‹ Captivité du roi François 1erChapitre 181 sur 268 · N* CCXVII. — LETTRE AU CARDINAL WOLSEY · texte numérisé non relu

N* CCXVII. — LETTRE AU CARDINAL WOLSEY

Evmaiou du roi de Navarre de la prison de Ravie. — Tentative du prince d'Orange jvour s'échapper

dr sa prison de Lyon.

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Diarii nostri diu intermissi narrationem resumamus : quedam duiti tum Lugduni quievimus acciderunt, que fortasse auditu digna videhuntur; recitare non gravabimus. Regem Navarrie captivum et a tempore galiici belli in Castro Papie detentum , te latere non ar-

bitror, Is delusis custodlbus grave redemptionis pretium 8o mil.

scud et dulccm postliminii jure rcverslonis transfuga liberta-

tein recuperavit. Ita res, ut fert fama, se habuit; cum quadam arnica, annuentibus custodibus, familiaritatem is rex capti\ns contraxit, et in nocturnis silenciis secum de fuga tractavit, que dominos nobiles Papienses caesarianos, lum spe premii, in suam traxit conjurationis sententiam, hiiqne, scilicet cesariani, non suspecti, famiiiariter ad regem salutandum raro tamen admittebantur. Dato ordine et temporis commodi opportunitate oblata , mulier ad regem scalam funcam attulit et recessit. Intempeste noctis silentio et lune claritatis favore proadjuvante , per fenestram descendit rex , propter tamen scale brevitatem se dimisit in fossam non aqua sed limo paludoso profundam. Nobiles illi parati in ripa fosse latentes, eum regem, quibus nescio artibus, ad se salvum traxei-unt, nec, ut rex se mundaret aut mutaret, mora ulla, sed ascensis equis vento velocioribus quos promptos habebant, in volatum verius quam fugam se proruperunt, ita ut in vigilia Natalis Lugdunum salvi pervenerint, et jam casus preteriti sola memoria recreati, nunc Iriumphant. Hujus cvasionis fclicitatc forsan invitatus, princeps Orangie, qui Lugduni captivus erat, in die Sancti Johannis apostoli ad illustrissimam dominam, multis stratiotis stipatus, perducitur, ubi totum contenait diem. Interea famuli, quos domi reliquerat , aptant pro nocte scquenti fuge preparamenta. Caméra in qua dormicbat princeps subterraneam habebat camenilam, seu potins cavemam e rupe cavatam, in arcum formatam et que pars rupis sive scopuli fuerat, et natura loci satis munita, nulla fuerat suspicionis occasio; erat insuper in muro saxeo, in modum fenestre, foramen ellossum , per quod lumen accipiebatur, et difficulter quis possel exire ubi tum exierit; foramen facillima fuit fuge via, et a scopulo descensus, per boc foramen via fuge destinata est. Interea temporis dominus princeps ad dominam illustrissimam totum diem absumpsit. Famuli quos domi ad custodiam camere reliquit, sub ejus Iccto caute foramen effoderant, per quod in inferiorem cavemam commode descendere quis possit, et consequenter nullo fere nego-

SECTION IV. — DÉLIVRANCE DU ROI. 'i61 cio evadere. Nunc die in vesperam inclinante, princeps ab illu.strissima domina licenciatus discessit, solita comitatus caterva. Übi jam cenatum erat et jam animas principis circa alia occupatus, milites custodientes sepulchrum, ut longe noctis vigiliam facilius superarent, et vigilandi fastidium commodius evaderent, iudcndo in cartis magnam noctis partem absumere .solebant. Jam cœna facta , cartas querunt, quibus non inventis, varlelto sive pucro principis improperant eas furto abstuiisse : ipso constanler negantc et dum diligentius querunt , unus ex mililum numéro lecto principis imprudentius et inconsideratius se summitlens, incidit- in foveam quam fecerant famuli; quo clamante, amotus est lectus, qui portabilis erat, et sic-fuge détecta est preparatio, militesque omncs vigilaverunt, agere cepenint , etmane facto, res domine illustrissime est declarata: que statim capto consilio, prcfatum principem ad Vicnnam, locum longe tutiorem, fideliter servandum destinavit : ubi, in die Circumcisionis Domini, eundem principem, cum domino de Prato Cesaris hic ambasiatore, in ecclesia vidimus; et ne mireris nos jam Vienne esse, ut rem intelligas audi. lllustrissima domina iii kalend. januarii a Lugduno disce.ssit in obviam ducisse Alanconii, fdie sue, ab Hispaniis revertenti, ubi cum Cæsare egit de liberatione fratris sui Regis Christianissimi , et adhuc, fama referente, re infecta vacua revertitur ; et quum nos a sacra Maj** et R. D. litteras accepimus quarum occasione cum illustrissima nos loqui conveniebat, mandate ejusdem illustrissime eam secuti sumus, sperantes Vienne in proximo quietis hospicio nobis audienciam prestaturam, et illustrissima domina nostra, nescio qua mala fortuna, in quoddam podagre cruciatum cum febricula quadam incidit, ita ut ibi per xv dies expectantes ad eam tandem in oppidulo Rousilion appellato, accessimus, et in lecto quiessens nobis audienciam benigne prebuit et ad Viennam revertimur, per tenebrose noctis et vie periculosc districti redimus. Intérim, dum mihi parum erat negotii, civitatem Viennam perlustravi, precipue ubi ulla antiquitatis vestigia esse audiveram, ctmulta antiquitatum fragmenta vidi, presertim in monasterio S** Pétri, ubi

inonachi Sancti Beneclicti religlonem professl habitaut, cl ingredienli ceiniteriuni, quocl ad ecclesiam ducit, trium leonum vaste magnitudinis forma ostenditur'.

