‹ Captivité du roi François IerChapitre 153 sur 241 · N- CCXXXI. — LETTRE DE MADAME LA RÉGENTE AU PARLEMENT DE PARIS · texte numérisé non relu

N- CCXXXI. — LETTRE DE MADAME LA RÉGENTE AU PARLEMENT DE PARIS

Ordrt de faire prooeasiona et prières pour U délivrance du Roi.

[Dn SOjê*'>»«r 1516.]

Ce jour, la coiir a reçu des leltres missives de Madame, mère du Rov, regente en France, desquelles la teneur suit :

.s NOS TnÉS-CUERS ET BIEN ,\.MEZ LES CENS TENANS LA COUB DE PABLEMENT POUB LE BOT NOSTBE TBÉS-CHEB SEIGNEDB ET FILS, À PABIS.

De par Madame, regente en France.

TrèsH:her8 et bien amez, nous avons cy-devant escript aux archevesques et evesques de ce royaulnae cl à leurs vicaires et officiers, que pour implorer et obtenir la grâce, l’ayde et clemence de Dieu nostre créateur, et la délivrance du Roy nostre très-cher seigneur et fils, conservation, protection et seurcté de son royaume, peuples et subjects, ils fissent faire processions, prédications, jeusnes, oraisons et prières à nostre créateur, auquel seul nous en avons remis et réduit nostre seule et ferme fiance et esperance : qui nous a meu derechef i’escrire et mander ausdictsarchevesques et evesques, et entre autres à l’evesque de Paris, et pareillement eu escripre à ceulx des bonnes villes, principallemenl à nos très-chers et bien amez les prevost des marchands, eschevins et habilans de Paris, dont vous estes les chefs et principaux officiers , et ceux à qui la chose touche le plus.

Par quoy, vous prions bien affectueusement vouloir faire faire et continuer leur dites processions, prières, jeusnes et prédications par ceux des églises, couvents et religieux, peuples et habitans de ladicte ville, en la plus grande revcrence, humilité et dévotion que faire se

SECTION IV. — DÉLIVRANCE DU ROI. 487 |K)urra , et voua ferez une bonne ceu^tc , agréable à Dieu et profitable au Roy et au royaume.

Donné à Saint-Just-sur-Lyon, le ixiii' jour de janvier.

LOÏSE

d’Obhs.

Et après cpi'ellcs ont esté leues, la matière mise en deliberation : la cour a ordonné et ordonne quelle vacquera jeudy prochain pour aller en procession , pour prier Dieu pour la délivrance du Roy, tiiilion et protection du royaume, et que la prononciation des arrests qui se devra faire ledict jour sera remise à la vigille Saint-Mathias.

N* CCXX.\ll. — LETTRE DU BMLU DE PARIS DE LA BARRE A MADAME LA DUCHESSE D AIÆNÇON.

Le Roi « écrit i la reine Léonor. ~ Il sort aouvent et va aui offices. — Bon accueil qu'oti lut fait tlans le public. Il va visiter les religieuses^ — ~ il touche les écrouelles. ~ Le Roi pertira pour Bayoone. — La petite notre passe une beore dans son lit tons les matins.

i Mxind . 1** r^r 1S9«. I

Madame, depuys la derrenyere lettre que je vous ay escriptle par le maistre d’oslel de M. le vys-roy, est retourné .M. de Bryon de Toledo et devers la reyne, où le Roy l’avoit envoyé. Et quant il partit, ledict seigneur n’avoit point escripl à la royne despuys qu’il avoit esté fyencc, pour ce que mondict sieur le vis-roy luy dist qu’il luy senibloit qu’il ne luy devoit point escrire qu’il n’eust entendu de l’empereur premyer comme il la devoyt appeller. L’empereur dist qu’elle estoit sa soeur et qu’il la pouvoit appeler sa femme puysqu’elle l' estoit. A donc, ledict seigneur luy escripvit unes lettres qu’il envoya â M. de Bryon, à Toledo, pour luy porter. Je vous en envoyé cy le double, aussy celuy de la responce que ladicte dame luy a faitte, aussy je l’escriptz à Madame, que sy vous plest luy montrerez. Aussy

/i88 CAPTIVITÉ DU ROI FRANÇOIS I".

luy cscriptz de quelque argent que ledict seigneur a alTaire , qu'il m'a commandé luy escripre, sy c'est son bon plaisir, de commander luy pstre envoyé.

