‹ Captivité du roi François IerChapitre 142 sur 241 · N" CCXVIU — LETTRE DE GILBERT BAYARD A M. DE MONTMORENCY · texte numérisé non relu

N" CCXVIU — LETTRE DE GILBERT BAYARD A M. DE MONTMORENCY

KouveUe» de U eonrércncc de Madrid. — Lci trois points eucnre eo litige. Les otages. — La souvcraiocté du connétable de Bourbon, etc.*.

(Tolède» 9 jaa««r 1516.1

Monseigneur, à ce matin, ainsi que monsieur de Tarbc et mov avons pris coiigié de inons. le vice-roy, m'a rappelle et m’a dit que, au soir, à l'heure accoustuméc, je le vinsse attendre à l'issue du conseil pour entendre ce dont je pourroyo donner advis au Roy; et depuis, m'a deinandc si j’avois parlé a aucuns aml>assadcurs des potenlaU d'itallie. Je luy ay respoudu que non. 11 m’a derechef enquis s’il estoit venu personne de par vous icy, depuis son partement de Madrid; je luy ay respondu (|ue non; de laquelle responcc il a fait contenance de se rejouir, et m’a dit qu’il me diroit une autre fois la cause pour quoy il le me disoit.

Depuis, nions, de Tarhe et moy estans en la chappelle de l'empereur, actendans la fin de sa messe pour parler à luy, Einanuel, maistre d’iiostel dudict s' vice-roy, nous est venu faire semhlablc demande et a dit l’occasion pourquoy nous prioit de n’en dire rien; qui est, que le chanccllier dit hier qu’il avoit esté porter parolles à

' &>pie de Bréquipn», vol. gi.

* On trouve, daii.v un recueil manu», crit de lo Bililiothégue royale, la note suivante, San. adrej.»e ni signature, mais qui est un avia donné aux .imbaaxatleura frani;aia au sujet des négociationsqu'ils étaient chargés de conduire :

■ Je crois que saus Millau il ne se fera riens pour le présent; mais, scion le dire des seigneurs de In Cliaulx et de Bourbon . si, lu (wix faite, le Roy u bon vouloir de l'entretenir et se monslrer bon frere et amy de l'empiTCur, il fera dudict duché pariie de ce que le Roy voudra, a

SECTION IV. — ni-‘l,IVRANCE DU ROI. Ü63 tous les ambassadeurs d'Itallic, que si le Roy faisoit aucun traite, qu’il y compreiidrolt toti.s ses amys, et que rela avoit esté dit de j>ar vous. J'ay respondti que je n’avoye veu icy nul homme de par vous, et que de ma part, depuis neuf nioys, Je n’avois parlé & ambas.sadeurs italiens; et qu’il y avoit neuf mois que j’avoye salué celui de Ferrare.

.\ ce soir, j’ay esté devers ledic.t vice-roy, et en y allant ay rencontré Lallemant, qui se retiroit, comme il m’a dit, pour aller depeschcr h domp Hugues, et que pour ce soir il n’y auroit point de conseil chez reinpereiir, et qu’il estoit las de ce qu’il en avoit fait chez Bourbon, en la compagnye du cbanccllier et grand-maistre, et depuis au logis du commendador ni.ijor, avec le nonce du pape, qui est estimé grand impérial. J'ay depuis parlé à nions, le vice-roy, qui m’a dit qu’il avoit commandé à Lallemant d'envoyer au sieur domp Hugues les quatre diflicultcz par cscript, qu’il m’avoit dit hier au soir, afin que le Roy y respondist en teste. Je luy ay dit derechef que, quant aux deux premiers, qui est la veneue des ostages ii Fontarabie avant la délivrance du Roy, et la souveraineté de Bourbon, qu’il m’avoit hier rcduicte tu exemption de .sa personne, il ne se y failloit aucunement actendre; (pie quant aux autres deux il sçavoit la responce que le Roy en avoit fait, qui estoit ce qu'il en pouvoit faire. Il m’a dit que la .souveraineté de Bourbon, ny la venue à Fontarabie des ostages, n’estoient raisonnables; que ladictc souveraineté n’estoit demandée pour c.strc obtenue; et quant à la venue à Fontarabie, que l’empereur luv eu avoit dit sa fantaisie, mais (pi’il coascilloit ipi’on respondist à tous les points gralieusement, et dés demain, affin qu’il peust partir dinieiiclie. F,t m’a demandé si j’avoys point eu de response sur ce qu’il me dit hier au .soir; je luy av dit que non. Il m’a prié que incontinent que je l’auroye, je la luy fei.sse savoir: et au retour de luy, j’ay trouvé le chevaucheur qui a apporté la lettre qu’il vous a pieu m’escripre, et après icelle Icuc, tout .soubdain suis retourné devers ledict vice-roy, auquel j’ay leu la plus part du contenu de vostre dicte lettre; qui m’a dit qu’il le feroit entendre II l’empereur et

m CAPTIVITÉ DU I\OI FRANÇOIS I".

qu’il fcroit bon office, et de tout advertiroit domp Hugues. a esté tout son propos, et s’en est rentré dans la chambre dudict empereur.

Monseigneur, je prie le Créateur vous donner très-bonne et longue vie.

A Tollede , le v' jour de janvier.

Vostrr très hiiiiible et très obeysaot serviteur, GILBERT BAYARD.

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