‹ Captivité du roi François 1erChapitre 194 sur 268 · LIEUTENANT · texte numérisé non relu

LIEUTENANT

De par Madame, regente en France.

On faict à sçavoir qtie bonne, seure, loyale paix, amitié, fraternité, confœderation et alliance est faicte, tralttée, conclue et jiuée, promise et accordée entre l’empereur, roy des Espagnes, d’une part, et le Roy nostre souverain seigneur, d’autre, leurs royaulmes, pays, terres, seigneuries et sul)jccts; et peuvent les subjects d’une part et d’autre aller, fréquenter, converser et marchander seurement et saulvement les uns avec les autres, par terre, mer et eaulx doulces, sans ce que, au moyen des marques et repressailles, ils ou leurs biens, denrées, marchandises, vaisseaux et navires puissent estre prises, arrestées ou empeschées en quelque sorte et maniéré que ce soit, si ce n’estoit entre ceux qui auroient faict et commis les maux et pilleries dont il serolt question ez dictes mai'ques, contremaïques et représailles, ainsy que plus à plein est contenu audict traité de paix. Parquoy est mandé et commandé de par madicte dame la regente en France , en vertu du pouvoir et autliorité de regence à elle donné et concédé par ledict selgneui-, à tous les justiciers, officiers et subjects

SECTION IV.— DÉLIVRANCE DU ROI. m d’iceluy seigneur, que à ce ils ayent à obéir et faire obéir, et ladicte paix, amitié, fraternité, confœderation et alliance faire publier, entretenir et faire entretenir, garder et observer chascun en leur endroit , sur les peines, confiscations et amendes en tel cas requises.

Faict à Authun, le douzième jour de febvrier, l’an de grâce m v' xxv.

LOYSE

Gkdoyn.

N* CCXXXVl. — LETTRE DE MADAME LA RÉGENTE AU PARLEMENT

DE PARIS

Elle se plaint de ce que le parlement a défendu aux ofliciers du Roi de lever les subsides demandés

par la ré^'ente.

[ Dluil ( 15 février 1&2C. j

A NOS TRÉS-CHERS ET BIEN AMEZ LES GENS TENANS LA COüR DE PARLEMENT

À PARIS

De par Madame , regente en France. •

Très-chers et bien amez, nous avons esté advertle que vous avez fait inhibitions et défenses aux ofliciers du Roy nostre très-cher seigneur et fils, à Bourges, de ne lever et cueillir les deniers de l’ayde et de subvention octroyée audict seigneur par les gens de l’eglisc dudict Bourges, pour subvenir à ses urgens et pressez affaires; desquels deniers nous avons pleçà faict estât, et iceux ordonnez estre employez au payement des gens de guerre et autres offices très necessaires, qui à faulte d’avoir receu les deniers desdlcts aydes et subvention, au moyen de vosdlctes inhibitions et defenses, sont demeurés et n’ont pu sortir leur eflcct, qui pourrolent causer et engendrer quelques gros desordres et inconveniens difficiles à reparer : dont nous avons bien voulu vous advertir, à ce que vous ostiez et faciez cesser lesdictes inhibitions et defenses et empeschemens par vous donnez auxdits officiers,

et que à Icculx officiers vous donniez tout ayde et faveur, avec les contrainctes requises et necessaires, afin que promptement lesdicts deniers se puissent et en bref recouvrer et recevoir sans aucune contradiction, et que n’ayons cause et occasion de plus vous en escripre, ne d’y pourveoir par autre voye , où ne prendrions plaisir. Si n’y faicles faulle.

Donné à Blois, le quinzième jour de febvrier m v' xxv.

LOYSE

Gbdoïs.

N* œxxxvil. — LETTRE DU ROI A MADAME LA RÉGENTE. ENVOYÉE PAR M. DE SELVE, PREMIER PRÉSIDENT.

Il espère être bientôt auprès de sa mère. — Le porteur est inrormë de toutes choses et de son

intention.

Ce mauvais homme, madame, s’en va par devers vous, duquel ne vous escriray point le service qu’il m’a fait icy, espérant bientost le vous dire moy-mesme. El pour ce qu’il est bien au long informé de toutes choses, et de mon intention, ne vous ennuyerai de ma mauvaise lettre, sinon pour prier le Createiu’ vous vouloir donner à jamais le contentement que vous desirez.

Vostre très humble et très obéissant 6Is, FRANÇOYS ».

' Une lettre de la Barre, écrite k madame la régente, renferme de curieux détails sur les derniers temps de la prison du Roi À Madrid , au mois de février. Elle a été publiée par l'éditeur des Lettres de

Mai^erite d'Angoulème ( i" recueil). On peut aussi consulter, sur ce même sujet, une très-gracieuse lettre de Charles-Quint à madame la régente, publiée par le D' Lanz, ouvrage cité, p. iga.

SECTION IV. — DÉLIVRANCE DU ROI

N* CCXXXVllI. — LETTRE DE LÀ DUCHESSE D’ANGOULÈME AU ROI.

Prochaine déli^Tanco du Hoi. — La duchesse part pour aller au devant de S. M.

Monseigneur, estant certaynement asseurée de ce qui touche vostre delyvrance par la venue du mareschal de Monmorancy, je n’avoys chose qui me tynl en peyne et doubte que vostre santé , de laquelle il vous a pieu me mander de sy bonnes nouvelles, par le demyer courryer, que cela me aydera byen à fayre la dylligence de mon voyage , laquelle a esté et sera telle que vous dyra ce porteur, tpae s’en va sy byen instniyct de toutes choses, qu’il me semble que vous serez satysfayt, en actendant l’heure de l’heur de vostre, etc.

LOYSE

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