N* CCXXX. — LETTRE DE MADAME LA RÉGENTE AU PARLEMENT
DE PARIS
Nouvelles du Iraité de Madrid et de la santé du Roi.
( Siial* JuilHur'LyoD . 29 janvier 1526. ]
A NOS TRÈS CHERS ET BIEN AMEZ LES GENS TENANS LA COUR DE PARLEMENT DU ROY NOSTRE TRÈS CHER SEIGNEUR ET FILS, A PARIS.
De par Madame, regente en France.
Très-chers et bien amez, après avoir demeuré quarante jours sans avoir eu nouvelles du Roy, nostre très- cher seigneur et fils, ny de nuis de nos ambassadeurs, ny autres estant en Espaigne, ce matin le mareschal de Montmorency est arrivé icy devers nous, lequel nous a apporté lettres de nostredit seigneur et fils, par lesquelles il nous asseure de sa bonne et parfaicte santé , et aus.sy ledict mareschal a dit l’avoir laissé en meilleur estât et disposition de sa personne qu’il ne
SECTION IV. — DÉLIVRANCE DU ROI. 485 fust dix ans avant. Pareillement il nous a dlct que la paix et délivrance tle sa personne estoit faicte entre luy et l’empereur, et que dans le dixiesme prochain venant se debvroit mectre à eflect et execution ladicte délivrance, et cependant qu’il faisoit mettre par escript les conditions de ladicte paix et forme de ladicte délivrance, et(|ue, par homme exprès, incontinant nous envoyerolt le tout. Ce que nous avons bien voulu vous escripre et advenir de ceste nouvelle pour estre telle que plus grande ny meilleure elle ne pourroit estre , poiu le bien , consolation et repos du royaume , et satisfaction des bons officiers , serviteurs et obéissant sujets dudit seigneur, du nombre desquelz nous vous tenons et reputons.
Et pour ce que nous avons esté en celuy temps, que vous avez veu, désirant nous trouver au devant dudict seigneur et visiter la compaignie qui est à Blois, nous avons résolu et délibéré de panir demain prochain pour aller audit Blois, et de là prendre le chemin approchant le lieu où se doibt faire ladicte délivrance; vous priant, en attendant que vous le puissiez veoir, vous employer toujours au bien des affaires dudict seigneur, comme vous estes tenus et debvez faire, et que l’effect de sadicte délivrance requiert et mérité, comme nous avons en vous parfaite seureté et fiance. Très chers et bien amcz, nostre Seigneur vous ait en sa sainte et digne garde.
Escript à Saint-Just-sur-Lyon , le xxix jour de janvier.
LOYSE
Robertet.