N* IX. — LETTRE DU KOI AU MARÉCHAL DE MONTMORENCY
Le Roi témoigne sa satisraction à M. de Montmorency de scs bons services, ainsi que de ceux des personnages qui sont sous scs ordres. — Itinéraire du Roi.
(MuuMqae , C octebr* 1S24.)
Monsieiu' le mareschal , j’ay veu la lectre que vous m’avez escrite d’hier matin , et par icelle entendu le bon traictement que vous faictes à noz ennemys , et les s" de Bussy et de Clermont de leur costé , lesquelz font si bien leur devoir qui n’est possible de mieulx; dont j’ay bien cause d’estre content d’eulx, de vous, du s*” Phederich de Bauge, du cappitaine la Clayette , seneschal de Roueigue , et gens de bien qui sont avec vous; vous priant tous les remercier de ma part, les asseurant que je recongnoistray cy- après le service qu’ils me font, ensemble à l’evesque de Digne, auquel j’espere changer son evesché à ung meilleur, comme il mérité. Au demeiurant, je vous prie que vous continuez à tousjoiurs faire de vostre part, et mander ausdicts de Bussy et de Clermont qu’ilz facent de leur costé ausdicts enne-
mys tout i’ennuy et dommaige qu’ils pourront, comme a esté faict jusques icy , tant que l’on pourra les suy vre. Et quant vous et les gendarmes ne pourrez plus les suivre, advisez d’y envoyer tousjours quelques chevaulx ligers et hacquebutiers , et regardez de prendre le chemin que verrez plus aisé et commode pour passer la montaigne; vous advisant que je suis venu coucher en ce lieu de Monasque. Demain iray à Pertuys, et samedy à Sisteron, et seray mardi à Ambrung et le lendemain à Gudlestre ; et feray la meilleure dilligence que je pourray pour passer de delà.
Le mareschal de Chabannes avec les gens de pied font semblablement dilligence. Je vous prie de continuer à me faire chascun jom’ sçavoir de voz nouvelles et de ce que feront nozdicts ennemys, et je vous feray le semblable de mon costé, vous asseurant que si mesdicls ennemys ne font meilleure dilligence, que j’espere gaigner le devant et estre plus tost que eulx de delà la montaigne.
Et à Dieu, qui vous ait en sa garde.
Escript à Monosque, ce vi® jour d’octobre.
FRANÇOYS
Et plus bas, DE Neufville.