Madame, Turenne vous dira des nouvelles du Roy et de sa bonne santé; mais c’este sy bonne, que, sur mon aame, je ne luy sçauroys soueter mylleur; et quant à luy, il dit que jamés il ne s’est trouvé plus ivarlailement giiery qu'il est <i cette heure.

Lundy dernier, il fust en sa Ivtiere à Nostre-Dame des Touches, ouyr vespres et la remercier de sa bonne santé, et revint sur sa mullc. Et en s’en retournant, trouva lytiercs et dames dedans et force peuple, aussy aises de sa santé que je sçaurois estre. Et quand il fust descendu, il me dyst qu'il estoit si fort qu'il courroit bien le serf.

Le niardy suivant, fust ouyr la messe chez la contesse et dysner, et n’en bougea jusques au souper. Et l'après-disner, elle le mena dedans le monastère, où il vyt toutes les religieuses, et en toucha des escroiielles plus de trente. Je croy, madame, qu’ils cuydoient tenir Dieu par les pyez que de le tenyr céans, et ce ne fut sans vous y souliaitter, corne lu personne du monde qu'ilz estyment plus en toutes choses. Lcdict seigneur leur fit donner iij' cscuz et k iiij autres couvens, en ccsle ville, à cbascun cinquante cscus.

•Madame, l'empereur ne sera icy jusques à mardy; et seront ensemble luy et le lloy jusques au xii' de cedict moys, que ledict seigneur partira pour s’en aller droit à Bayonne. Et est bruit qu'il ne verra la royne que à Burgues, en s’en allant. Je vous promets, madame, que vous ferez fort grand plesyr au Roy de solysiter que les ostaiges .soyent au jour promis.

V'ous entendrez jiar le chilfre que porte ce pourteur tout le demuurant, tant y a que je vous supplye estre seure que je vous mande la vraye vérité de la bonne santé et force du Roy, garny de bon apetit, de bon dormyr; et vous promets ma foy, madame, qu’il ne se pert une heure de tems à ce prendre garde de tout à sa personne. Je vous layssc, madame, à panser la joye que ledict seigneur aura de pouvoir, madame, vous veoyr de bref.

SECTION IV. — DÉLIVRANCE Dl! ROI. m

Votre petite noyre est tous les matins une heure en son lyt *, qui luy fera plaisir.

Madame, je vous supplye tenyr en votre bonne grâce et de Madame la personne de ce monde qui a plus grant envje de faire service au Roy, à elle et à vous, et qui de meilleur cueur supplye à Nostre Seigneur vous voulloyr longuement garder et à la fin donner son benoist paradis.

Fet à Madril, le premyer jour de feb>Tyer.

Vostre très humble et très obeyssant sersyteur et meilleur subgct,

DE LA BARRE

CCXXXIII. — LARCtlEVÉQUE D AIX PREND CONGÉ Dtl PARLEMENT POVR ALLER RECEVOIR LE ROI A BAYONNE.

[ D> s U-ntr ISaS.)

Ce jour, l’arclievesque d’Aix, lieutenant du Roy en ceste ville de Paris, est venu en la cour de céans, qui d dit que Madame, mere du roy, régenté en France, doibt estre k Blois dedans quatre ou cinq jours pour s’en aller au devant du Roy ; qu’il est délibéré de partir demain pour aller au devant de madictc dame, et n’a voulu partir .sans prendre congé de la cour et sçavoir s’il leur plaira aucune chose commander, offrant leur faire tout le service qui luy sera possible.

A quoi messirc Antoine Le Viste, chevalier, president en ladicte cour, luy a dit que la cour luy sçavoit très-bon gré de ce qu’il s'en alloit devers madicte dame, et qu’il croyoit qu’il s’en alloit faire le voyage de Bayonne; et l’a prié que s’il vient à point, qu’il veuille remonstrer la résidence continuelle que les presidents, conseillers et autres officiers de ladicte cour, font pour le service du Roy et de la

Xojet la IcUre ci-deasus de la page 4^8.

chose publique, et solliciter qu'ils puissent estre appointes de leurs gages, tant de ce qui leur est deub du passé, que pour ceste présente année, ce que ledit archevesque a promis fmre. Et ce laict, s’est retiré.

