‹ Captivité du roi François 1erChapitre 29 sur 268 · N’ XVII. — PRISE DE MILAN PAR FRANÇOIS I". A LA MI-OCTOBRE · texte numérisé non relu

N’ XVII. — PRISE DE MILAN PAR FRANÇOIS I". A LA MI-OCTOBRE

[Saiol*Ja»t4et*LjoQ • 28 octobre 1524.]

Vous avez entendu les nouvelles que depuis six jours nous estoient venues de la part du Roy, de la grande diligence qu’il avoit fete pour s’approcher de Milan, et cornant ceulx de ladite ville avoient envoyé au devant de luy luy porter les clefs et luy offrir toute obeyssance; aujourd’huy, Madame a receu lettres dudit seigneur par lesquelles il luy faict entendre conune , le lendemain que ceulx dudit Millan furent devers luy, le capitaine Rançon qui est avec le vis-roy de Napples,

' Ces lettres patentes furent cnregistnies au parlement le 3o norembre suivant.

’ C’est par erreur que l'éditeur des lettres de Marguerite de Navarre indique la prise de Milan comme ayant eu lieu en septembre (a* recueil, p. 277).

Marguerite d’Alençon, dans une lettre adressée à l’évèque de Meaux, pariait ainsi qu’il suit de la prise de cette ville: « Le roi, par toutes les lettres qu’il a escript à Mn- * dame, ne fault k l’article d’en sentir tout

venir du Tout-Puissant, disant que nul n’en doit ou peult prendre gloire: car il n’est en la puissance de raison de pouvoir entendre telle armée et artillerie en si peu de temps passer tels chemins , et que , sans estapes , n’ont eu faulte de pain , mais abondance et à bon marché ; les rivières gaiables, que à tard se voit; la ville de Milan forcée (les ennemis fuis dehors] sans estre pillée; leurs gens battus, nuis des iiostres morts, etc. (i" recueil, p. 174).

32 CAPTIVITI-' DU KOI FRANÇOIS I".

entra audit Milan avec cent chevaulx, et fit entendre à ceulx de ladite ville que ledit vis-roy, Charles de Bourbon et le marquis de Pesquere y venoient aujourd’hui avec toute leur puissance, délibérez de la defendie et garder; et de faict cinq ou six heures après les dessusdicts y arrivèrent et y entrèrent par le cbateau, tellement que ceulx qui desjà tenoient et gardoienl les portes de la ville pour le Roy, furent contraincts de les babandonner, etbientost après le Roy, qui estoit à Biegras, fut adverty du tout, qui se trouva bien esbahy et loing de son compte : car il avoit depesché le seigneur Théodore pour aUer audict Millan, avec trois cens hommes d’armes et vi“ hommes de pied, pour tenir la ville en seureté ; et bien luy print qu’il n’estoit encores party, car s’il eust esté audit Millan à l’arrivée des ennemys, il eust esté en danger d’estre deffaict avec sa compaignie , et Dieu scet si le demeurant se fust trouvé bien estonné.

Or est-il advenu que le Roy, après avoir eu le conseil de tous ses capitaines, se délibéra de marcher toute la nuict avec toute son armée jusques devant les portes dudit Millan , où il se trouva de bon matin , et, selon qu’il avoit esté advisé, son armée feut departye en trois lieux et cbauldement l’assault fut donné à ceulx de dedans, en maniéré que après eulx estre aucunement detfenduz du grant effect et de la grande dilligence que le Roy et son armée faisoient pour entrer dedans, qu’ils ont esté contraicts de bientost après babandonner la ville et s’en sont allez à la fuite * par la porte Comèse et Rommaine pour eulx se sauver vers Laude. Mais ce n’a pas esté sans y laisser tout leur baigaige et cent muiez chargez de pouldres, et aussi toute leur artillerie qu’ils avoient laissé derrière, car ils estoient venuz en grant dilligence, et à la queue beaucoup de lem* gens tuez par le marquis de Saluce et

' Le vice -roi de Naples expliqua ainsi qu'il suit à Cliarles- Quint sa retraite forcée de Milan, par une lettre du 5 décembre 1 5a4 : « . . . Sire, je vous averlys de tout ce qui s’est fait depuis que le roi de France arriva en Ytalie, et les rcsons pourcoy fumes à Milan, et aussi pourcoy la

lessames , qui fut le bien de vos affaires. Et si le roy de France en a fait sa grande réputation , n’est point tout ; car il n’a autre chose que sela desà le Thesin — L'on a soutenu cet affaire le mieus que l'on a pu , et mettrai peine la soutenir. * (Lanz, Correspondenz des Kaisers Karl V, p. i4S.)

sa compaignie, qui avoient déjà gagné l’endroict de leur yssue. Le demeurant de toute l’armée n’a point marché après, car il ne se povoit faire sans passer par dedans la ville, et le Roy, pour saubver que ladite ville ne fust pillée , s’est arresté siu' cul au dehors avec tous les lansquenetz , et a tant faict que personne n’y est entré à la chaiilde ; mais pars après, monsieur de la Tremoille y a esté mis dedans avec III® hommes d’armes et viii“ hommes de pié, et y est pour la garde et seureté de ladite ville ; tout le demeurant de l’armée est à présent à la queue des ennemys , et croyez qu’on les suit de près , et esperc , Dieu aydant, que maintenant le Roy se peult dire maistre et seigneur de la duché. Ledit seigneur escript que jamais il ne se vit si bien accompaigné de gens, tant de cheval que de pié, ne plus affectionnez de le servir et faire faietz d’armes qu’il est maintenant, et vous promeetz que par ses lettres il en rend grant louange à nostre Seigneur. Or je r ay prié de ma part, et de tout mon coeur, luy estre en ayde, et conduire ses affaires à son honneur et gloyre et au bien et exaltacion de son royaume et subjeetz, et nous en aurons nostre part.

A Sainct-Just-lez-Lyon, le xxviii® jour d’octobre’.

N* XVllI. — EXTRAIT D’UN JOURNAL DU RÈGNE DE FRANÇOIS 1".

(Manuscrit de la Bibliothèque royale’.)

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