CHANSON EN VERS AI.EXANDRINS
J’ay le désir content et l’efTect résolu ;
J’ay le sçavoir certain : car Amour l’a voulu.
Par quoy je tiens mon bien de l’beureuse pensée,
En très bien la gardant qu’el ne soit offensée Dont {)Our ma liberté à aultruy m’abandonne :
Qui le moins de son plus trop myeulx que moy me donne.
Las! quant je pense l’heur de l'eflect du désir.
Je congnoys le celer augmenter le plaisir :
Heureuse afiéction de nous tant estimée,
Du serviteur servie, et de l'amy aymée !
Qu’en vivant sans tel bien auroit ung tel pouvoir Trouver mort en la vie et regarder sans veoir.
Je vous supply. Fortune et variable Temps,
Arrestez vos effcctz : car ce que je pretendz N’est subgect, par obly, par longueur ny absence,
Obeyr au travail de vostre grand puissance.
Puisque content vouloir faict vivre l’esperlt.
Contentez-vous du corps, si par vous il périt.
' La gardant pour mon liciir, que ne soit oiTencée. Ms. d« Congé.
SECTION IV. — DÉLIVRANCE DU ROI