‹ Captivité du roi François 1erChapitre 169 sur 268 · À NOS SEIGNEURS TENANS LE PARLEMENT · texte numérisé non relu

À NOS SEIGNEURS TENANS LE PARLEMENT

Nosseigneurs, en ensuivant ce que vous avons escript nagueres, monsieur de la Barde, president aux enquestes, s’en va par devers vous avec lettres de madame la regente, et par luy pourrez estre amplement advertis de ce qui a esté fait et qui reste à faire avant nostre depesche. Nous vous prions faire diligence, affin que nostre retour soit abrégé.

Nosseigneurs, après nous estre très humblement recommandez à vos bonnes grâces, nous prions le benoist Créateur vous donner très bonne et longue vie.

Escript à Lyon, le 17 octobre i5a5.

Et après qu’elles ont esté leues, a ledit de la Barde dit, qu’après que la cour luy eust et audit Tavel et Buzé donné congé, en ensuivant les lectres que madicte dame auroit escriptes à ladicte court, ils partirent de ceste ville et s’en allèrent devers elle , et la trouvèrent à Tournon. Et ledict jour, s’en allèrent devers elle au sortir de la messe et luy firent la reverance, et luy dirent qu’en ensuivant ce qui hiy avoit pieu leur escrire, qu’ils estoient allez devers elle pour sçavoir son bon plaisir et vouloir, et la cause de leur mandement, prest de luy obéir et faire tout ce qui luy plairoit leur commander; laquelle leur list réponse qu’il estoit tard , et que ce seroit pour une autre fois.

Et ce jour mesme, furent devers le trésorier Robertet, qui leur dict qu’ils deurent aller devers le chancelier, et qu’ils estoient venus à mauvaise heure pour estre depeschez, et que à grande peine madicte dame les depescheroit audict lieu de Toumon. Et despuis, furent devers ledict chancelier, qui leur en dist autant, et outre, que madicte dame estoit sur son partement pour s’en aller à Lyon, lequel ils prièrent de leur faire commander d’aller à Lyon attendre madicte dame : ce qu’il leur promist faire.

Et despuis, feusmes devers le duc de Vendosmois et le sire de Lautrect, qui nous firent très bon accueil. Depuis, madicte dame nous (ist dire que nous nous en allassions devant à Lyon, et pensoient lors quelle deust partir dudit- lieu de Tournon pour aller audict Lyon, dedans trois ou quatre jours après; mais elle s’en alla à Condrieu et à S*-Simphorien, où elle demeura dix-huit jours. Depuis, elle vint audit lieu de Lyon , et furent lesdicts de la Barde , Tavel et Ruzé devers elle , et lors ne les voulloit point ouir, mais seuUement dist qu’elle parieroit à eux. Et, ce pendant, vindrentles nouvelles de la maladie du Roy, dont madicte dame, les princes et seigneurs estoient fort troublez; et se retira madicte dame aux Celestins de Lyon, où elle demeura longuement, sans qu’on peust parler à elle. Cependant la cour envoya des lectres auxdicts sieurs de la Barde, Thavel et Ruzé, par Estienne Camp, huissier en icelle, pour les présenter à madicte dame; lesquels feurent devers le trésorier Robertet, qui leur dist qu’il n’estoit temps de les présenter, et falioit encore quelque peu attendre. Et la vigille S* François, au soir, bien tard, vindrent nouvelles de la guarison du Roy, dont madicte dame et sadicte compagnie feurent merveilleusement joyeux. Et le lendemain elle fut en procession à Nostre- Dame-de-Confort, et sept ou huit jours après se continuèrent les processions en divers lieux, où lesdicts de la Barde, Thavel, Ruzé se trouvèrent tousjours pour accompagner madicte dame.

