‹ Captivité du roi François 1erChapitre 69 sur 268 · N‘ XLV. — LETTRE DE MONSIEUR DE LA BARRE. BAILLI DE PARIS · texte numérisé non relu

N‘ XLV. — LETTRE DE MONSIEUR DE LA BARRE. BAILLI DE PARIS

A MADAME D’ANGOULÉME.

Le Roi eat fait prisonnier. — Alarcon est chargé de le garder. — Il est très-bien traité. — Le Roi prie la régente d'écrire une lettre de renaerciment à Alarcon. — Le Roi demande de l'argent et de la vaisselle d’argent. — Il ne mange que du poisson, ce qui lui est fort contraire. — Il jeûne quelques jours de la semaine. — Le Roi ne sait pas encore oû il sera conduit. — Babou et son argent sont sauvés. — Ils sont à Plaisance.

I D* Piisighitoa* . 4 nun 1625. )

Madame, vous avez sceu par Monpesat la perte de la bataylle puys- (ju’ll a pieu à Dyeu, aussy qu’il luy a pieu sauver le Roy, qui, grasses à Nostre Seigneur, est en sy bonne santé qu’il n’est possible de mylleure, et a bien bonne e.spercnce, avec l’ayde de Nostre Seigneur et la vostre, sortyr de bref de pryson. Il est entre les mayns du cappytaine •Alarcon, que, vous asseure, madame, le trette aussy bien qu’il est

' Ce document a déjà été publié. On' comme il l’a dit au commandeur Pigna-

losa pour le vous dire. Sire, vous estes bien tenu à Dieu de vous avoir donné vostre ennemi entre vos mains; je mettrai peine d’en faire si bonne garde que vous en rendrez bon compte. » ( Lenz , Corrttpondenz des Kaisers Karl V, p. i5a.)

’ Cette lettre est publiée dans les Papiers d'Etat du cardinal de Granvelle , 1. 1, p. a6o.

le trouve aussi dans le tome I des Papiers d'État du cardinal de Granvelle, p. 26G. ( Collection de documents inédits du ministre de l'instruction publique. )

Le vice-roi de Naples écrivait à la même époque à Charles -Quint au sujet du roi captif :

• Sire, le roy de France me a parlé de sa prison, ayant espoir en vostre vertu.

SECTION II.— CAPTIVITÉ EN ITALIE. 133 possyble jusques ycy, et m’a commande ledit seigneur vous mander qu’il vous prye que luy escripviez quelques mots en le remersyent du bon tretemcnt qu’il luy fet. .Aussy m’a dit qu’il vous playse luy fere envoyer quelque arçent et quehjue peu de vecelle d’argent , quar nous en avons besolng. Il m’a aussy commandé vous escripre qu’il vous envoyra de bref monsieur de Bryon qui yra en Espagne et monsieur le mareschal de Montmorensy qui s’en yra pour sa ranson.

Madame, sy vous plest, sy Biu’gansys et M* Jehan de Nymcs s’en estoyent retournez, il vous plera les renvoyer, et l’on leur envoyra leur sauconduyt de là où ilz le manderont. Je vous asseure que ledict seigneur en aura besoing. Il ne veult manger ny œufz ny autre chose que poysson, qui luy est fort contrayre, et veult jeûner (|uelques jours de la sepmayne*. Madame, nous n’avons guères de moyen de vous escripre sy ce n’est pour oquassion d’envoyer gens pour nos alferes. Madame, je envoyé se présent porteur Monlouy pour ma ranson qui est de m. escuz, et celiuy qui me print le doyt mener à saineté et ramener. Il rapportera bien se qu’il vous plera seurement.

Madame, je supplie à Nostre Selgneiu’, de bon cueur, vous donner très bonne vye et longue santé, et blentost veoyr le Koy, lequel ne set enquores où il sera mené.

De Pesquyjon, mj' mars.

Vostre très huinble et très oboyssent suget et serviteur,

DELABARE.

Madame, le trésorier Babou est sauvé, et est son argent à Plesanse.

' Aussitôt que la duchesse d'Angoulème et madame Marguerite d'Alcnc^on furent informées de cette manière de vivre du Roi , qui devait lui être funeste, la duchesse Marguerite s'empressa d’écrire au Roi son frère pour le supplier d’ahandonner les idées d'abstinence et le régime

qu'il avait adopté , trop contraire à sa santé. {Lettres de Marguerite de Navarre, a* recueil , publié pour la Société de l’hisloire de France, p. 38.) Nous n’avons pas connu l’autre lettre de la Barre dans laquelle il parle de tortue. On l’a citée sans dire à quelle collection elle appartient.

N* XLVI.~ LKTFHK DE LA DUCHESSE D’ANGOLLÊME ET DE MARGUERITE D’ALENÇON AU ROI PRISONNIER.

(Voyoi pl. I.)

Première lettre tie condoléance au Roi prûonnier, — On loue Dieu de lui avoir conservé thonnfur,

la tir ft Ui santé.

Ad ROY MON TRÈS REDOCBTÉ FfLZ ET SOUVER.AYN SEIGNEUR,

Monseigneur, je ne puis par meilleur endroit commencer ceste lectre, que de louher Nostre Seigneur de ce qu’il luy a pieu vous avoir tjardé Vonneur, la vje et la sente; dont, par rescripture de vostre main, il vous plaist m’aseurer; qui a esté en nostre trybulacyon tel confoil, (ju’yl ne se peust sufysemment escripre, et aus.sy de quoy vous estes entre les mains d’un tant homme de bien et duquel vous estes sy bien trayté, vous asseurant, monseigneur, que ayent entendu les chouses desusdictes, et qu’il vous plaist dellyberer de pourter vertueusement toutes les choses quy plest à Dyeu vous envoyer, comme Mompezat m’a aseurée, que ainsy de ma par je soiilyendré, celon vostre yntencyon et desyr, la fortune en telle sorte , poiu* le secours de voz petys enfens et afères de vostie roiaunie, que je ne vous seray ocasyon de vous adjoindre peyne daventayge, suplyant le Créateur, monseigneur, vous avoir en sa seynte protectyon, comme luy requyer de bon ceur

Vostre très humble, bonne mere et subjeclc,

LOYSE

' L'éditeur des lettres de Marguerite de Navarre, d’après lo recueil manuscrit de la Bibliothèque royale n° 373a,, Supp* français, a négligé cette lettre. On trouve

Vostre très humble seiir, M;U\GUER1TE *.

également dans la collection Doat de la même biblioUièque plusieurs lettres et actes officiels de la duchesse Marguerite, curieux pour l’iiistoirc de la vie de cette

V XLVII. — LETTRE DE LOUISE DE SAVOIE. DUCHESSE DANGOULÊME. MÈRE DU ROI. A LEMPEREUR. AU SUJET DE LA CAFFIVITÉ DE SON- FILS '.

(Première lettre.)

N» XLVUl. — LETTRE DE LA DUCHESSE D ANGOULÊME A MONSIEUR DE JARNAC.

Elle lui annonce la perte de la bataille de Pavie. — Lui donne ordre de se retirer à la Koclielli-, et de veiller à la conservation de la ville. — Le royaume a besoin de ses bons services.

(Sâiot-Jait’tor'Lyoo • 13 io«r« 152^.]

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