‹ Captivité du roi François 1erChapitre 192 sur 268 · N- CCXXXI. — LETTRE DE MADAME LA RÉGENTE AU PARLEMENT · texte numérisé non relu

N- CCXXXI. — LETTRE DE MADAME LA RÉGENTE AU PARLEMENT

DE PARIS

Ordre de faire des processions et prières pour la délivrance du Roi.

(Da 30 jftovi«r 13S6.)

Ce jour, la cour a reçu des lettres missives de Madame, mère du I\oy, regente en France, desquelles la teneur suit :

.\ NOS TRÈS-CHERS ET BIEN AMEZ LES GENS TENANS LA COI R DE PARLEMENT POÜR LE ROT NOSTRE TRÈS-CHER SEIGNEOR ET FILS, k PARIS.

De par Madame, regente en France.

Très-chers et bien amez, nous avons cy-devant escript aux archevesques et evesques de ce royaulme et à leurs vicaires et olliciers, que pour implorer et obtenir la grâce, l’ayde et clemence de Dieu nostre créateur, et la délivrance du Roy nostre très-cher seigneur et fils, conservation, protection et seureté de son royaume, peuples et subjects, ils fissent faire processions, prédications, jeusnes, oraisons et prières à nostre créateur, auquel seul nous en avons remis et réduit nostre seule et ferme fiance et esperance : qui nous a meu derechef l’escrire et mander ausdicts archevesques et eves<|ues, et entre autres à l’evesque de Paris, et pareillement en escripre à ceulx des bonnes villes, principallemcnt à nos très-chers et bien amez les prevost des marchands, eschevins et habitans de Paris, dont vous estes les chefs et principaux officiers, et ceux à qui la chose touche le plus.

Par quoy, vous prions bien affectueusement vouloir faire faire et continuer leur dites processions, prières , jeusnes et prédications par ceux des églises, couvents et religieux, peuples et habitans de ladicte ville, en la plus grande reverence, humilité et dévotion que faire se

SECTION IV. — DÉLIVRANCE DU ROI. 487 pourra , et vous ferez une bonne œuvre , agréable à Dieu et profitable au Roy et au royaume.

Donné à Saint-J usl-sur-Lyon, le xxiir jour de janvier.

LOYSE

d’Ornr.

El après qu’elles ont es^ leues, la matière mise en deliberation : la cour a ordonné et ordonne quelle vacquera jeudy prochain pour aller en procession, pour prier Dieu pour la délivrance du Roy, tuition et protection du royaume , et que la prononciation des arrests qui se devra faire ledict jour sera remise à la vigille Saint-Mathias.

N* CCXXXll. — LETfRE DU BAILLI DE PARIS DE LA BARRE A MADAME LA DUCHESSE D’ALENÇON.

Le Roi a écrit à la reine Lëonor. — Il aort souvent et va aux oICccs. — Bon accueil qu'on lui fait dans le public. — Il va visiter les religieuses; — il touche les écrouelles. — Le Roi partira pour Bayonne. — La petite noire passe une heure dans son lit tous les matins.

|.M*drid, 1» fdvrirrlSM.]

Madame, depuys la derrenyere lettre que je vous ay escriptle par le maistre d’ostel de M. le vys-roy, est retourné M. de Bryon de Toledo et devers la reyne, où le Roy l’avoit envoyé. Et quant il partit, ledict seigneur n’avoit point escript à la royne despuys qu’il avoit esté fyencé, pour ce que mondict sieur le vis-roy luy dist qu’il luy sembloit qu’il ne luy devoit point cscrire qu’il n’eust entendu de l’empereur premyer comme il la devoyt appellcr. L’empereur dist qu’elle estoit sa soeiu* et qu’il la pouvoit appeler sa femme puysqu’elle l’estoit. A donc, ledict seigneim luy escripvit imes lettres qu’il envoya à M. de Bryon, à Toledo, pour luy porter. Je vous en envoyé cy le double, aussy celuy de la responce que ladicte dame luy a faitte, aussy je l’escriptz à Madame, que sy vous plest luy montrerez. Aussy

/j88 captivité du ROI FRANÇOIS T.

luy escriplz de quelque argent que ledict seigneur a affaire, qu’il m’a commandé luy escripre, sy c’est son bon plaisir, de commander luy cstre envoyé.

