‹ Captivité du roi François 1erChapitre 76 sur 268 · A MADA.ME MADAME, RÉGENTE EN FRANCE · texte numérisé non relu

A MADA.ME MADAME, RÉGENTE EN FRANCE

Madame, j’ay rechu la lettre qui vous a pieu m’escrire par ce porteur, et tiens, madame, qu’à bonne rayson loués Dieu, puisque la fourtune devoit advenir au Roy vostre fils, d’estre tombé à la main de l’empereur, lequel a bonne volenté de le bien traytter, et qu’ayés .souvent de ses nouvelles^, ainsy que le desires Sa Magesté. A aussy grande afection au bien publique de toute la crestienté, comme a ton-

' Cette lettre fut écrite en réponse à tome I des Papiers d'État du cardinal de

une aulre de la duchesse d'Angouléme du Granvelle, p. a6o. (Collect. du minist. de

.3 mars , que Ton trouve imprimée dans le Tinslr. publ.) ( Voy. aussi ci-dessus, p. 1 3a.)

u^i CAPTIVITÉ DU ROI FRANÇOIS I”.

jours eu : de sorte que je croy, madame , qui ne sera grand besoing que vous ny autres y tiengne ma . . . . ' à plain entendre par le sieur du Reiix, lequel Sa Magcsté envoyé pour visiter le Roy.

Au surplus, madame, vous pouvez estre asseurée que sy je puis senir de quelque chose en ceste matière, et à vous, madame, que je m’y cmployeray è mon pouvoir.

Madame, je me recommande très humblement à vostre bonne grâce, et prie le Créateur vous donner. Madame, bonne vie et longue.

A Madiy'd, le 26 de mars®.

Vostre très humble et très obeyssant serviteur, DE NASSAU.

N‘ LVI. — LETTRE DU MARÉCHAL DE MONTMORENCY A MADAME LA RÉGENTE, DUCHESSE D’ANGOULÊME.

Le Roi est en très-bonne santé. — Alarcon le traite fort bien.

[ Dt PiuigkitoM )

Madame, Je suis sceur que le plus grant bien que pour ceste heure pouvés avoir, c’est d’estre [asseurée] de la bonne santé du Roy, de laqtielle vous suplic , tant et sy très-humblemant comme je puis , voulloir croire qu’il est bien sonié et bien treté du sieur Allarcon, en ce lyeu de Pissequeton , comme vous dira ce porteur : me recommandant, madame, à vostre bonne grâce plus que très humblement , supliant Nostre Seigneur, madame, vous donner tout [ce que] desirez. C’est

Vostre très humble et très obeyssant subgect et serviteur,

MONTMORENCY

‘ Ce mot est déchiré dans l'original. écrivait à la régente pour l’assurer de la

* A celte date du a6 mars, la Barre continuation de la bonne santé du Roi.

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N* LVII. — LETTRES PATENTFIS DE LA DUCHESSE D’ANGüULÈME A MESSIEURS DU PARLEMENT DE PARIS

Rfmerciment pour te bon ordre donnë à t'administration et à la tranquillité du royaume. — Klle informe le parlement de ce qui a été prescrit par elle <lans la même intention.

[ A Stmt-iuil-lri-Ljroii , 26 nart. ]

Très chers et bien amez, nous avons receu les lettres que nous avez escriptes, après avoir entendu les piteuses et douloureuses nouvelles venues de lyssiie, de l’entreprinse du siégé de Pavie, prinse du Roy nostre très cher seigneur et fils, et autre grande perte advenue à cause de ladicte enprise et bataille perdue devant ledict Pavye; et par le contenu d’icelle, connue le regret, ennuy et desplaisir que la cour en a porté et porte, et les bonnes, grandes, promptes et très prudentes provisions que ladite cour a incontinent données partout, et telles qu’il a semblé estre requises et necessaires, tant pour le bien dudict seigneur et conservation du royaume, dont tant et si airectueusemenl que faire pouvons nous vous merclons, et vous prions et requérons voulloir en ceste dilllgence et promptitude continuellement persévérer, donnant ordre et provision à ce que verrez et congnoistrez estre requis et necessaire pour le debvoir de vos olfices au bien d’icelluy seigneur, dudict royaume et de sa délivrance; vous certifiant, très chers et bien amez, (jue, ce n’eust esté que nous avons jusqnes icy veu et congneu la bonne volonté, affection et grant zele que ladlcle court a au bien et conduicte de ces matières qui sont de l’importance que vous sçavez , nous n’eussions pu porter le travail, regret et ennuy que à bonne et juste cause nous avons eu et encore avons. Mais congnoissans les bons et honestes deportements de ladicte cour, nous avons mis et mettons peyne de nostre costé de porter ceste infortune le mieux que pouvons, en donnant à toutes choses si bonne

' Ces leltrc» furent IranscrileK, le i" avril i r>a5, sur les registres de cette compagnie.

Ui6 CAPTIVITF' du roi FRANÇOIS I".

provision que nous espérons, .ivec Taycle de Dieu, qu’il ne viendra

aucun inconvénient audict royaume,

Kt pour le premier, avons depesché noslre très cher et très amé cousin le comte de Guise pour aller en Bourgogne et Champagne , avec les provisions pour lesdicts pays. Ft quant au pays et frontière de Picardie, nostre très cher et très amé cousin le duc de Vendosmois, gouverneur dudict pays, est icy, lequel a très bien remonstré les affaires d’iceluy et ce qui y estoit necessaire , principallement de vivres, dont lcdict pays estoit en giant nécessité. Sur quoy, provision y a esté donnée jusques à y employer cinquante ou .soixante mil francs, et pour le reste se pourvoira jour par joim en toute diligence; tellement que ledict pays et frontière pourra demeurer en seureté.

Et au regard du payement de la gendarmerie, il s y est fait et fera plus que le possible, congnoi.ssant le besoing qu’il en est, et que sans le payement il est non seullement impossible, mais impossible que les gendarmes entrent en garnison et servent comme ils doibvent.

Pareillement a esté pouneu au faict de Provence et Dauphiné , et au recueil du reste de l’armée qui estoit en Italie, qui ne peult estre .sans grande despence, vous advisant, au demeurant, que ainsi que les choses surviendront vous en serez continuellement advertis, et mesmement de ce qui touchera la delivTance et liberté dudict seigneur, de laquelle led. s' de Brion, puis deux jours arrivé icy, venant du lieu où icelluy seigneiu- est, nous a donné e.sperance d’e.stre prochaine.

.A S'-Just, le XXVI* mars.

LÜVSli.

Robertf.t.

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