Et un jour entr’autres, elle estant aux Celestins, luy presentasmes les lettres de la cour, lesquelles elle bailla au trésorier Robertet pour qu’il les leut. Et un jour ou deux après, elle leur fist dire quelle

SECTION III. - CAPTIVITÉ EN ESPAGNE. 395 les depescheroit et qu’ils se trouvassent au levé de son disner, ce qu’ilz feirent. Et d’entrée, leur demanda s’ils avoient charge et instructions pour estre ouis au conseil du Roy estant lez elle, pour le fait des évocations et mandement dudit chancelier : lesqiiels luy respondirent qu’ils n’en avoient point, mais la cour leur avoit seulement escript et envoyé quelques doubles pour le fait des entreprises que les gens de guerre et ceux disans de tenir le conseil, faisoient contre l’autorité de ladicte cour, lesquelles ils luy declareroient volontiers si c’estolt son bon plaisir. A quoy madicte dame leur dit qu’elle avoit escript à la cour qu’on envoya gens instruits devers elle pour le fait desdictes évocations et mandemens du Chancelier. Et sur ce, luy fut respondu que par les lettres quelle leur avoit escriptes aller devers elle n’en estoit fait mention, ains seullement qu’ils allassent par devers elle pour les raisons qu’elle leur diroit : et sur ce, madicte dame leur dit qu’au gouvernement et administration que le Roy luy avoit laissé lorsqu’il partist pour s’en aller en Italie, elle s'estoit conduilte et gouvernée le mieux qui luy avoit esté possible; et après la delfaite de Pavye et prinse du Roy, elle avoit retiré, remis et ramassé la gendarmerie tant de cbeval que de pied, grands et petits, qui estoient quasi comme perdus, de sorte qu’elle les avoit remis en leur premier estât et leur avoit fait bailler argent; quelle avoit tasché à faire alliance avec le roy d’Angleterre pour le bien de la paix, tellement que despuis la prinse dudict seigneim la paix avoit esté conclue et arresté entre le Roy et ledict roy d’Angleterre; qu’elle avoit poursuivy d’avoir paix avec l’empereur, et faict toute chose pour le soulagement des subjets du royaume; et que depuis le parlement du Roy pour aller en Italie, elle avoit envoyé plusieurs grosses et excessives sommes de deniers delà les monts, pour l’entretenement de son armée; et neantmoings, depuis la prinse dudict seigneur, elle n’avoit fait aucuns emprunts sur le peuple, ne pris aucuns deniers sur les gens d’eglise, ne argent à interest, ne usure, ne autrement, comme avoient par cy devant fait les gens de finances; et si avoit cassé hui et cent lances pour le soulagement du peuple, et n’avoit vendu aucuns offices

de judicature : car, après ia grande maladie qu’elle eut à Romorentin, elle avoit remonslrc au Roy et tant faict avec luy qu’il n’avoit depuis voulu vendre lesdils offices de judicature; qu’elle s’estoit tenue à Lyon pour estre près du Roy, luy estant en Italie; et depuis qu’il en fust party, elle avoit eu deliberation de se retirer en ceste ville; ce qu’elle eust fait, n’eust esté qu’il a fallu qu’elle soit demeurée audict lieu de Lyon pour estre plus près des affaires qui viennent d’Italye , de Suisse , de l’Allemagne et des Espagnes , et s’il eust esté possible qu’elle se feust peu mectre en dix parties, elle l’eust fait. Qu’elle fivoit eu intention d’aller en Espagne pour la délivrance dudit Roy et le traité de paix avec l’empereur; mais elle a esté contrainte de demeurer pour les affaires survenans en ce royaume, aussi fpi’elle n’a voullu laisser le royaume sans chef, mais qu’elle y a envoyé la duchesse d’Alençon, sa fille. Quelle esperoit la délivrance dudit seigneur estre briefve, et qu’il seroit bientost en ce royaume; et qu’il y avoit quatre des principaux princes d’Espagne qui s’estoient voulu hostager pour le mettre en liberté et y avoient voulu obliger leur propres corps et leurs biens, car ledict seigneur est plus estimé ez pays d’Espagne et Italie que prince qui ayt jamais esté. Et durant sa maladie on a fait en Espagne continuelles processions et prières à Dieu pour sa santé , et le peuple prie continuellement pour sa délivrance.