Madame, Turenne vous dira des nouvelles du Roy et de sa bonne santé; mais c’este sy bonne, que, sur mon aame, je ne luy sçauroys soueter niylleur; et quant à luy, il dit que jamés il ne .s’est trouvé plus parfaitement guery qu’il est à cette heure.

Lundy dernier, il fust en sa lyliere à Nostre-Dame des Touches, ouyT vespres et la remercier de sa bonne santé, et revint sur sa mulle. Et en s’en retournant, trouva lytieres et dames dedans et force peuple, aussy aises de sa santé que je sçaurois estre. Et quand il fust descendu, il me dysl (ju’ll cstolt si fort qu’il courroit bien le serf.

Le mardy .suivant, fust ouyr la messe chez la contesse et dysner, et n’en bougea jusques au souper. Et l’après-<lisner, elle le mena dedans le monastère, où il vyt toutes les religieuses, et en toucha des escrouellcs plus de trente. Je croy, madame, qu’ils cuydoient tenir Dieu par les pyez que de le tenyr céans, et ce ne fut sans vous y souhaltter, corne la personne du monde qu’ilz estyment plus en toutes choses. Ledict seigneur leur fit donner llj® escuz et à lilj autres couvens, en ce.ste ville, à chascun cinquante escus.

Madame, l’empereur ne sera icy jusques à mardy; et seront ensemble luy et le Roy jusques au xii® de cedict moys, que ledict seigneur partira pour s’en aller droit à Bayonne. Et est bruit qu’il ne verra la royne que à Burgues, en s’en allant. Je vous promets, madame, que vous ferez fort grand plesyr au Roy de solysiter que les ostaiges soyent au jour promis.

Vous entendrez par le chiffre que porte ce pourtour tout le demeurant, tant y a que je vous supplye estre seure que je vous mande la vraye vérité de la bonne santé et force du Roy, garny de bon apelil, de bon dormyr; et vous promets ma foy, madame, qu’il ne se port une heure de tems à ce prendre garde de tout à sa personne. Je vous laysse, madame, à panser la joye que ledict seigneur aura de pouvoir, madame, vous veoyr de bref.

SECTION IV. — DÉLIVRANCE DU ROI. m

Votre petite noyre est tous les matins une heure en son lytL qui luy fera plaisir.

Madame, je vous supplye tenyr en votre bonne grâce et de Ma* dame la personne de ce monde qui a plus grant envye de faire service au Roy, à elle et à vous, et qui de meilleur cueur supplye à Nostre Seigneur vous voulloyr longuement garder et à la fin donner son bcnoist paradis.

Fet à Madril, le premyer jour de febvryer.

Voslre Uès humble et très obeyssant servytêur et meilleur subget,

DE LA BARRE

N* CCXXXIU. — L'ARCHEVÊQUE D’AIX PREND CONGÉ DU PARLEMENT POUR ALLER RECEVOIR LE ROI A BAYO.NNE.

[ Dv & ftvfirr 1&2G. ]

Ce jour, l’archevesquc d’Ai.x, lieutenant du Roy en'cesle ville de Paris, est venu en la cour de céans, qui a dit que Madame, mere du roy, regente en France, doibt estre à Blois dedans quatre ou cinq jours pour s’en aller au devant du Roy ; qu’il est délibéré de partir demain pour aller aü devant de mtldicte dame,' et n’a voulu partir sans prendre congé de la cour et sçavoir s'il leur plaira aucune chose commander, offrant leur faire tout le service qui luy sera possible.

A quoi messire Antoine Le Viste, chevalier, president en ladicte cour, luy a dit que la cour luy sçavoit très-bon gré de ce qu’il s’en alloit devers madicte dame, et qu’il croyoit qu’il s’en alloit faire le voyage de Bayonne; et l’a prié que s’il vient à point, qu’il veuille remonstrer la résidence continuelle que les presidents, conseillers et autres officiers de ladicte cour, font pour le service du Roy et de la

‘ Voyez la lettre ci-dessus de le page 4&S.

chose publique, et solliciter qu ils puissent estre appointez de leurs gages, tant de ce qui leur est deub du passé, que pour ceste présente année, ce que ledit archevesque a promis faire. Et ce faict, s’est retiré.

