D’ANGLETERRE
Mous, l'ambassadeur, par mes dernières lettres vous l’arrivée de messires Grégoire de Cassai, et comme il m’a ba
de par le roy d’Angleterre et monsieur le légat : ledict messire Grégoire partlst de ce lieu, il y a quatre jours, ne sçay qu’il fera. Le
grant désir que j’ay est des cinquante mil ducats , car les
<lu pape se mayvent de plus en faveur du roy de
Le camp de l’empereur est venu loger en ce lieu, à ung petit mille «le Pavye, et est logé le camp du roy de France là où a toujours esté, qtii est entre Pavye et nous; et sommes si prez de l’un et l’autre.
que les ennemys oyent les crys que les piétons au guect,
notis le letir, et se voyent les gens des deux camps ; et se leur
camp ne fust fortiffié se fort qu’il est, nous eussons jà combattu/, ou ils se feussent levé de là.
Le joiu* que arrivâmes en ce lieu , Anthoine de Lieve firent
une sallye sur les ennemys, qui estoient logez au bourg Sainct-
Salvator, et fisrent se bien les nostres qu’ilz tuerent de cinq
cens hommes. Ledict sieur Anthoine me demanda de la p
laquelle je luy ay envoyé, et entra, devant hyer, dedens Pavye : ce que n’a pieu aux ennemys. Nous mecti'ons payne de faire nostre devoir pour les tyrer hors de leur fort, et leur donner la bataille en jeu party, et de demourer entre Pavye et nostre camp auront assez afi'ere. Depuis tiois ou quatre jours, nos gens ont faict grand dommaige aux ennemys; car noz couleuvriniers espagnol/ sont de si bon vouUoir, et sçaivent si bien leur mestier, que les ennemys n’y ont gaigné jusques à ceste heure.
Monsieur l’ambassadeur, j’ay, depuis mes dernieres letti’es , receu les vostres du xvi* du moys passé, aussi Madame m’a envoyé le double des lettres que vous escripvez à l’empereur, et bien entendu le contenu d’icelles, dont vous mercye. Je vous prye me mander souvent de vos nouvelles, et de jour en jour vous advertiray de ce que surviendra , m’advisant au surplus , s’il y a chose que puysse fere poujvous, m’y employerai de bon cœur, aydantDieu ; auquel prie, monsieur l’ambassadeur, vous donner bonne vie et longue.
Du camp de l’empereur, à une petite mille de Pavye, ce x* de février xv® xxiiii.
Le tout vostre bon ainy.
Chaalbs de LANNOY *.
* Archives d'Angleterre. Ce document viennent de la même collection, souffert a aussi , comme les précédents qui pro- dans l’incendie de la Tour de Londres.
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