AU ROY, MON TRÈS REDOUBTÉ FILZ ET SOUVERAIN SEIGNEUR
Monseigneur, la joye que nous sentons encores des bonnes leclres qu’yl vous a pieu yer à moy, vostre mere , escripre , nous rant sy contantes pour la seuretté de la santé dont nostre vie despant, qu’il me .samble que nous ne devons tenir aultre propous que de louer Dieu et de desirer la continuacion de vos bonnes nouvelles : quy est la mellieure viande de quoy nous pensions vivre. Et pour ce que le Créateur nous a fet la grasse que nostre trynyté a tousjours esté unye , les deux vous suplyent que ceste lectre présentée à vous, quy estes le tyers , soit resçue de telle afecyon que de bon ceur la vous offrent
Voz très humbles et obéissantes mere el seur, LOYSE.
MARGUERITE
fè retenu se porteur jusqu es à présent pour fere les despecbes telle.s . que vous rendra compte.
' L'éditeur des Lettres de la reine de Navarre, publiées pour la Société de l’hisfoire de France , d'après le volume n* 3733 du Supplément français de la Bibliolhèque royale, a oublié celte lettre, qui fait partie du même recueil. Elle est écrite moitié
de la main de la reine Marguerite, et moitié de celle de Louise d'Angoulème, mère du Roi. (Voyez ci -après, sur cette môme idée de la trinité royale, une épitre inédite, en vers, de Marguerite de Navarre.)