N* CCXXXIV. — LETTllES PATENTES DE LA DUCHESSE D’ANGOULÉME POUR LEVER UNE AIDE EXTRAORDINAIRE.

Dans ie préambule, la régente raconte les négociations qu'elle a fait suivre en Espagne par sa ClIe et scs ambassadeurs pour la délivrance du Roi. — Les grandes dépenses occasionnées par ie traite conclu avec le roi d'Angleterre, celles qu'il a fallu faire pour maintenir les ligues suisses dans l'alliance du Roi , ainsi que pour faire construire des vaisseaux, réorganiser rarliilcrie, etc.

— Les coffres de l'Etat sont épu'isés. — Elle demande celte somme comme l'année précédente.

— La prochaine délivrance du Roi rendra au royaume la paix et la tranquillité.

(Bloûy 10 février 1526.]

Loyse, mere du roy, duchesse d’Angoulmoys, d’Anjou et de Nemours, contesse du Mayne et de Giem, regente eu France, à nostre amé et féal cousin l’archevesque de Rouem, nos amez et feaulx l’evesque d’Evreux et l’abbé de Bernay, le sire de Genly, bailly d’Evreux, M® Florimond Robertet, chevalier, sieur d’Aluye, trésorier de France, et en son absence à M® Jacques Charmolue, changeur du trésor, Guillaume Preudomme, sieur de Souvigny, general des finances dudict seigneur, et en son absence à M* Rogier Gouel, president de la court des generaulx sur le fait de la justice et des aydes à Rouem, le s'' Le Clere, M®* Jehan Carré, receveur general, Girard Acarie , contreroUeur general desdictes finances ou pays de Normandie, et à Jehan du Val, notaire et secrétaire du Roy nostre très-cher seigneur et filz, et greffier des Estatz dudict pays, ou à son commis, salut et dillection.

La grande confiance et parfaicte esperance que avons eue et avons à la bonté et clemence de Dieu nostre Créateur, nous a tousjours fait croyre, puisque sa voulenté avoit esté de permectre et tollerer

SECTION IV. - DÉLIVRANCE DU ROI. h9\ les infortunes, tribulacions et adversitez survenues puis ung an en çè au Roy nostre très cher seigneur et fib., ses bons serviteurs, subgectz et royaume, il avoit réservé lieu à la consolation et ressourse, et estoit à juger qu’il ne voulsist habandonner ceulx qu’il admonestoit et visitoit par adversité , mays plus tost leur en rendre loys et rétribution. A ceste cause, continuant en ceste ferme foy et credence, avons depuis la prinse et detencion du Roy nostredict seigneur et filz, travaillé par continuelle sollicitude de chercher et quérir les moyens et ouvertures pour venir à une bonne paix et appoinctement avec l’esleu empereur, luy offrant et présentant toutes les raisons et honnestcs partiz qu’il a esté possible, tant pour le recouvrement de la personne du Roy nostredit seigneur et filz, qui est, comme chascun scet, plus que propre et necessaire en ce royaume, pays et subgectz d’iceluy; que aussi pour paciffier tous differendz et querelles, et vivre doresenavant en paix et transquilité et eschever les perilz, dangiers et inconveniens de la guerre , qui au grant regrect de nostredict seigneur et filz et de nous ont tant duré, travaillé et molesté le pouvre peuple; et pour mieulx persuader à tirer et gaingner le cueur dudict esleu empereur d’y voidoir encliner et entendre, y avons envoyé nostre très-chere et très-amée fille, seur unicque du Roy nostredict seigneur et filz, la duchesse d’Alençon et de Berry, avec plusieurs bons et notables personnaiges qui l’ont accompaignéc; laquelle n’a point crainct ne doubté le péril, dangier et labeur de sa personne de faire ung si long et dangereulx voyage que d’aller jusques à Tolledo, devers ledict empereur, pour essayer de faire une si bonne, saincte et prouffitable euvTe, tellement que après les remonstrances, offres, persuasions et requestes qu’elle a sccu faire , et aussi les ambassadeurs qtie pieçà y avions envoyez et que y sont encores, elle en est partie en bon propoz et esperance d’appoinctement, qtie actendons nous estre de brief magnifesté, et que recouvrerons la personne du Roy nostredict seigneur et filz en ce royaume, avec si bonne confederacions et alliances entre luy et ledict empereur, que ledict seigneur et ses bons et loyaulx subgectz demeureront et riveront doresenavant en paix et

