N* VI. — LETTRE DE ROI AE MARÉCHAL DE MONTMORENCY
Ordre du Boi. — Le Roi est de l'opinion de Montmorency, rpi'ü ne Taul pas poursniTre les eone* mi* d*n« le CAS oà iU s« retireraient sar le territoire des Génois. — Le Roi est à cheval pour se rendre à Pertuis; — de U A Sisteron; — puis i Embrun. — Si les ennemi» s’arrétcol i Nice, il faut casaver de le» couper.
lAit. )* 1634.]
Montmorency, j'ay présentement receu deux Icclres de vous, du iij' de ce mois, et par icelles entendu amplement des nouvelles des cnnemys et du cbemyn qu'ilz tiennent : qui m’a esté plaisir. Et pour vous faire responce, je suis bien de vostre oppinion que si tant est que les ennemys entrent sur les terres duGenevoys, qu’il n’y a pas grant ordre de moyen que les deviez suivre avec la gendarmerie; mais afQn que l'on puisse sçavoir de leurs nouvelles et ce qu’ils demandent, vous ne poulvez mieulx faire que de les fere suivre par force chevaulx legiers et une bande de harquebutiers; et me semble que pour cest effect les s” Féderic et Esguilly seront merveilleusement bons.
El a>i regard de vous et de la gendarmerye , vous pourreï prendre le chemin que je faia, qui est droit à Cisteron, vous priant me faire sçavoir de voz nouvelles le plus souvent que vous pourrez, et pryer de ma part Icsdicts s" Féderic et Esguilly de faire le semblable.
Quant aux lansquenet! que vous avez retenus, laissez-les aller, car je les ay depcschez pour aller pralicquer les autres qui sont au service desdits ennemys, vous pryant, au deroourant, remercyer de par moy Icsdits s" Fédcric des services qu’il m’a fait, comme j’ay entendu par vous, et pareillement ledit Esguilly, la Clayette et le baron des Guerres, et les advertissez que j’estime le service qu’ils me font à présent, fait à tel temps que je ne le mectray jamais en oubly. Je leur escrips présentement lectres de creance sur vous, lesquelles je vous envoyé , et pareillement une adressante à M. de Bussy, affm qu’il face ce que vous luy ebrez. Et pour le présent ne vous diray riens davantaige, sinon que je monte à cbeval pour aller à Pertuys : et a tint prye à Dieu , monsieur le mareschal , qui vous ait en sa saincte garde.
Escript à Aix, le v* jour d’octobre.
Montmorency, quant vous viendrez à laisser lesdits siem^ Féderic et Esguilly, laisscz-lcur quelques ebevauebeurs pour me faire sçavoir de leurs nouvelles; vous advisant que je seray samedy à Cisteron et lundy à Ambrun. Vous pourrez faire prendre le chemin de vostre gendarmerye le plus droit tirant là que faire se pourra, car je remeetz cela à vous.
Montmorency, le mieulx que vous puissiez faire , c’est de suivre le plus longuement lesditz ennemys que vous pourrez, pour tousjours les travailler; et s’ilz se amusent à Nice, d’envoyer devant, s’il se peult faire, quelques gens de pied pour leur rompre leur passaige; car ilz ne peuvent avoir si petit amusement que nous ne soyons aussitost au pié des monts de delà que eulx. Et suis d'oppinion, s’ilz prenoient le chemyn de Genevoys, que vous devez prendre celluy de
Tande , car de retourner à l’adresse de Cisteron , il y auroit trop grosse corce. Et si lesdits ennemys prenoient le chemin de Tande , vous les pourcz suivre par le chemin mesmes et passer oultre ; vous advisant que je remecti le tout à vous, pour autant que d’icyje ne voussçauroye donner autre addresse.
Quant aux chevauJx legiers que le cappilaine, dont m’escripvez, vous est venu olfrir pour mon service, vous ne povez faillir de les accepter : car c’est d’autant aübibly lesdicts ennemys.
Bretok.