‹ Captivité du roi François 1erChapitre 72 sur 268 · N' U. — EXTRAIT DES REGISTRES DU PARLEMENT DE PARIS · texte numérisé non relu

N' U. — EXTRAIT DES REGISTRES DU PARLEMENT DE PARIS

Le pariement de Rouen envoie des députés à celui de Paris, pour lui rendre compte des mesures prises pour assurer la tranquillité de la province. — On approuve ces mesures. — On indique celles que le parlement de Paris a ordonnées pour la tranquillité de la ville.

( 17 mâr* 1525. ]

Ce jour, 17 mars i525, maistre Thomas Postel et Martin Hennequin, conseillers du Roy en la cour de Parlement de Rouen, sont ve-

voyer ledict prince d’Orenge, et luy promettre do par nous que luy ferons faire la raison de sa prison, de sorte que ce soit à son contentement. Et en cas que dudict seigneur Roy ne de ladictc dame regeiite ne puissiez avoir ladictc délivrance, les advertirez que si au moings ledict prince

n'est mieulx Iraitté qu'il n'a esté ju.sque$ icy , que nous monslrcrons exemple comme devons faire traitter les bons personnages ses subgcts qui sont en vos mains. »

On peut considter aussi, sur l'état des affaires de l'empereur en Italie à celte

138 CAPTIVITÉ nu ROI FRANÇOIS I".

nus en la cour de céans’, et ont présenté lectres missives de ladite cour de parlement de Rouen, portant sur eux creance. Et après que lesdites lectres ont esté leues, ledit Postel a dit: que ladite cour de parlement de Rouen se recommande humblement à la bonne grâce des presidens, conseillers et autres officiers de la cour de céans, et qu elle les avoit envoyez par devers eux pour les advertir que Madame, mère du Roy, regentc en France, leiur avoit fait sçavoir les piteuses nouvelles et inconveniens qui estoient arrivés au Roy et au royaume, leim recommandant la justice et qu’ils eussent à regarder au fait de la police, tant de ladite ville de Rouen que du duché de Nonnandie; et qu’elle leur envoieroit homme exprès pour les advertir de ce qu’ils aurolent à faire. Et Incontinent qu’ils leurent ces nouvelles, ils envoleront quérir l’archevesque de Rouen, l’evesque de Lizieux, le chapitre de Rouen, le bailly audit Rouen, et grand nombre d’autres grands et notables personnaiges de ladite ville et diidlct duché, pour adviser ce qu’on debvoit faire. Et furent députez gens pour tenir le conseil , qui se tient, chascun jour, en une chambre du palais de Rouen : que ceux de ladicte cour de parlement et villes de Rouen et des pays et duché de Normandie ayant bonne cognolssance de la coiu' de céans, laquelle a esté la première instituée et e.st la capitalle du royaume, qui entend et sçait les choses telles comme elles ont esté conduites et falcles le temps pa.ssé , sçayt les moyens de pourvoir aux fortunes, inconveniens et affaires qui pourront survenir audit royaume, et ont l’experlance grande des choses plus que nulz autres, les ont envoyez vers ladicte cour de céans pour les advertir des provisions qu’ils ont faites et données pom' la seureté de ladicte ville de Rouen et autres villes des frontières dudict duché de Normandie, et pour

même époque, une lettre de l’archiduc Ferdinand , publiée dans la Correspondenz des kaisers Karl V. par le docteur Lanz, Leipzig, 1844.

' Le savant et judicieux historien du parlement de Normandie, -M. A. Floquet.

à qui on est redevable de plusieurs autres

publications très-curieuses sur la province qu'il habite , parait avoir ignoré cette honorable démarche du parlement de Normandie dans un moment si dilHcile pour le gouvernement de la régente. Les registres du parlement de Paris nous en ont conservé le souvenir.

SECTION IL — CAPTIVITÉ EN ITALIE. ISU sçavoir ce qu’ils ont à faire; qu’ils se veulent conduire par l’advis et conseil de la cour de céans et faire tout ainsi quelle ordonnera; sont près d’obeir et demeurer en l’obelssance telle que ceu.x de ladicte cour et ceux de ceste ville de Paris ferons. Qu’ils ont reçu lettres de ceux des villes des frontières qui sont en Normandie , lestjuels sont délibérez de faire ce que ceux de ladicte ville de Rouen leur ordonneront, et les ont advertis qu’il y a aucune desdites villes qui sont mal munies , tant d’artillerie et autres munitions necessaires , que de vivres ; qu’lis envoyèrent queru* le sire de Breszay, chevalier de l’ordre, grand sénéchal de Normandie, pour y adviser, qu’il est requis de pourvoir à l’imion dudlct royaume , et que de leur part ils ont pouneu au fait de ladicte ville de Rouen ; ont fait ([uelques articles particuliers, lesquels ils ont envoyé à inadite dame et lesquels ils ont apportez pour les monstrer à la cour de céans, et les metront ez mains de qui ladicte coiu* ordonnera pour les faire veoir, corriger, augmenter ou diminuer, ainsi que on verra estre à faire par raison; et suplient la cour que .s’il sun ient quelque chose, les en advertlr, et qu’ils feront de leur pari ce que ladicte cour ordonnera et luy offrent tout service et obéissance.

