‹ Captivité du roi François 1erChapitre 180 sur 268 · DÉLIVRANCE DE FRANÇOIS I · texte numérisé non relu

DÉLIVRANCE DE FRANÇOIS I

DEPUIS L’INJONCTION DU ROI DE SIGNER LE TRAITÉ DE MADRID, JUSQU’À L’ARRIVÉE DE CE MONARQUE EN FRANCE , APRÈS SA DELIVRANCE.

(Janvier 1526 — Avril 1526.)

N* CCXVl. — LETTRE DE GILBERT BAYARD A M. DE MONTMORENCY.

Nouvelles des conférences potir la délivrance du Roi. — Elle sera très-prochaine. — Gilbert a voulu acheter une belle esclave. — On la vendait parce qu'elle est trop irquehrade.

(TolUt, 3 juYÎar 1S2C.)

Monseigneur, j’ay esté ce matin icy aussitost que le vi.s-roy, luy ai baillé les lettres que le Roy a escript à l’empereur, et luy ay dit que je rctourneroye devers luy, au soir, pour entendre si ledict seigneur prendroit chausses et pourpoint. Il s’est pris à rire, et m’a dit que je retournasse et qu’il le me diroit. Je y ay esté ce soir, et à l’issue du conseil, qui a esté environ neuf heures, il m’a dit que l’on n’avoit peu achever de lire tous les articles, et que ce seroit pour demain à parachever; et que cependant je vous escripvisse que les matières prenoient très-bon chemyn. J’ay pris congé de luy, et me suis adre.ssé à Lalemant, lequel m’a dit que le vis-roy et luy ont parlé longuement [avec] l’empereur, avant que le surplus du conseil y arrivast, et luy ont fait entendre les raisons pour lesquelles les choses avoient ainsi esté passées: tellement, que quant on a voullu débattre le contraire, ledict seigneur empereur a .soustenu ce qui luy avoit esté

SECTION IV. — DÉLIVRANCE DU ROI. 459 inipriiué. Ledict Bouclaus m’a dit aussi qu’il avoit charge de communiquer à Fernando de Vega , commandador major, qui estoit malade en son logis, et que demain il espere que les matières prendront finalle résolution et bonne; il m'a fort prié de souper avec luy et m’a fait fort bon visaige.

Je n’ay rencontré, aujourd’buy, aucun de ceux que je cherche; mais la matinée de demain s’employera à cela, l’apres-dinée à chercher choses estranges et non accoustumées d’estre veues en France, et le soir à sçavoir ladicte resolution.

J’ay dit audict Lallemant l’intention du Roy, touchant le jour auquel se publiera la paix, et aussy celuy auquel sera faicte sa délivrance; à quoy il ne treuve point de difficulté : il poursuivra vos lettres de pas pour aller et retourner, selon la charge que vou.s m’en avez donnée.

J’ay trouvé une belle et jeune esclave pour M. de Brion, que sa maîtresse veult vendre pour ce qu’elle est trop requebrade, qui est à dire amoureuse ; je ne voy granl moyen d’en trouver d’autres.

A Tollede, le ij' de janvier.

Vo.stre très humble et très obéissant seivitour, GILBERT BAYARD.

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