N* LXIV. — EXTRAIT DES REGISTRES DU PARLEMENT DE PARIS
Nouvelles du Roi apportées de Piuighitone. — Le Roi reconninando au parlement de donner conseil i madame la régente. — Protestations de dévouement du parlement. — Il fera des remontrances sur ce qu’il est bon de faire pour le bien du rojaume. La régente écrit qu'elle les écoutera avec plaisir. — Mesures prises pour la sûreté do royaume. — La régente demande des députés de la cour pour conférer avec elle sur les affaires d'État.
(Da 3 Avril.)
Ce jour, monsieur P. de la Brethonnière, chevalier, seigneur d'Ourtie, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roy, a dit que
' Ces articles sont stilüsammenl indiqués dans les Instructions de rempcrctir à ses ambassadeurs, ci-dessus, n* LIX. Ils furent rejetés par le Roi. On les trouve
imprimés dans le tome I des Papiers d'État du cardinal de Granvelle, p. u64- ( Voyei les réponses faites par le Roi à ces articles, ci-après, p. 166.)
164 CAPTIVITÉ Dl) ROI FRANÇOIS I^
depuys la bataille de Pavye perdue, il a esté avec le Roy, despuis le vendredy jour de ladicte bataille jusques au dimanche; que ledict seigneur luy commanda de chercher sa délivrance le plus tost qu’il pourroit, afin qu’il se retirast devers Madame, sa mere, regente ; le chargea de dire à la cour que ledict seigneur se recommandoit à eulx , et leur recommandoit sa dicte mere et messieurs ses enfans et le royaume; et que la grande confiance qu’il a qu’ils donneront ayde, secours et faveurs à ma dicte dame, comme bons et loyaulx subjets, lui faict porter son mal et infortune patiemment; les prioit que la justice soit faite et entretenue comme elle estoit auparavant , espérant par le moyen et bon conseil que ladicte court donneroit à ma dicte dame, sortir bientost de la captivité où il est , et que le vice-roy de Naples, le marquis de Pesquiere, et autres seigneurs qui ont eu la victoire luy en tiennent très bon propos.
Le president Gaillard lui dit : que la court ne fut jamais si dolente de chose qui arrivast oneques quelle est de l’infortune advenue; et que s’il eust esté et estoit possible à la compaignie rachepter ledict seigneur de leurs vyes, on l’eust fait; que si ladicte court a eu bon voulloir par cy devant de demeurer en l’obeissance dudict seigneur, à lui faire service, à Madame, à Messieurs les enfans, il n’est diminué, mais augmenté; et n’y a celluy qui ne soit délibéré, pour leur service et du royaume, mettre corps et biens, et leur propre vye, et en tout ce qui leur sera possible , et ne s’espargneront. Et remercient le Roy très- humblement de ce qu’il a souvenance de ladicte court, et ne trouvera gens qui de meilleur cuer luy obéissent et à Madame. Et au regard de la justice , elle se fera; et sy ou u vacqué deux heures, on y vacquera maintenant six, car le Roy et la justice ne sont qu’un corps, et est une chose indivisible; et tout le secours, service et conseil que ladicte cour pourra faire à ma dicte dame, elle le trouvera quand il luy plaira le demander; et ne les sçauroit employer ne bailler charge sy intoUerable, ny si grande, que la cour ne preigne à plaisir pour luy faire service et audict seigneur. Qu’elle a faict ce qui luy a esté possible, d’advertir ma dicte dame des choses qu’ils ont
SECTION II.— CAPTIVITÉ EN ITALIE. 16!) trouvées eslre à faire, et que ladictc cour est dellberée de continuer et toujours de mieulx en mieulx.
Et a recité comme ceulx d’Abbeville sont venus, ce matin, demander secours d’artillerye , et dit les propos qu’ils ont tenus, que on ne leur a faict response: et que on advisera, ceste après-disnée,en la salle verte, ce que on leur pourra faire, et en advertira-on Madame ; qu’ils luy ont escript plusieurs fois, mais n’en ont response, et les payeon de parolle.
N* LXV. — LETTRE DU MARÉCHAL DE MONTMORENCY A MADAME LA DUCHESSE D’ALENÇON.
Arrivée de deax Français auprès du Roi. — Il se porte bien. — Le Roi a eu une conférence avec le vice>roi et ie marquis de Pescaire. — D. Hugues de Moncade va repartir pour l'Espagne.
[ PiudghiloDff , 4 afril 1525. ]
Madame, Bourgancys et inaistre Jan de Nyines sont arrivez vers le Roy depuis quatre jours, quy luy hont faict plus de playslr de l’asseurer de la santé de Madame et de la vostre, que de chose qu’il luy eusse .sceu aporter; et comme je vous hé escript par ungne autre lestre, Madame, je vous suplye qu’yl vous plaise luy en mander le plus souvent que vous pourrez. Madame, Mess" le vyce-roy et marquis de Peeequère hont esté deux jours icy, quy hont asseuré le Roy que dedans trois jours le sieur dom Heugues partyra pour aller vers l’empereur.
De Pyeequeton, ce'ïui* d’avril. -
Vostre très humble et très hobeissant serviteur.
MONTMORENCY