‹ Captivité du roi François 1erChapitre 28 sur 268 · N* XV. — LEITRE DU ROI A L’AMIRAL BONNIVET · texte numérisé non relu

N* XV. — LEITRE DU ROI A L’AMIRAL BONNIVET

Les maréchaux de Chabannes, de Montmorency et le marquis de Saluces devront s’assembler et délibérer sur le parti qu'il y a i prendre pour arriver le plus t6t vers les ennemis. — Il faudra avertir le duc de Savoie du chemin que l'on prendra. — Itinéraire du Roi et des troupes qu'il commande.

(BrUo^n, 14 octobrt 15S4| l nianit. ]

-Mon Cousin, ce soir ay receu vostre leclre du jour d’hier, es-

cript à et allez coucher à Sainct- Pierre : aussy ay veu

les deux lectres que m’a escriptes mon cousin le marquis de Salluces, du xij* et xiij* de ce moys, à Cony : lequel s’acquicte si très bien pour mon service que n’est possible de mieulx. Et pour ce, mon cousin, que avant que receuz ceste présente, je croy que messieurs les mareschaulx de Chabannes et de Montmorancy et vous, avec vos bandes, serez joinetz ensemble, je vous prie que tous ensemble , et mon cousin le marquis de Salluces , advisez du chemyn que devrons faire pour aller droict où serons noz ennemys, desquelz je vous prie que chascun me^c peine d’en savoir des nouvelles du chemyn qu’ils tiendront et de leur delliberation , s’il est possible de le savoir, et de tout me faictes savoir ce qu’en aurés entendu, et quel nombre de gens ils seront retournez ensemble de la Prouvence. Ensemble, du chemyn qu’il vous semblera que devrons tenir et faire quant serons assemblez, pour aller trouver lesdits ennemys; et dudit chemyn que devrons faire , vous fauldra advertir le duc de Savoye à ce qu’il envoyé en toute dilligence commissaires le long dudit chemyn pour

donner ordre aux vivres, et que de vostre costé vous y envoyez semblablement commissaires avec les siens, à ce qu’il se face meilleure dilligence, vous advisant, au demourant, que je suis icy présentement arrivé,, délibéré demain aller coucher à Pragcllc, où je vous prie que au seoir, s’il est possible , j’aye de voz nouvelles , et la conclusion que aurez prise du chemyn que devrons prendre tous ensemble, ou le lendemain matin, que j’espere aller coucher dudit PrageUes à Pinerol.

Je faiz marcher devant moy les lansquenetz , qui couchent aujourd’uy audit lieu de Pragelle; et quant et moy viennent les adventuriers françoys, et plusieurs compaignies de Françoys et les genlilzhommes de ma maison , et à une journée derrière sont les Suysses , lesquels m’ont mandé qu’ils se trouveront aussy tost que moy à la pleyne , ou incontinent après.

Qui sera la fin pour ceste heure. Geste présenté servira pour vous et lesdits mareschaulx de Chabannes et de Montmorancy. J’escriptz une lectre audict marquis, luy faisant responsc aux siennes, que je vous prie lui faire bailler.

Et à Dieu, mon Cousin, qui vous ait en sa garde.

Escript à Briançon , ce xiiii' jour d’octobre , à myuuyt.

FRANÇOYS

Et plus bas, PB Necfville.

N* XVI. — LETTRES PATENTES DU ROI QUI RENOUVELLENT LES POU- VOIRS DE, RÉGENTE PRÉCÉDEMMENT ACCORDÉS A MADAME LOUISE DE SAVOIE, SA MÈRE. (Voyez document n* I.)

{Pign«roli 17 octobre 1524. |

Françoys, par la grâce de Dieu, roy de France, à tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Comme l’année demiere passée nous eussions dressé nostre armée et entrepris le voiage, avec grant nombre de noz bons et loyaulx subjeetz et autres de noz amys, alliez

30 CAPTIVITÉ i)U ROI FRANÇOIS T.

et coiilederez, pour l'ecoiivrer nostre duché de Millau, et autres not s

terres et seigneuries delà les monts à nous surprises et usurpées par j

noz enuemys et adversaires, et à ceste cause, poiur subvenir aux 3

allnires tant de nous que de noz suhjecU de nostre royaume , Daul- <

phiné, Provence, que autres nos pays, terres et seigneuries de par ;

deçà , eussions eslablye regenle nostre très chere et très amée dame ^

et inere, en tent tel povoir, grâce, auctorité et preeminence que ,,

nous eussions peu faire, ainsi qu’il est plus de plain contenu es lectres par nous sur ce decemées, verifieez en nostre court de parle- ^

ment et chambres de noz comptes ; lequel voyage , pour la conspiration faicte à l’encontre de nous par Charles de Bourbon, avons différé jusques à présent que sommes délibérez icellui acomplir, moyennant la grâce et ayde de Dieu, ou bien, honneur, prouffit et exalta- •<

cion tant de nous, de nostre royaume, pays, terres et seigneuries, que de noz bons et loyaulx subjeetz : Savoir faisons que Nous, pour les inesmes causes contenues esdictes lectres que lors furent par nous decemées, avons voulu et ordonné, voulons et ordonnons de nostre certaine science, propre mouvement, plaine puissance et auctorité, ,

que noslredlcte dame et mere soit et demeure regente en nozdictz royaume, Dauphiné, Bretalgne, Provence et autres noz terres et seigneuries, tant par terre que par mer, pour user du pouvoir contenu en nosdlctes lectres, vérification et entretenement d’icelles, tout ainsi que si elles estoient par nous octroyées le joiu- et date de ces présentés; et que tout ce qui sera par ellefaict, commandé, ordonné et '

octroyé, soit d’un tel elléct, force, vertu et vigueur que s’il avolt esté *

par nous faict, commandé et ordonné, sans ce que sur lesdictes présentés soit besoing prendre vérification ne expedicion en noz cours de parlement, chambres de noz comptes ne ailleurs, ains nosdictes lectres jà octroyées comme dict est et vérification d’icelles, ensemble nosdictes présentes sortir leur plain et entier effect jusques à nostre <

retour en nostredict royaume. Mandons en oultre à iceuht gens de nosdictes cours de parlement, chambres de nos comptes, nos iieutenans es provinces de nostredict royaiune, pays et seigneuries, bailliz,

seneschaulx, maires, eschevins, consulz de villes, capitaines de gens de guerre, et à tous noz autres justiciers, oHiciers et subjectz, que tant à nosdictes lectres jà octroyées que à cesdictes présentés, ensemble k tout ce qui sera commandé , ordonné et octroyé par nostredicte dame et mere, obéir, entièrement acomplir, garder et observer sans enfraindre : car ainsi nous plaist estre faict. En tesmoing de ce nous avons faict mectre nostre seel à cesdictes présentes.

Donné à Pignereul, le dix-septiesme jour d’octobre, l’an de grâce mil cinq cens vingt-quatre S et de nostre régné le dixiesme.

FRANÇOYS

Par le Rov, Robkrtrt.

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