transquiiité, qui est le plus grant et singulier désir et afiection que le Roy nostredict seigneur et nous ayons ; et pour mieulx y parvenir, asseurer et meclre cedict royaume, pays, peuple et subgectz en seureté et repoz de toutes parts, avons pour et ou nom du Roy nostredict seigneur et filz, fait traiclé et juré paix, confederacion et amytié perpétuelle avec nostre très-cher seigneur et cousin le roy d’Angleterre, les royaumes, païs et subgecta du Roy nostredict seigneur et filz et de luy, et pour ce faire a convenu fom-nir et bailler promptement et comptant près de troys cens mille livres toumoys, tant pour partie des arreraiges du debte qui fut accordé audict roy d’Angleterre par feu nostre très-cher seigneur le roy Loys , dernier décédé , que Dieu absolve , que pour le douaire de la royne Marie <!’ Angleterre , qui par le temps des guerres avoit esté discontinué; et pareillement avons conservé et entretenu en la faveur, amytié et confederacion du Roy nostredict seigneur et filz les quentons des ligues et autres seigneurs et communautez, lesquek estoient praticquez, pressez et persuadez parles ennemys dudict seigneur, afSn de les atirer à eulx et rendre ledict seigneur et cedict royaume si foyble d’ayde et d’amys qu’ilz en peussent faire à leur volenté ; ce qu’ilz n’ont fait ne feront,- à l’ayde de nostredict Créateur : lesquelles choses n’ont esté faicles sans y avoir exposé et consiunmé une si grant et extresme somme de deniers, que non seulement les finances de cedict royaume y ont esté employez , mays aussi tous les autres deniers que avons peu trouver et espargner tant des retranchemens et recullemens des gaiges, pensions, estatz et despences, que d’emprunetz et autres parties que avons trouvées pour ne fouller ne chaîner le peuple. Et davantaige, par l’advis et deliberacion des princes, seigneurs et notables personnaiges estans icy, avons fait faire et construire ung bon nombre de galleres et galbons à Marseille, oultre ceux qui y sont equippés, armer et munyr grant nombre de navires , barches et autres vaisseaulx de mer, tant en Bretaigne , Normandie que Prouvence, pour empescher par la mer la venue et descente en cedict royaume desdicts ennemys, s’ilz se feussent voulu efforcer d’y venir et entrer, comme ilz se vantoient et preparoient.