Que tant quelle a esté regente en l’absence du Roy, elle a usé de clemence et honnestetez envers les cours de parlement de ce royaume, et mesmement envers ceste cour conutie la première et principalle et cappitalle. Et neantmoings, combien que les princes et autres grands seigneurs de ce royaume et les villes luy ayent rendu obéissance, touttefois la cour a esté seulle qui lui a voulu contredire, et qui a mis division en ce royaume : qui sont choses qui sont venues en 1a congnoissance des Espagnols, Italiens et Anglois, et s’esbahissent les estrangers qui sont près d’elle de l’entreprise qu’a fait la cour; qu’il y a eu plusieurs des conseillers d’icelle cpii ont esté d’opinion d’assembler les Estais du royaume pour venir contre son authorité et la di-

minuer; et d’autres qui ont mal parlé de sa personne. Et que si elle n’eust esté regente, elle leur eust donné à cognoistre qu’ils avoient mal fait, mais qu’elle est trop puissante pour s’en venger; qu’il y a plusieurs des seigneurs de ce royaume qui luy ont ofiert de venir jusques en ceste ville pour prendre et saisir au corps les rebelles et désobéissant au Roy et à elle, ce quelle n’avoit voullu.

Qu’il y a eu d’autres qui disoient qu’elle n’estoit qu’une femme : toutesfois, qu’elle sçavoit bien quelle estoit mere du Roy et qu’elle estoit regente, et que ce n’estoit à la cour à restreindre et limiter sa regence, comme elle s’estoit efforcé faire. Que les roys avoient fait et institué la cour, et le Roy avoit fait la pluspart de ceux qui y sont , et qu’il estoit en sa puissance de les deffaire en un jour, quand il luy plairoit. Leur parla aussi madicte dame des révélations des secrets de ladicte cour, et qu’elle sçavoit toutes les opinions qui se disoient ez jugements des procès, et mesmement par les gentilshommes qui luy venoient dire qu’un tel avoit esté de telle opinion; et qu’il ne se faisoit rien en ladicte cour qu’elle ne sceut.

Qu’il y a plusieurs des conseillers qui hentent les evesques et prélats et sont solicitant des procès, font des monopoles et menées et brigues pour les parties. Et leur recita que du temps du feu conte d’Angoulesme, pere du Roy, son mary, combien que sa maison feust grosse et puissante et qu’il n’eust aucun procès , toutesfois qu’il estoit pour en avoir, ci pria le feu president de la Vacquerie de disner avec luy; mais ledict de la Vacquerie ne le voulut jamais accepter et s’excusa, craignant, pour l’estât de son office, qu’il deust estre son juge. Que la cour se mesloit des affaires et entreprenoit des choses qui ne leur appartiennent, et mesmement ont voulu prendre cognoi.ssance de procès d’entre les courriers et les postes : et n’estoit à la cour d’en cognoistre, mais à elle.

Ce fait, madicte dame vint à parler du fait des évocations, des matières de i’archevesché de Sens , abbaye de Saint-Benoist-lès-Fleurysur-Loire et de Saint-Euverte d’Orléans, etc. et s’esbahissoit comme cela se faisoit, veu que le Roy est prisonnier et absent du royaume,

veu aussy qu’elle avoitfait déclarer lesdictes évocations desdicts archevesché et abbayes parle sire de Montmorency et par Perrot d’Ouarty, et depuis par les contes de Guise et de Vaudemont, et l’oIFre et ouverture qui en avoit esté faite par le premier president de ladicte cour, et neantmoins la cour passoit oultre, et n’a voulu obtempérer à son vouloir; trouvant aussi cstrange comme la cour avoit mandé le chancelier, vue les affaires du royaume ausquelz il est continuellement empesché, et mesmemcnt au fait de fltaiie, au traité de paix d’Angleterre et à la délivrance du Roy; et qu’il n’y avoit homme qui entendist et conduisist les affaires du royaume si bien que luy, sans déclarer les causes pour lesquelles la cour le mandoit, lesquelles elle vouloit entendre, lit poiu* ce que lesdicts de la Barde, Thavel et Huzé veirent qu’elle ne continuoit plus en ses propos et se reposoit, ils luy dirent que la cour, sçaehant que son vouUoir avoit tousjours esté par cy devant et estoit encore que la justice feust aussy bien administré durant l’absence du Roy comme si ledict seigneur estoit en ce royaume, et mesmement durant sa regence, en ensuivant ce quelle avoit plusieurs fois mandé et escript à ladicte cour, avoit tousjours administré justice aux .subjects, le mieux quelle avoit peu, en gardant l’authorité du Roy et d’elle.

