N’ XXXVIII. — BATAILLE DE PA\1E
CROMQIES EN RIMES DE l’LLSIElIRS CHOSSES ADVENUES ÈS PAIS DE FRANCE, D’ANGLETERRE, D’YTALIE, ETC. PAR MCAISE l.AD.AM (dIT GRENADE), ROY D’ARMES DE L’EMPEREUR [cHARLES-QUINT] *.
Extrait relatif à la baUiilIc de Pavie.
Laissons les grans efirois d'Artois et sur la Some , De tous costez sont frois, on n’y frape n’a.some. Venons oultre les mons, et voeuUons bien entendre Les merveilleux semions sans longuement attendre.
Le roy François se tient en bataille fermée;
Cent mille hommes .soubtient, bien paiant leur souldée, Guidant Bourbon lasser ne fet point de sallie :
L’hotnme a bien à penser sur chose mal taillie.
Bourbon voit ses enclos bien gardé par puissance. Ses gens d’armes bien clos pour éviter nuisance; Tant attendre ly nuict: les François faict escoure; En veillant joiu* et nuict il faict coure et racoure.
Trois jours incessament le camp françois travaille :
a danger que ne le retrouverez plus. Je ne dis ceci pensant que vostrc majesté doive laisser passer le temps sans en faire vostre prolFit , mais seulement pour mon devoir. . . Sire, M. de Bourbon s’est bien acquitté et a fait bien bon devoir... Sire, la victoire que Dieu vous a donné a esté le jour S‘ Mathias, qui est jour de vostre nativité.
« Du camp, là où le roi de France estoit
logé, devant Pavie, le a5 février i5a5.
.CiiABLw DE LAN.NOY..
(Lanz, Correspondenz des Kaisers Karl V, p. i5i.)
' Cette chronique a été tout nouvellement acquise par la Bibliothèque royale.
La position de l'auteur auprès de Charles- Quint donne <|uelque intérêt à cette relation inédite.
CAPTIVITÉ DU ROI FRANÇOIS I^ France ne scet comme Bourbon en ce point veille; Comme prince asseuré disposse la bataille,
En arme presparé tant d’estocq que de taille.
Tout mis sus les bazars des Allemans faict pointe Et puis des Espaingars tenoit son esle jointe.
Lanoy, lors vice-roy, condui.ssoit l’advan-garde Et Pisquaire en aroy menoit l’arriere-garde.
Bourbon garde et conduit la bataille en sa force; France pour le déduit à son pavis s’enforce. Trompeté font au son serrer gensdarmerie Et bucquier à façon toute l’artillerie.
1/armée de Bourbon combat à telle oultrance Que par son povoir bon gaingne le fort de France; Les lansquenez font fer, les Suisses font raige ;
Jamès dialdes d’enfer ne firent telle ouveraige.
Bourbon entre dedans, son avant-garde marce; France tramble des dans, la bastaille desmarce.
Les Espaingnars de prins l’artillerie ont prinse ,
Et Bourbon bien apprins feumit son enlreprinse.
Suisse sont tous mors : Bourbon crie victoire !
France faict les remors perdans le territoire.
Les François .sont espars, l’ung tué, l’aultre prins, Jamès clerc pour ses pars ne lut ainsy reprins !
Courant, cercant, traçant en victoire formée Le roy François, puysant, fust prins la main armée. Non point à fer de lance, car à piet s’esloit mis, Mais cai^iet par vaillance d’aulcuns ses enemis.
Alors fut prins François faissant armes cruelles ,
Par Carlles de Lannoy, seigneur de Senezelle,
Estably vice-roy pour l’empereur à Naples,
De vertueux conroy les haulx tiltes notables.
Ce hault roy demouré par fortune diverse,
Prestement fut mené à sa partie adverse :
C’est le duc de Bourbon ajoinct au Saint Empire,
Puisque le sancq est bon, le corps n’en vault point pire.
Le cief est prins, hellas! France, quelle adventure!
[..es membres sont bien las de la desconfiture.
Où estes-vous les pers de France mis en ordre.
Du vray sancq les expris et chevalliers de l’ordre ?
Quatre pers temporelz et vostre baronnie ,
Vos princes naturelz et vostre artillerie.
Vos rices trésoriers, vostre grosse condulcte Et vos adventurlers sont mors et mis en fuite !
11 fault cercler apprez savoir quy est en vye;
Sur les mors loing et prez n’y doibt avoir envye.
Assez poeult estre crut qu’en brief tamps Dieu laboure Et que cent ans acreut tout se paie en une heure.
Tout procédé de Dieu, ce cpi’ilvoult il le donne;
Car en tamps et en lieu il appointe et ordonne.
L’homme falct les debas; mais il est tout notoire Que du hault et du bas Dieu donne la victoire.
Pour ung duc de Bourbon quel bruit et quelle gloire !
Se poeult en ung boui^ bon pose mestre et enclaire D’avoir à son franc cris prinses mis en souffrance
Le roy nomé Françoys et tout l’orgeui de France!
Allin que tout ehascun puisl avoir congnoissancc De ce quy est comim et vcu à soufisance.
Tant des inoi-s que des prlns, j’ay vollu meslre en prose Ft ung brlef y comprins pour csclarcir la glosse