elle désire.
[Notnabn 15S3.]
Monseigneur, après avoir esté quatre jours sans voir l’empereur, j’ay ennuist esté devers luy, et pource que les propous sont d’importance et de conclusion de congié, ce porteur les vous dira plus au long que ma letre. Més, monseigneiu*, je vous suplye que leur estrangctté et dissimulacion n’aist la puisance de vous donner ennuy, car quant je suis venue à demander congié, j’ay trouvé l’empereur sy gracieux, (pie je croy qu’il craint fort que je m’en aylle; et sy plest que vous teniés bon , je le voy venir où vous désirés. Més ilz voudroient bien me tenir ysy sans riens faire, pour favorizer leurs afaires, comme il vous plaira entendre. Ausy, monseigneur, vous voirés ce (piy est venu de Madame , et la painc en quoy elle est , et les bons serviteurs (pie vous avés , dont je loue Dieu : car, puisque vous estes tant aymé de vos subjeetz et des estrangiers, j’espere que celluy qui leur donne ce vouloir leur donnera l’accomplissement de leur désir par vostre délivrance : de quoy le suplie de tout son cœur
Vostre très humble et très obéissante subjecte et seur,
MARGUERITE '
mier recueil, p. ig5.) L’éditeur des Lettres de Marguerite de Navarre dit, dans une note de son deuxième recueil, p. 67, que madame la duchesse d'Alençon arriva en France le i5 décembre. On ne
' La duchesse d’Alençon quitta Madrid quelque temps après l’époque où cette lettre fut écrite. On voit, par une autre lettre de cette princesse, déjà publiée, que le ao novembre elle était à Alcala. (Pre*