Ce fait, madicte dame leur dist, pour conclusion, que l’un d’eux viendroit devers la cour, pour leur dire qu’elle retenoit les matières de l’archeveché de Sens et abbayes de S‘ Benoist et S‘ Euverte d’Orléans devers elle, et qu’elle en vouloit cognoistre ; et que si la cour y faisoit difficulté , quelle declarast par escript les raisons qui la meurent , et qu’elle les feroit veoir par le conseil du Roy, qui estoit lès elle, les députez de la cour ouys, et audict grand conseil, et qu’après elle adviseroit si elle en cognoistroit ou non.

A quoy lesdicts de la Barde, Thavel et Ruzé luy dirent que la justice avoit esté aussy bien ou mieux entretenue en la cotir depuis le partement du Roy, quelle n’estoit en sa presence et luy estant en ce royaume, et qu’il n’y avoit communauté audict royaume qui ait tant voulut porter authorité du Roy et de madicte dame que ladicte cour.

SECTION III. — CAPTIVITÉ EN ESPAGNE. 39P et ne voiidroit faire choses contre l’honneur dudict seigneur et d’elle, et la suppliant quelle eust ceste estimation de la cour, que si on luy avoit fait aucuns faux rapports, s’estoicnt gens qui le faisoient pour leur profit particulier, et quelle pouvoit avoir esté advertie par les contes de Guise et de Vaudemont et seigneur de Precy et des Roches, de la diligence que ladicte cour avoit faicte pour entretenir ceste ville en paix, en l’obeissance du Boy et de madicte dame, et par conséquent le royaume.

A quoy madicte dame leur fist responce qu’elle estoit advertie de ce que ladicte cour avoit fait pour le bien du Roy et d’elie ; mais que ce qu’elle en disoit, elle parloit aux mauvais et non aux bons. Luy dirent aussy que de faire assembler les Estats, la cour n’en avoit voulu estre cause, ains n’avoit esté mis en deliberation ; et que si aucuns des conseillers ont mal parlé d’elle, la cour n’en avoit rien sceu; et si elle l’eust entendu, elle en eust fait punition. Et touchant l’ouverture du premier president, luy dirent que combien que madicte dame eust ordonné delFences estre faites au chancelier de poursuivre les matières de l’archevesché de Sens et abbaye de S‘ Benoist au grand conseil et fait dire au chancelier et à ceux du grand conseil; néantmoings,*ceux dudict conseil ont depuis cassé et annuUé les arrests de la cour, qJl l’ont fait puldier au son de trompe dedans la ville d’Orléans; quelle avoit fait escripre par le premier president quelle vouloit que la cour prist congnoissance des excès commis en ladite abbayeS^ Benoist , etpimist les malfaiteurs. Et, sur cela, madicte dame leur respondit , qu’attendu qu’elle avoit évoqué le principal, la cour ne debvoit passé outre sans l’en advertir ; et si ceux du conseil avoient fait quelque chose mal, toutesfois la cour se devoit monstrer la plus sage. Et à cause que la cour avoit passé oultre, elle avoit voulu que ceux du conseil feissent le semblable.

Et pour ce que lesdicts de la Barde, ThaveletRuzé n’avoient aucunes instructions touchant l’archevesché de Sens, abbaye de Benoist et S^Euverte d'Orléans, et aussi touchant le mandement dudict chancelier et intreprises dudict conseil, ils ne voidoient entrer plus

avant esdicles matières, mais donnèrent à entendre à madicte dame lesdictes entreprises; et luy dirent qu’au moyen des lettres qu’elle avoil fait escrire à la cour, qu’elle ne feroit plus d’évocation, sinon au cas de l’ordonnance, aussy quelles sont fondées sur un faulx edict , la cour a passé oultre , et prins connoissance desdictes matières.

