‹ Captivité du roi François 1erChapitre 52 sur 268 · CHANSON · texte numérisé non relu

CHANSON

Quand chanteras, pour ton ennuy passer.

Ce triste escript d’ennuyeulx parlement.

Je te supply que tu vueilles penser N’estre au monde qu’un seul parfaict amant. Qui est bien seur, si vraye Amour ne ment , Que poiu* jamais * auront heureuse vie Par fermeté et l’amy et l’amye.

Pour obeyr 4 l’bonneur et debvoir,

Esloigner fault toute félicité

Et tout le bien qu’en ce monde puys veoir.

Si seur n’estoys de ta grand fermeté :

Car bien je sçay que point n’ay mérité T en souvenir : mais tu me fais ce bien De me tenir à toy plus que myen.

Que deviendra l’esperit tant lassé En esloignant le seul bien de s» vie *>■

Tant de malbeur il auroit amassé.

Que plus n’auroit de vivre trop envye.

Si ce n’estoit le bien et l’heur, amye.

De ta grâce, qui a tant de pouvoir.

Dont seur je suis en faisant moa> debvoir.

Mais si Amour cause la souvenance

’ Qu'à tousjours mais auront. Ms. de Congé.

Et Loyaulté digne est d’eternel bien,

Ces deux feront encontre Ennuy defiense.

Parlant pour moy si tost je ne revien ;

Car pour jamais ce seul vouloir retien Pour tout mon bien présent et advenir,

Aultre que tien jamais ne devenir.

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