AU MARESCIIAL DE MONTMORENCY
Monsieur le mareschal, depuis ma lettre escripte, ay receu la vostre dcspeschée à Troncs, par laquelle me faictcs savoir ce que vous a mandé le seneschal de Rouergue, de noz cnnemys qui sont pr (devers) luy, et ceulx qui sontavecques luy mal menei, et tousjours de bien en mieulx pour nous. Poiu- le présent ne vous saurois que escripre davantage, sinon que je vous prie que suyvez tousjours mesdits ennemys et que vous passez après eulx avec la compaignie et bande que vous avez avec vous.
Et quant aux compaignies italiennes qui sont à Sistcron , je leur ay escript et mandé, par homme exprès, que en toute diligence ilz s’en aillent joindre avec le marquis de Saluces.
Je vous prie de continuer à cbascun joiu- me faire savoir ce que vous surviendra de nouveau; et à Dieu, qui vous ait en sa garde.
Escript à Aix, ce ii* jour d’octobre.
FRANÇOYS
Et pins bas, de Nedwille.
la mort de M. de Chàtillon. L'éditeur des lettres do Marguerite de Navarre donne inexactement la date de la nomination de Montmorency au grade de maréchal de France (premier recueil, p. i53).
quatrième nouvelle de la première journée des Contes de la reine de Navarre , et cette princesse serait elle-mème l'héroine.
' Anne de Montmorency avait été fait maréchal de F rance le 6 août 1 5o a , après
N* V. — LETIRE DU hOI AU MARÉCH.AL DE MONTMORENCY.
enocmis se retirent par Nice. Ils ont perdu dix pièces d'artillerie. — Il faut les faire pour* suivre.*— Le Hoi a divisé le reste de son armée en deux bandes. — I^e marécbal de Chsbtones en commande une. — Le Roi part avec sa maison et scs genüUliommes. — Il attend que le pont sur la Durance soit achevé pour se rendre k Pertnia.
( Ail . U 4 orlokr* 1 5S4. )
Monsieur le iiinreschnl, j’ay veu la lettre que vous m’avez cscripte par laquelle vous me fetes savoir que les ennemis preignent le chemin de Nysse, et que de seize pièces d’artillerie qu’ils menoient, ils n’en ont plus que six; par quoy ils en ont laissé dix par les chemins, que j’ay ordonne que on aille scrchcr et enmener. Et poim ce que lesdits ennemis vont à ceste heure serrez et qu’ils entreront dans les inontaignes, où avec les gens d'armes ne leiu" pouniez nuyre ne faire dommaige, je suys d'aviz que vous les faictes tousjours suivre par les chevaulx ligiers, et que Bussy de son costé, avec les gens de pied et chevaulx ligiers qu’il a avec luy, les suyvent tant qu'ilz pourront, sans toutesfoiz eulx mectre en dangicr, pour leur faire du piz qu’ilz pourront; et que vous et les gens d’armes les suy^ez à vostre aise, soidlageant vos chevaulx, pour veoir ce qu’ilz deviendront et qu’ilz vouldront faire, pour après adviser de faire ce qui sera pour le mieidx. Vous advisant, au dcniourant, que j’ay departy le deinourant de mon armée en deux bandes, pour plus aisément et promptement la passer, aussi pour la commodité de noz vivres.
Jenvoye le mareschal de Chahannes avec tous les gens de pied par ung chemyn , et les gens d’armes par ung autre , et moy avecques ma maison et mes gentilzhommes et archers par ung autre, ainsi que verrez par fcscript que je vous envoyé. Et de ce que vous surviendra de nouveau, vous prie continuer de m’en advertir; et pour ce que le pont siu- la Durance n’est pas encores dressé droict à Pertuys, où je prends mon chemyn, demoureray encore pour ce joui^
d’hui icy; mais demain espere y aller coucher. Ce pendant part ledict mareschal avec lesdits gens de pied, et va coucher à PeroU.
Et à Dieu, monsieur le mareschal, qui vous ait en sa garde.
Escript à Aix, le iiij' jour d'octobre.
Si les ennemys prennent le clïeinyii de Moneguc, vous pourrez prendre le droict chemin par Tande à Cony, où se trouvera le marquis le Salluces, et s'y en va droict le mareschal de Chabannes avec tous ses gens de pied, et après luy toutes la gendarmerie à costé , et moy semblablement avec ma maison ne seray pas loing. Car de revenir passer par deçà, vous auriez trop de chemyn à faire avant que me trouver. Vous ferez ce que verrez estre affaire poiu le mieulx.
El plus bas. DE Necfville.