Et, au regard des concordats, luy dirent que la cour n’avoit rien fait contre iceux ; et pour ce qu’elle avoit parlé des revellations des secrets de ladite cour et aussy de ceux qui avoient mal parlé de sa personne , Hz supplièrent madite dame de nommer ceux qui le reveloient, pour le dire à la cour, afin d’en faire punition telle qu’il appartiendra. A quoy elle dist qu’elle le diroit au Roy: la supplièrent aussi leur donner congé pour leur en venir, alBn de faire les instructions qu’elle demandoit et dire à la cour ce qu’elle avoit ordonné et déclaré.

Et, sur cela, elle leur dist que deux d’entre eux demeureroient là, et l'autre s’en viendroit. Depuis, ceux de la faculté de théologie de ceste ville escripvirent à madicte dame pour renvoyer ledict de la Barde , attendu que maistre Guillaume du Chesne , l’un des juges deleguez par le pape sur le fait des heresies, *stoit allé de vie à trespas, et qu’ilz n’estoient plus que trois, et que, sans lui, on ne pourroit procéder au fait desdictes heresies. Madicte dame luy fist faire commandement de s’en venir, et lui fist dire qu’elle vouloit que la cour lui rendist response sur les choses susdites, et aussi qu’elle vouloit parler à luy à part, et luy manda qu’il se trouva en sa chambre : ce qu’il fist, où madicte dame lui paria de quatre ou cinq choses.

Premièrement de sa regence, si la cour avoit mis aucunes limitations sur le fait de sadite regence.

A quoy ledict de la Barde luy dist qu’il n’en savoit rien, et qu’il croyoit que la cour la voudroit plus tost augmenter que diminuer. Et, sur ce, madicte dame luy dist que la cour s’estoit elTorcée de restraindre sa puissance , et de fait elle l’avoit restrainte ainsi qu’elle

SECTION III. — CAPTIVITÉ EN ESPAGNE. 401 avoit esté advertie. Et luy demanda pourquoy la cour avoit si fort à cucur les matières des archevesché de Sens et abbaye de S‘ Benoist. A quoy ledict de la Barde luy dist que les parties venoient demander à la cour justice, qui ne leur pouvoit honnestement refuser, joint aussi que madicte dame avoit fait escripre à la cour qu’elle ne feroit aucunes évocations, sinon celle de l’ordonnance. Et sur ce, madicte dame luy fist responce quelle n’avoit ainsi fait escrire , mais quelle feroit le moings d’évocations qu’elle pourroit.

Luy demanda aussi s’il estoit à la deliberation quant le chancelier fut mandé, et les raisons qui meut la cour de ce faire.

A quoy ledict de la Barde dist : que c’estoit pour conférer avec luy touchant le fait des évocations, et different de ladicte cour et du grant conseil, pour oster le scandalle du peuple, et que autrefois il avoit esté ainsy faict et mesmement du temps du feu roy Louis, dernier décédé, lequel envoya à ladicte cour le feu archevesque de Sens, ayant lors la garde des sceaux, et l’on pacifia plusieurs differands qi^estoient lors pour le fait des évocations, et lors ledict chancelier estoit premier president. A quoy madicte dame luy dist que ce n’estoil cela, et qu’il y avoit quelqu’autre chose secret; mais qu’il n’est temps de le mander. Luy parla aussi du fait des finances, et pourquoy il n’estoit allé à S‘ Benoist , et luy demanda pareillement ce que les juges deleguez avoient fait de frere Megret, disant que si elle ne l’eust envoyé de pardeçà, il eust gasté tout le pays Lionnois et d’alentour , et qu’il y a plusieurs luthériens en ce royaume ; et qu’elle craint qu’après qu’ilz auront fait tout ce qu’ils auront peu contre Dieu, ils facent quelque chose contre le Roy, et elle et la chose publique , et qu’elle veult et entend qu’ils soient punis et qu’on en face justice, et que la cour y tienne la main.

Davantage, furent lesdicts de la Barde et Ruzé advertis qu’il y en axiroit des comissions scellées, addressantes au s*^ d’Aubigny et au capitaine Gabriel de la Chastre, pour venir prendre au corps aucuns des conseillers de céans et les mener pardelà , et qu’il falloit que la cour advisast à faire response à madicte dame sur le tout.

Ce fait, a esté la matière mise en deliberation, et non fait conclusion.

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