N* CCXXXIV. — LETTHES PATENTES DE LA DUCHESSE D ANCOUI.ÉME POUR LEVER UNE AIDE E,\TRAORDINAIRE.

Dftos le préambule, la régente raconte le« négtKÎation^ quelle a fait suivre en Eapagoe par aa Ülic et aes ambassadeurs pour la délivrance du Roi. — Les grandes dépens>es occasionnées par le traité conclu avec U roi d'Angleterre, celles qu'il a fallu faire pour maintenir les ligues suisses dans ralliance du Koi , ainsi que pour faire construire des vaissesui, réorganiser rarlillerie, etc. — Les coffres de (‘État sont épuisés. — Elle demande cette somme comme l'année précédente. ~ La prochaine délivrance du Roi rendra au royaume la paix et la tranquillité.

I» »tmr i$sa. ]

I.oyse, mere du roy, duchesse d’Angoulmoys, d’Anjou et de Nemours, contessc du Maync et de Giem, regente en France, i nostre amé et féal cousin l’archevesque de Rouem, nos amez et feaulx l’cvesque d’Evreux et l’abbé de Bernay, le sire de Geuly, bailly d’Evreux, M' Florimond Robertet, chevalier, sieur d’Aluye, trésorier de France, et en son absence à M* Jacques Cbarmoluc, changeur du trésor, Guillaume Preudomme, sieur de Souvigny, general des bnances dudict seigneur, et en son al)sence à M' Rogier Gouel, president de la court des generaulx sur le lait de la justice et des aydes à Rouem, le s' Le Clere, M“ Jehan Carré, receveur general, Girard Acarie, contreroUeur general desdictes finances ou pays de Normandie, et à Jehan du Val , notaire et secrétaire du Roy nostre très-cher seigneur et filz, et greifier des Estatz dudict pays, ou à son commis, salut et dillection.

La grande confiance et parfaictc espérance que avons eue et avons à la bonté et clemence de Dieu nostre Créateur, nous a tousjours fait croyre, puisque sa voulenté avoit esté de permectre et tollerer

SECTION IV. - DÉLIVRANCE DU ROI. 491 les infortunes, tribulacions et adversités survenues puis ung an en au Roy nostre très cher seigneur et fiU, ses bons serviteurs, subgecti et rovaumc, il avoit réservé lieu à la consolation et ressourse, et estoit à juger qu'il ne voulsist habandonner ceulx qu'il admonestoit et vi.sitoit par adversité, niays plus tost leur en rendre loys et rétribution. ceste cause, continuant on ceste ferme foy et credence, avons depuis la prinsc et detcncion du Roy nostredict seigneur et fds, travaillé par continuelle sollicitude de ebereber et quérir les moyens et ouvertures pour venir à une bonne pix et appoinctement avec l'esleu empereur, luy offrant et présentant toutes les raisons et honnestes p.artis qu'il a esté possible, tant pour le recouvrement de la personne du Roy nostredit seigneur et fdi, qui est, comme chasetm scet, plus que propre et necessaire en ce royaume, pays et subgecU d'iceluy; que aussi pour paciffier tous différends et querelles, et vivre doresenavant en paix et Iransquilité et escbever les perilz, dangiers et inconveniens de la guerre, qui au grant regrect de nostredict seigneur et niz et de nous ont tant duré, travaillé et molesté le pouvre peuple; et pour mieulx persuader à tirer et gaingner le cueur dudict esleu empereur d’y vouloir cncliner et entendre, y avons envoyé nostre tré,vchere et trcs-aniée fille, .scm- unicque du Roy nostredict seigneur et filz, la duchesse d'.Alcnçon et de Berry, avec plusieurs bons et notables personnaiges qui l’ont accompignee; laquelle n’a point crainct ne doublé le péril, dangier et labeur de sa personne de faire ung si long et dangereidx voyage que d'aller jusques à Tolledo, devers lcdict empereur, pour essayer de faire une si bonne, saincte et prouffilable etivre, tellement que après les remonstranecs, offres, persuasions et rerpiestes qu elle a sceu faire, et aussi les ambessadenrs que piccà y avions envoyez et que y sont encores, elle en est partie en bon propz et espérance d'appoinctement, que actendons nous estre de brief magnifesté, et que recouvrerons la personne du Roy nostredict seigneur et filz en ce royaume, avec si bonne confederacions et alliances entre luy et ledict empereur, que ledict seigneur et ses bons et loyauh subgectz demoureront et viveront doresenavant en pix et

