EPISTHE DE LA ROYNE DE NAVARRE (EXTRAIT
C’est, sans mentir, ung singulier plaisir Ramentcvoir entre amys, à loisir.
SFXTION III. — CAPTIVITP' EN ESPAGNE. 455 Par pa.sso-tomps, les fortunes passées,
Lorsqu’elles sont de bonheur compansées ;
Et m’e.st advis, ainsi je le vculx croire,
Pour mon grant bien, qu’avez de moy mémoire.
Me souhaictant en vostre compagnie.
Dont je ne puys d’esprit estre bannye.
En y pensant à bon droict j’en souspire ,
Et, d’un désir très ardant, je desire De povoir estre, en quelcpie coing et angle,
Ung petit point de ce parfaict triangle.
Las! quant je pense à la saison passée,
Tousjours malheur m’a très fort avancée Aux lieux de ducil plains de telle souffrance.
Que mort estoit ma joye et esperance;
Cinq ans y a que vous vyz en ce lieu.
N’ayant secours ne médecin que Dieu,
En maladie, bêlas ! si très extreme.
Que d'y penser j’en deviens pasle et blesme.
Ung an après, pour heureux avantaige.
Je fiz d’Espaigne en travail le voyaige.
Où me faillut comme en poste courir;
Et là trouver sur le poinct de mourir Celluy qui seul, au temps de la misere,
M’e.stoit mary, pere et très aymé frere.
Et maintenant que la fortune adverse Ne vous peult plus donner nulle traverse.
Par voz vertuz se sentant surmontée.
Elle s’en vient vers moy toute esbontée Pour s’en vanger, me faisant reculler Du lieu où plus je veulx et doy aller