SECTION IV. — DÉLIVRANCE DU ROI. 'i93 Aussi avons fait faire en plusieurs lieux de cedict royaume fontes et provisions d’artlllerye, pouldres et bouiletz, dont y en avoit grant faulte-, et tellement avons travaillé et mis peine d’asseurer et donner ordre de tous coustez aux affaires necessaires et urgens de cedict royaume, pour empescher la venue et entreprinse desdicls ennemys, que eidx adverliz de ce ‘se sont reffroidiz et ont cherché la paix et appoinctement qu’ilz avoient auparavant dissimulée. Par quoy, à céste heure, ne reste que de pourveoir au recouvrement dû Roy'nostredict seigneur et filz , que nous espérons estre de brief. Mays il ne se peut faire sans grans frais, mises et despences; à quoy n’y a de quoy fournir au moyen desdictes despences faictes'ét du payement des gens de guerre d’ordonnances que avons fait et faisons payer pour les faire entrer fen garnison , tenir police et les garder de •piller et vivre sur le peuple, comme ilz ont fait, qui est chose qui fort nous a desplcu et desplaist: avec ce, a convenu par neccessité fournir à la despcnce du Roy nostredict seigneur et filz et de ceulx qui sont avec luy, et ali contantcment de ceulx qui sont allez en Espaigne pour accompaigUer nostredicte fille la duchesse d’Alençon, payer et satisfaire les gaiges et estatz deS officiera de courts-souveraines, chambres des comptes et autres officiers ordinaires, cappilaines, mortes-payes et gardes de places, et tant d’autres parties qui reviennent à grosses charges, qu’rl n’est possible de povoir conduire les afiàires et despences qui sont prouchaines et necessaires, et sans lesquelles cedict royaume , peuple et subgectz ne se peuent conserver et garder, sinon de lever et mectrë sus une OTeue de six cens mil livres toumoys, payable par égal portion aux quatre termes et’payemens des deniers de la taille qui^a esté mise sus en cestedicte année; dont le premier payement commancera le premier jour d’avril prouchain, ainsi qu’il fut fart l’année' demiere, que est une chose que par plusieurs et diverses foiz a esté mise en termes et disputacion entre lesdicts princes, seigneurs et gens du conseil du Roy nostredict seigneur et filz estans icy, qui n’ont peu trouver moyen ne expédient, et prenons Di eu poiir juge que, s’il estoit possible de se^passer de mectre susladicte creue,'nous le ferions plus voulen-

ti9k CAPTIVITÉ DU ROI FRANÇOIS I“.

tiers que autrement, salchans les autres grandes foulies et oppressions que ledict peuple et subgectz de cedict royaume ont portées et portent il nostre regrect et desplaisir. Mays nous espérons que de brief le Roy nostredict seigneur et filz, délivré et retourné en son royaume, soulagera sesdicts subgectz et les fera vivre en repoz mieulx qu’ilz n’ont fait , à quoy nous ayderons et tiendrons la main de tout nostre povoir : qui est pour la porcion dudict pays et duché de Normandie, élection d’Alençon, conté du Perche, prevosté de Chaumont et acroissemenl de Maigny, comprins Ponthoise, desduict le rabbais, à cause de. la recherche; c’est assavoir, pour partie desdictes vi‘ mil livres tournois de creue, la somme de sept vingtz-six mil cinq cens soixantehuit livres tournoys ,-avec la somme de deux mil quatre-vingtz-deux livj’cs tournoys pour les tauxacions des esleuz, greffiers et gaiges des receveurs d’icelle court. Et à ceste fin, en visant diii povoir à nous donné par nostredicte regence, avons mandé les gens des troLs Estatx dudict pays et duché de Normandie estre assemblez en la ville de Roucm , au premier jour de mars prouchain venant, pour leur remonsti er les affaires du Roy nostredict seigneur et filz, qui touchent le grant bien et utillité deluy, son royaume et de tous ses subgectz. A ceste cause nous soit besoing, en usant de nostredict povoir et regence, oommectre aucuns grans et notables personnaiges de grant auctorité, poiu' estre et assister ausdict jour et lieu à l’assemblée desdits Estatz, et iceulx requérir très-instamment, dé par le Roy nostredict seigneur et (ilz et nous, qu’ilz veulent liberallement octroyer ladicte somme de vu" VI mil v* lxviii livres tournois. Savoir faisons que Noüs confiant à plain de voz sens, preudommyes-'et bonne dilligence, vous avons,, en vertu de nostredict povoir. de regence, ordonnez, nommez, commis et députez, ordonnons, nommons, commectons et députons par ces présentés, et les neuf, huit, sept, six, cinq et quatre de vous en l’absence des autres, et vous, avons donné et donnons povoir, auctorité, commission et mandement especial par cesdictes présentes, pour estre et assister de par lo Roy nostredict seigneur et nous à ladite assemblée, et remonstrer aux gens d’iceulx Estatz lesdictes affaires

