N* CCXXXV. — EXTRAIT DES REGISTRES DU PARLEME.NT
Ordre de madame la rdgente pour (aire publier la paix conclue à Madrid entre le roi de Franee
et l'empereur.
( Da 13 de février 153C. ]
Ce jour, M* Gilles Maillart, lieutenant criminel dti prevost de Paris, est venu en la Tournelle criminelle , pendant la playdoierie, qui a dit : que Madame, mère du Roy, regente en France, a escript au prevo.st de Paris pour faire publier la paix faite entre le Roy et l’empereur, comme la Cour pourra veoir par sesdictes lettres; mais il ne l’a voidu faire sans en advertir ladicte Cour, et sans qu’il soit par elle ordonné. Et ce faicl, a exhibé lesdites lettres, desquelles lettres la teneur s’ensuit :
De par Madame, regente en France.
Très chers et bien amez. Puis nagueres, par la bonté de Dieu nostre créateur, bonne, seure et loyale paix, amitié et fraternité, confœderation et alliance pei'peluelle a esté faicte, traittée et conclue, jurée, accordée et promise entre l’empereur, d’une part, et le Roy nostre très cher seigneur et fils, d’autre, leurs royaulmes, pays, terres et seigneuries et subjects; moyennant icelle, la personne du Roy nostredict seigneur et fils, qui est prisonnier, comme sçavez, es mains dudict empereur, doibt estre en brief mis à pleine délivrance; laquelle paix, il est besoing de faire notifier et publier, principalement eh la ville de Paris, en maniéré que nul n’en puisse prétendre cause d’ignorance.
Sy vous mandons et commandons expressément, en vertu du pouvoir, authorité et regence à nous donnée et concédée par le Roy nostredict seigneur et fils, que incontinent la présente reçue vous faictes faire ladicte publication, selon la fonne que nous vous envoyons cy close. Et au surplus, pour ce que c’est une chose dont chascun doibt rendre grâces, prières et louanges à Dieu nostredict créateur, et que
espérons qui succédera au bien, repos et soulagement de nostre royaulme, et des bons et loyaulx subjeclz d’icelluy, faictes-en faire les prières, processions et autres choses en tel cas accoustumées, si jà ne l’avez falot, par les gensd’egllse et clergez de ladicte ville de Paris, lesquelles, par cesdictes présentes, nous prions et requérons trèsinstamment de ce faire pour remercier nostredict Créateur et sa glorieuse mère, de la grâce qu il nous a faite d’avoir ladicte paix, et à ce qu’ils veuillent tousjours en garde et protection avoir cedlt royaulme , et pour le salut et prospérité de nostredict seigneur et fds.
Donné à Autun, le douzième jour de février l’an m v*^ xxv.
LOYSE
Gedoyn.