transquililé, qui est le plus grant et singulier désir et affection que le Roy nostredict seigneur et nous ayons ; et pour mieidx y parvenir, asseurer et mectre cedict royaume, pays, peuple et subgectz en seureté et repoz de toutes parts, avons pour et ou nom du Roy nostredict seigneur et filz, fait traicté et juré paix, confederacion et amytié perpétuelle avec nostre très-cher seigneur et cousin le roy d’Angleterre, les royaumes, pais et subgectz du Roy nostredict seigneur et lllz et de luy, et pour ce faire a convenu fournir et bailler promptement et comptant près de troys cens mille livres tournoys, tant pour partie des arreraiges du debte qui fut accordé audict roy d’Angleterre par feu nostre très-cher seigneur le roy Loys, dernier décédé, que Dieu absolve, que pour le douaire de la royne Marie d’Angleterre , qui par le temps des guerres avoit esté discontinué; et pareillement avons conservé et entretenu en la faveur, amytié et confederacion du Roy nostredict seigneur et filz les quentons des ligues et autres seigneurs et communautés, lesquels estoient praticquez , pressez et persuadez par les ennemys dudict seigneur, affin de les atirer à eulx et rendre ledict seigneur et cedict royaume si foyble d’ayde et d’amys qu’ilz en peussent faire à leur volenté ; ce qu’ilz n’ont fait ne feront, à l’ayde de nostredict Créateur: lesquelles choses n’ont esté faictes sans y avoir exposé et consummé une si grant et cxlresmc somme de deniers, que non seulement les finances de cedict royaume y ont esté employez , mays aussi tous les autres deniers que avons peu trouver et espargner tant des retranchemens et recullemens des gaiges, pensions, estatz et despences, que d’emprunetz et autres parties que avons trouvées pour ne fouller ne charger le peuple. Et davantaige, par l’advis et deliberacion des princes, seigneurs et notables personnaiges estans icy, avons fait faire et construire ung bon nombre de galleres et galbons à Marseille, oultre ceux qui y sont equippés, armer et munyr grant nombre de navires, barches et autres vaisseaulx de mer, tant en Bretaigne, Normandie que Prouvence, pour empescher par la mer la venue et descente en cedict royaume desdicts ennemys, s'ilz se feussent voulu efforcer d’y venir et entrer, comme ilz se vantoient et preparoient.