SECTION IV. — DÉLIVRANCE DU ROI. '»95 qui sont grans et iirgens, ainsi que chascun peut congnoistre , et les requérir de par le Roy nostredict seigneur et nous que poiu- les conduire ilz vueillent liberaliement octroyer ladicte somme de vii“ vi® v® i.xvni livres tournois; et icelle somme par eulx octroyée en faire l’assiecte et departement en la maniéré acoustumée. Si vous mandons et enjoignons, en vertu de nostredict povoir et regence, que vous vacquiez et entendiez diligemment à faire les choses dessusdictes et faire Tassiccte et departement de ladicte somme, ensemble de la somme à quoy se pourront monter les voyages et tauxacions de cbascun de vous et des delleguez desdicts Estât/ et autres frai/ raisonnables et neccessaires, et les moindres que faire ce pourra, justement et cgallement, le fort portant le foyble, par tout ledict pays et. duché de Normandye, ellection d’Alençon, conté du Perche, prevosté de Chaumont et acroissement de Maigny, comprins Ponthoise, sur tous les contribuables aux deniers des tailles, et tout ainsi qu'il est mandé faire par noz lettres et commissions expédiées pour mectre sus et lever audict pays de Normandie les deniers de ladicte taille de l’année à présent courant.^ Lesquelles sommes dessusdictes, par la deliberacion que dessus, Nous, en usant de nostredict povoir et regence, voulons et ordonnons estre cueillies, levées , receues et payées en telle maniéré qu’elles puissent venir ens sans aucun non vailoir. Et icelles sommes faictes recevoir par les receveurs sur ce par nostredict seigneur et lilz ordonnez, ausdicts quatre termes et payemens d’icelle taille de cestedicte année, par quart et égal portion, et par les receveurs bailler et délivrer, c’est assavoir le principal de ladicte creue par vous receveur general dudict pays au trésorier de l’espargne de nostredict seigneur et fdz , selon la derniere ordonnance par luy faicte sur le fait de sesdictes finances, et lesdict fraiz tant pour lesdict voyages, tauxacions de vous et des deleguez dessusdicts qui assisteront pour lesdicts Estatz, et autres fraiz acoustumez et deppendens du fait de ladicte convcncion, que pour les tauxacions des esleuz greffiers et gaiges des receveurs d’iceulx deniers selon les estatz qui en seront fait/ par vous, general desdictes finances en iceluy pays de Normandie, en rapportant par eulx ou l’un

d’eulx cesdictes présentes ou vidi mus d’icelles, fait soubz scel royal, sur leurs comptes , avec qulctances sudisantes de ceulx à qui ilz auront faitz lesdicts payemens , et Testât de vous general seullement, et sans ce qu'ilz soient tenuz rapporter aucunes lettres de tauxacions de nostrcdict seigneur et filz ne de nous, desdicts gaiges, voyages et fraiz dont les avons relevez et relevons, en usant de nostredict povoir et regence, par cesdictea présentes, età iceulx deniers payer et-fairc souffrir et acomplir ce que dessus est declairé , contraignez ou faictes contraindre tous ceulx qui y auront esté assiz et imposez, lesdicts termes escbeus et passez reaument et de fait, ainsi qu’il est acoustumé de faire pour les propres debtes et affaires, du Roy nostrediet seigneur et filz; et tout au surplus par la forme et maniéré qu’il est contenu et declairé en la commission qui a esté dernièrement envoyée -pour mectre sus et imposer les deniers desdictes tailles d’iceluy pays pour cestedictc année. Car tel est nostre plaisir,- nonobstant oppositions ou appellacions, clameurs de haro et doléances, privilèges, affranchissements, exemptions et autres choses quelconques de ce faire, en usant de nostredict povoir et regence , vous donnons povoir, auctorité, commission et mandement especial; mandons et commandons, en usant d’iceluy nostre povoir, à tous les justiciers, ofQciers et subgeetz du Roy nostredict seigneur et filz, que à vous en ce faisant obéissent et entendent dilligemment, prestent et donnent conseil, confort, ayde et prison , si mestier est et requis en sont.

Donné à Bloys,, le xvi* jour de fe>Tier, Tan mil cinq cens vingt et cinq. . .

• . - LOYSE

Par MadaUie; regente en'France,' au conseil do Roy estant avec madicté dame ,

Gbdotn.

SECTION IV. — DÉLIVRANCE DU ROI

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