N* CtXVlIl. — LETfHE DE GILBEHT BAYARD A M. DE MONTMORENCY.

Nouvelles de la roaTérence de Madrid. — Lea trois poiuts encore en litige. — Lea otages. — La souveraineté du connétable de Bourbon, etc.’.

I TolMe , S janvier 1526. )

Monseigneur, à ce matin, ainsi que monsieur de Tarbe et moy avons pris congié de mons. le vice-roy, m’a rappelle et m’a dit que, au soir, à l’beure accoustumée , je le vinsse attendre à l’issue du conseil pour entendre ce dont je pomroye donner advis au Roy; et depuis, m’a demandé si j’avois parlé à aucuns ambassadeurs des potentatz d’Itallie. Je luy ay respondu que non. 11 m’a derecbef enquis s’il estoit venu personne de par vous icy, depuis son parlement de Madrid; je luy ay respondu que non; de laquelle responce il a fait contenance de se rejouir, et m’a dit qu’il me diroit une autre fois la cause pour quoy il le me disoit.

Depuis, mons. de Tarbe et moy estans en la chappelle de l’empereur, actendans la lin de sa messe pour parier à luy, Emanuei, maistre d’bostel dudict s*^ vice-roy, nous est venu faire semblable demande et a dit l’occasion pourquoy nous prioit de n’en dire rien; qui est, que le cbanceUier dit hier qu’il avoil esté porter parolles à

' Copie de Bréquigny, vol. g i .

’ On trouve, dans un recueil manuscrit de la Bibliotlièquc royale, la note suivante, sans adresse ni signature, mais qui est un avis donné aux ambassadeurs frant^ais au sujet des négociationsqu'ils étaient chargés de conduire ;

• Je crois que sans Millan il ne se fera rions pour le présent; mais, selon le dire des seigneurs de la Cliaulx et do Bourbon , si, la paix faite, le Roy a bon vouloir de l’entretenir et se monstrer bon frere et amy de l’empereur, il fera dudict duché partie de ce que le Roy voudra. >

SECTION IV. — DÉLIVRANCE DU ROI. 'i63 tous les ambassadeurs d’Itallie, que si le Roy laisoit aucun traité, qu’il y compren droit tous ses amys, et que cela avoit esté dit de par vous. J’ay respondu que je n’avoye veu Icy nul homme de par vous, et que de ma part, depuis neiif moys, je n’avols parlé à ambassadeurs italiens; et qu’il y avoit neuf mois que j’avoye salué celui de Ferrare.

A ce soir, j’ay esté devers ledict vice-roy, et en y allant ay rencontré Lallemant, qui se retiroit, comme il m’a dit, pour aller depescber à domp Hugues, et que pour ce soir il n’y auroit point de conseil chez l’empereur, et qu’il estoit las de ce qu’il en avoit fait chez Bourbon, en la compagnye du chancellier et grand-maislre, et depui.s au logis du commendador major, avec le nonce du pape, qui est e.stimé grand impérial. J’ay depuis parlé à inons. le vice-roy, qui m’a dit qu’il avoit commandé à Lallemant d’envoyer au sieur domp Hugues les quatre diOlcultez par escript, qu’il m’avoit dit hier au .soir, afin que le Roy y respondist en teste. Je luy ay dit derechef que, quant aux deux premiers, qui est la veneue des ostagcs à Fontarabic avant la délivrance du Roy, et la souveraineté de Bourbon, qu’il m’avoit hier reduicte à exemption de sa personne, il ne se y failloit aucunement actendre; que quant aux autres deux il sçavoit la responce que le Roy en avoit fait, qui estoit ce qu’il en pouvoit faire. 11 m*a dit que la souveraineté de Bourbon, ny la venue à Fontarabie des ostages, n’estoient raisonnables; que ladicle souveraineté n’estoit demandée pour estre obtenue; et quant à la venue à Fontarabie, que l’empereur luy en avoit dit sa fantaisie, mais qu’il conscilloit qu’on re.spondist à tous les points gratieusement, et dés demain, affin qu’il peust partir dimenche. Et m’a demandé si j’avoys point eu de response sur ce qu’il me dit hier au .soir; je luy ay dit que non. Il m’a prié que incontinent que je l’auroye , je la luy fcisse savoir : et au retour de luy, j’ay trouvé le chevaucheur qui a apporté la lettre qu’il vous a pieu m’escripre, et après Icelle leue, tout soubdain suis retourné devers ledict vice-roy, auquel j’ay leu la plus part du contenu de vostre dicte lettre; qui m’a dit qu’il le feroit entendre à l’empereur et

Ixàk CAPTIVITÉ DU ROI FRANÇOIS I".

qu’il feroil bon office, et de tout advertlroit domp Hugues. Qui a esté tout son propos, et s’en est rentré dans la channbre dudict empereur.

Monseigneur, je prie le Créateur vous donner très-bonne et longue vie.

A Tollede, le jour de janvier.

Vostre très humble et très obeysant ser>'i(eur, GILBERT BAYARD.

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