N* L. - LETTRE DU COMTE DE SAINT-POL AU MARÉCHAL DE MONT- MORENCY
li demande des nouvelles du Roi. — Dans sa prison il est sans argent. — 11 prie le Roi de lui en envoyer. — Il manque de tout et n'a personne à qui s'adresser. — 11 lui recommande le bailli de Paris.
I PavM, 17 mars 1525. ]
Monsieur le mareschal, je me recommande bien fort à vous. Le
porteur m’est venu advertir qu’il
' Le 4 mars, le pape adressa des compliments de condoléance à madame la duchesse d'Angoulémc, mère du Roi. par un bref daté de Rome. On en trouve le texte dans la Collection des traités de Léonard, tome II, p. 345. L'original est à la Bibliothèque royale.
’ Le texte de celte lettre est à la page 363 dti tome I des Papiers d'État * du cardinal de Granvclle. Elle porte, dans la copie que nous avons pu consulter, la date du 35 mars.
L’empereur promet de traiter honorablemen t son frère et prisonnier F rançois I", et proteste de ses bonnes intentions pour la paix générale. H enverra visiter le Roi , et lui faire quelques propositions pour
s’en alloit vers vous, par lequel vous
traiter de la paix. Cette lettre était accompagnée des instructions suivantes :
IN.STnOr.TIONS Aü VICE-ROl DE NAPLES.
« Par la lettre escritc à la dame regente en France, verrez que luy requérons que nous veuille envoyer ledict prince d’Orenge devers nous, et avons donné chaîne au s' de Reux qu'il vous fasse rapport de ce que ladicle dame regente luy dira et sur ce respondra à faire noslre intention. C’est que si ledict s' de Reux ne peult besoigner avec ladictc dame regente, que vous en parlez au roy de France; et luy roquerez de nostre part, conformement à la lettre que escrivons à ladicte dame sa mere, qu'il nous veuille rendre et ren-
SECTION II. — CAPTIVITÉ EN ITALIE. 137 ay bien vouUu escrire ceste présente, vous priant me mander par luy, ou le premier, comme se porte le Roy et vous aussy : de toutes nouvelles je suis encores malade en ce lieu de Pavye, où je ne vois nulle ordre d’en povoyr sortir; et sy y suys en la plus grande nécessité du monde, comme ung homme qui demeiu’e tout seul, et sans argent du monde, ny personne à qui on puisse recourir. Pour ce, vous prie qu’il vous plaize en advertir le Roy, à celle lin que s’il en est venu ou vient de France, (|u’il m’en fasse tenir, car je vous assure que j’en ay bon mestier. Quy sera la fin, et prie Nostre Seigneur qu’il vous tiengne en sainte garde.
De Pavye, ce xvii'jour de mars.
Je vous prie me vouloir recommander à tous vos compagnons et à mon fils le baillif de Paris.
Voslre bien bon amy, FRANÇOIS DE BOURBON.