SECTION IV. — DÉLIVRANCE DU ROI. M3 .Ausâi avons fait faire en plusieurs lieux de cedict royaume fontes et provisions d’artillerye , pouldres et bouUetz, dont y en avoit grant faidte, et tellement avons travaille et mis peine d’asseurer et donner ordre de tous coustez aux affaires necessaires et urgens de cedict royaume, pour empescher la venue et cntreprinse desdicts ennemvs, que eulx advertiz de ce se sont rellroidiz et ont cherché la paix et appoinctement qu'ilz avoiont auparavant dissimulée. Par quoy, à ceste heure, ne reste que de pourveoir au recouvrement du Roy nostredict seigneur et filz, que nous espérons estre de hrief. .Mays il ne se peut faire sans grans frais, mises et dcspcnces; à quoy n’y a do quoy fournir au moyen desdictes despences faictes et du payement des gens de guerre d'ordonnances que avons fait et faisons payer pour les faire entrer en garnison, tenir police et les garder de piller et vixTe sur le peuple, comme ilz ont fait, qui est chose qui fort nous a despieu et desplaist: avec ce, a convenu par neccessité fournir é la dcspcnce du Roy nostredict seigneur et filz et de ceulx qui sont avec luy, et au contantcment de ceulx qui sont allez en Espaigne pour accompaigner nostredicte fille la duchesse d’Alençon , payer et satisfaire les gaiges et estatz des ofBciers de courts souveraines, chambres des comptes et autres olUciers ordinaires, cappitaines, mortes-payes et gardes de places, et tant d’autres parties qui reviennent à grosses charges, qu’il n’est possible de povoir conduire les affaires et despences qui sont prouchaines et necessaires , et sans lesquelles cedict royaume, peuple et subgectz ne se pcuent conserver et garder, sinon de lever et mectre sus une creue de six cens mil livres toumoys, payable par égal portion aux quatre termes et payemens des deniers de la taille qui a esté mise sus en cestedicte année; dont le premier payement commancera le premier jour d’avril prouchain, ainsi qu’il fut fait l’année demiere, que est une chose que par plusieurs et diverses foiz a esté mise en termes et disputacion entre lesdicts princes, seigneurs et gens du conseil du Roy nostredict seigneur et filz estans icy , qui n’ont peu trouver moyen ne expédient, et prenons Dieu pour juge que, s’il estoit possible de se passer de mectre sus ladicte creue, nous le ferions plus voulen-

494 CAPTIVITÉ ül) ROI I RANÇOIS I".

tiers (jtie uiilrement, saiclians les autres grandes foulles et oppressions que ledict peuple et suljgectr. de ccdict royaume ont portées et portent à nostre regrect et desplaisir. Mays nous espérons que de brief le Roy nostredicl seigneur et fdz, délivré et retourné en son royaume, soulagera sesdicts subgecti et les fera vivre en repoi mieulx qu'ili n’ont fait, à quoy nous ayderons et tiendrons la main de tout nostre povoir : qui est pour la porcion dudict pays et duché de Normandie, élection d’.4lençon, conté du Perche, prevosté de Chaumont et aoroissement de Maigny, comprins Poiithoise, dcsduict le rabbais, à cause de la recherche; c’est assavoir, pour partie desdictes vi‘ mil livres tournois de creue, la somme de .sept vingtz-six mil cinq cens soixantehuit livres tournoys, avec la somme de deux mil qiiatre-vingtz-deux livres tournovs pour les tauxacions des csleuz, grefliers et gaiges des receveurs d’icelle court. Et à ceste fin, en usant du povoir <i nous donné par nostredicte regence, avons mandé les gens des trois Estatz dudict pays et duché de Normandie estre assemblez en la ville de Rouem , au premier jour de mars proiichain venant, pour leur remonstrer les affaires du Roy nostredict seigneur et filz , qui touchent le grant bien et utillité de luy, son royaume et de tous .ses subgectz. A ceste cause nous soit besoing, en usant de nostredict povoir et regcnce, coromeetre aucuns grans et notables personnaiges de grant auctorité, pour estre et assister ausdict jour et lieu à l'assemblée desdits E.statz, et iceulx requérir très-instamment, de par le Roy no.stredict .seigneur et fdz et nous, qu’ilz veulent liberallement octroyer ladictc somme de VII" VI mil v* lxviii livres tournois. Savoir faisons que Nons confiant à plain de voz sens, preudonimyes et bpnne dilligence, vous avons, en vertu de nostredict povoir de regence, ordonnez, nommez, commis et députez, ordonnons, nommons, commectons et députons par ces présentés, et les neuf, huit, sept, six, cinq et quatre de vous en fabsence des autres, et vous avons donné et donnons povoir, anctorité, commission et mandement especial par cesdictes présentes, pour estre et assister de par le Roy nostredict seigneur et nous à ladite assemblée , et remonstrer aux gens d'iceulx Estatz lesdictes affaires