A quoy messlre Jean de Selve, premier president, leur a respondu : qu’après avoir seu l’infortune, la cour de céans prlnt de semblables conclusions que ceux de ladicte ville de Rouen ; donnèrent ordre au faict de ceste ville, envoyèrent quérir les prescheurs, afin qu’en leurs prédications ils eussent à exciter les peuples à se retirer devers Dieu, jecter sui' eux et leurs pechez l’inconvenient advenu plustot que .sur ceux qui ont eu par cy devant le gouvernement et radminlstralion dudit royaume et de la chose publique; et poiu* empescher que le peuple ne murmure, et aussi poiu* le tenir en l’obeissance du Roy, de madlcte dame et messelgneurs les enfans dudlct seigneur, en laquelle ils veulent demeurer et non d’autres, et pour éviter (ju’aucuns tumidtes, séditions ni assemblées ne se lacent en ceste ville, et à tenir en paix et tranqulllté, ont csleu certain nombre de gens, tant de la coiu' de céans, de la chambre des comptes, de l’Eglise, prevost des marchands et autres habltans de cestedite ville, qui se trouvent tous

les jours en la chambre du conseil , en la compagnie de i’archevesqiie d’Aix, lieutenant du Roy en cesle ville, et du seigneur de Montmorency, qu’ils ont pour ceste cause envoyé quérir, pour adviser aux choses qui poun ont survenir.

Et quant est des villes et frontières, la cour de céans et ceux de ceste ville se reposent sur les gouverneurs des lieux, qu’ils pensent avoir esté pourveu par le duc de Vandosmois, qui est un sage, discret et advisé prince, qui est venu en ceste ville et céans, et leur a dit qu’il est délibéré de servir le Roy et la chose publique et d’obeir à madicte dame et à messeigneurs les enfans dudict seigneur, et prendre toute la charge et le fait pour eux; et que du costé de Picardie, il avoit donné provision à la ville de Monstreuil, Boullongne, Therouenne et autres villes qui sont sur les frontières; et que du costé de Champagne, on pense que le conte de Guise, qui est aussi allé devere madicte dame, y aura aussi pourveu et n’y aura rien oublié.

Au regard de la Normandie, ils ont adverty le sire de Breszay, grand seneschal du pays , qui ne fera riens sans ceux de ladicte cour de parlement de Rouen, et que de ce qui surviendra en ladicte ville de Paris on les advertira; et aussi s’il sunient rien audict pays de Normandie, on les prie qu’ils en advertissent ladicte coui’ de céans pour y pourveoir. Que l’on fait en ceste ville garder les portes d’icelles, de peur que les gens séditieux qui ayment la guerre plustost que la paix n’y puissent entrer, et n’y a mdz exempts pour faire ladite garde; ainsi les presidens et conseillers de ladicte cour de céans yront chascun à son tour; y a guets dressez, mesme le guet bourgeois qui se continue et va toutte nuit. Et au regard des estrangers qui sont en ceste ville, qu'on a advisé que, pour ceste heiue, l’on ne les mectra point dehors, veu le temps tel qu’il est, et aussi les privilleges de l’Université qui sont tels, qu’ils peuvent recevoir tous estrangers, aussi bien en temps de guerre qu’en temps de paix. Et que la cour de céans a fait regarder et visiter les comptes de ceste ville pour sçavoir quels estrangers y estoient, et ont pourveu à ce qu’ils ne passissent ne escrevissent aucune chose hors le royaume; et que si ceux de ladicte

SECTION II. — CAPTIVITÉ EN ITALIE. l'il ville de Rouen ont aucun.s eslrangers, ils y peuvent aysement pourveoir, car ils sont sages et prudens pour ce faire. Et au regard des articles qu ilz ont apportez , ils seront volontiers veuz en la chambre du conseil. Et ce fait se sont lesdits Poste! et Hennequin retirez.

N* LU. — LETTRE OU MARÉCHAL DE MONTMORENCY A MADAME MARGUERITE, DUCHESSE D’ALENÇON.

Il enverra en France, toutes les fois que cela lui sera possible, des nouvelles du Roi.

|Dr Piuighiloor, 22 mars 1525.)

Madame, tant que je vous pouré mander des nouvelles du Roy, je le ferai poiu* le plesir et bien que ce vous est, vous supplyant de croire qu’il est en aussi parfaicte santé que je le vys oneques , et sy est bien traité, comme il vous plaira entendre de Piere Pont, présent porteiu-. Madame, je vous suplye le plus souvant (jue vous pourés luy mander de la santé de Madame et de la vostre; car c’est la seulle chose qui luy donne le plus de plaisir. Quy sera la fin, madame, me recommandant à vostre bonne grâce plus que très humblement, suplyant Nostre Seigneur, Madame, vous donner bonne et longue vie.

De Piceequeton, ce xxij*' de mars.

Vostre très humble et très obéissant serviteur, .VIONT.VIORENCY '.

' D’après l’original entièrement auto- fol. 8. .'\ii dus on lit : » \ Madame Madame graphe. Bibliothèque royale. Ms. 86ia, d’Alençon.»

CAPTIVITit DU ROI FRANÇOIS T.

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N- Mil. — LETTRE DE LA DUCHESSE D ANGOULÈME ET DE MARGUERITE

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