SECTION IV. — DÉLIVRANCE DU ROI. 495 (|ui sont grans et tirgens, ainsi que chascun peut congnoistrc, et les requérir de par le Roy nostredict seigneur et nous que pour les conduire ilz vueillenl liberallcment octroyer ladictc somme de vu” vi” v* nviii livres tournois; et icelle somme par eulx octroyée en faire l'assiecte et dc[>artement en la maniéré aeoustumée. Si vous mandons et enjoignons, en vertu de nostredict povoir et régence, que vous vacquiez et entendiez diligemment à faire Les clio.ses dessusdictes et faire l'assiecte et departement de ladicte somme, ensemble de la somme à quoy se pourront monter les voyages et tauxacions de chascun de vous et des delleguez desdicts Eslatz et autres fraiz raisonnables et neccessaires , et les moindres que faire ce pourra, justement et cgallcment, le fort portant le foyble , par tout ledict pays et duché de Normandye , ellection d’Alençon, conté du Perche, prevosté de Chaumont et acroissement de Maigny, comprins Ponthoise , sur tous les contribuables aux deniers des tailles, et tout ainsi qu'il est mandé faire par noz lettres et commissions expédiées [tour mectre sus et lever aiidlct pays de Normandie les deniers de ladicte taille de l'année i jiresent courant. Lesquelles sommes dessusdictes, par la delibcracion que dessus, Nous, en usant de nostredict povoir et regence, voulons et ordonnons eslre cueillies, levées , receues et payées en telle maniéré qu'elles puissent venir ens sans aucun non valloir. Et icelles sommes faictes recevoir par les receveurs sur ce par nostredict seigneur et lilz ordonnez, ausdicts quatre termes et payemens d'icelle taille de cestedictc année, par quart et égal portion, et par les receveurs bailler et délivrer, c’est assavoir le principal de ladictc creue par vous receveur general dudict pays au trésorier de res(iargne de nostredict seigneur et fdz, selon la derniere ordonnance [>ar luy faicle sur le fait de sesdictes finances, et lesdict fraiz tant pour lesdict voyages, tauxacions de vous et des deleguez dessusdicts qui assisteront pour lesdicts Estatz, et autres fraiz acou.stumez et deppendens du fait de ladicte convencion , que pour les tauxacions des csicuz grelliers et gaiges des receveurs d'icculx deniers selon les eslatz qui en seront faitz par vous, general desdictes finances en iccluy pays de Normandie, en rapportant par eulx ou l'un

496 CAPTIVm: DU ROI FRANÇOIS I-.

d’culx cesdictcs présentes ou vidimus d’icelles, fait soubz scel royal, sur leurs comptes , avec quictancessuiUsantes de ceulx à qui ilz auront faitz lesdicts payemens, et l'estât de vous general seullement, et sans ce qu'ilz soient tenuz rapporter aucunes lettres de tauxacions de nostredict seigneur et filz ne de nous, desdicts gaiges, voyages et fraiz dont les avons relevez et relevons, en usant de nostredict povoir et regence, par cesdictes présentés, et à iceulx deniers payer et faire souffrir et acomplir ce que dessus est declairé, contraignez ou faictes contraindre tous ceulx qui y auront esté assiz et imposez, lesdicts termes escheus et passez reaument et de fait, ainsi qu'il est aooustumé de faire pour les propres debtes et affaires du Roy nostredict seigneur et filz; et tout au surplus par la forme et maniéré qu'il est contenu et declairé en la commission qui a esté dernièrement envoyée pour mectre sus et imposer les deniers desdictes tailles d’iccluy pays pour ccstedicte année. Car tel est nostre plaisir, nonobstant oppositions ou appellacions, clameurs de haro et doléances, privilèges, affranchissements, exemptions et autres choses quelzconques de ce faire, eu usant de nostredict povoir et regence, vous donnons povoir, auctorité, commission et mandement especial; mandons et conunandons, en usant d’iceluy nostre povoir, à tous les justiciers, officiers et subgeetz du Roy nostredict seigneur et filz, que à vous en ce faisant obéissent et entendent dilligemment, prestent et donnent conseil, confort, ayde et prison, si mestier est et requis en sont.

Donné à Bloys, le xvi' jour de février, l'an mil cinq cens vingt et cinq.

LOYSE

Par Madame, regeote en France, au conseil du Roy estant avec madicte dame ,

Gsooyk.

SECTION IV. — DÉLIVRANCE DU ROI

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