N* XII. — LETTRE DU M.ARÉCH.AL DE L AITREC AU ROI
N«c«99i(ê 4’entO)er de l'irgcot k l'année }>our en empêcher ia diasolutioa . aiast que pour Ir corps d'armée du marquis de Saluera. — Le marquis est lr«^-raalade. — Projet du Roi sur Naples. — Il V a quarante jours que la flotte devrait être partie. — Crainte du pj|ie et des Florentins.
Conseils et avis de M. de Laotrec au Hoi sur scs prt^ets. — Il est trop tard pour Pesfiédiüon di- Naples. — n engagn le Roi k faire la paix.
( Aa rastp d*va»l P«rî«. 10 oeUbr« 1524.]
Ai: ROV MON SOCVER.UN SEIGNKIR.
SiBE, j’.iy receii la lettre qu’il vous a pieu m’cscripre par Rabadaiiges, et veu, par les instnictions que luy avez faicte bailler, la rcsponce faicte par vou.s et voslre conseil à ce <pie le dict Rabadanges a requis ni’estre satisfaict. Et quant à ce, sire, qu’e.st contenu esdictes instructions touchant le faict de l’ai-gent, tant de la p.artic des c“ cscuï que cclluy que le chevalier de Casai, ambassadeur pour le roy d'Angleterre, a a|)porté, ensemble des autres pointz touchant les finances en icelles instructions mentionnez, j’ay dit à monsieur le general Hurault le faire bien enteneire à monsieur le chancelier, pour advertir vous et vostre dict con.siûl comme le tout est passé, jusques icv, de ce qui touche le faict dudict argent. Qui me gardera, sire, vou.s en faire plus long discours, fors de vous supplier, pour le bien de voz affaires, vouloir continuer d’ordonner qu’il soit donné telle provision au faict des paiemeiis des gens qui sont icy avec moy, qu’il n’en puisse advenir faiiltc; et le semblable, pour cculx qui sont avec monsieur le manpiis de Saluces, autrement son camp $e rompera.
■Au regard, sire, des pensions de inesscigneurs le mareschal de Trevulz et conte Pedro Navarre, que m’escripve* avoir commandé leur estre envoyé, pour une année, qui leur seront aportés dans le xij'’ ou XV* de ce moys, et que, ce pendant, ledit Rabadanges leur pryc vouloir avoir pour si peu de temps pasciencc; oultre ce, sire, que icellui Rabadanges y fera de par vous, je y feray ce que pourray
SECTION I. — GUERRE DU MILANAIS, pour les entretenir, comme j’ay faict jusques icy, combien que, veu la pascience qu'ilz ont eu jusques à présent, estant mesmement au lieu où ilz sont, où il leur convient faire et supporter de la despense, il sera très-mal aisé de les pouvoir contenter, d’autant que depuis qu’il/, sont par deçà, leur a esté dit, s\iivantce que m’eu avez escript , de jour en jour, que leurs dictes penlions loiu" y dévoient eslre envoyées; et maintenant qu’ilz tenoient pour certain les avoir, les faire encores actendre, ce sera les malcontcnter, de sorte que je n’en pouiray pas tirer le service que j’eusse faict les ayant contentez de leurs dictes pentions, |>our ladicte atuiée, qui me viendra très- mal à propos, sire, pour le bien de vos dictes affaires et de toute cestc emprinse, pour n’avoir, comme je vous ay cy-de\ant et plusieurs foys adverty, autres cappitaiues pour conduire et me soullager des choses d’importance. A (pioy je vous supplye, sire, vouloir advi.ser et n’oblier celle du seigneur Galeas Visconte.
Quant à la depesebe que me mandez ferez dans deux jours du sieur Rcncé , tant d’argent que autres choses necessaires poiu- faire le voyage avec vostre armée de mer, en Naples ou en Cccille, il eust esté bon, sire, que quarante joms a, ou plus, que je vous ay escript vouloir depescher queJtpe homme d’auctorité pour cest effet, et depuis l’arryvée dudit chevalier de Casai devers moy vous ay nommé ledit sieur Rencé, l'eussiez depesché : car vostre dicte armée de mer eust déjà faict voillc et eust merveilleusement troublé l’estai d’Ytallye de l’empereur, et contrainct son armée qui est en la Romaigne se retirer vers ledit Naples ou Cecille , pour deffence desdicts pays. Ce que, maintenant que l’yTer est tant prochain et que le naviguer des gallercs est quasy passé, ne se pourra bonnement faire, ne les affaires dudit empereur si fort travailler qu’on eust faict, ayant leur dicte armée, comme dicl est, faict voille de bonne heure; vous advisant, sire, que toute l’esperancc du pape et des Florentins estoit sur le parlement d’icelle armée, dont ilz m’ont plusieurs fovs requis hiy faire faire voille, conune je vous ay tant de foys escript. Et si n’avez donné ordre qu’elle puisse promptement partir, je me double que
perdrez le pappe el que lesdicls Florentins s'appointeront avec les
cnnemys.
Touchant la dopesche que lcdict Rabadanges a veu faire du sieur de Langey, pour aller à Gennes, bien instruict du droit et des pactes faietz enti'evous et les cappitaines desgallercs, sur le faict des prinses qui ont esté faictes à Portefin , et pour prier lesdicts cappitaines qu’ilz vueillent faire fadvance dudict voyage qu’il leur convient présentement faire, il eust pareillement esté bon, sire, que plus tost le dict Langey ou autre feust allé audict Gennes, en dilligence, comme je vous avoye escript; car, par ce moyen, vostre dicte armée eust esté dilligentee et feust à ceste heure preste à partir; mais 4 cause de n'avoir à temps envoyé lesdicls sieurs Rencé et Langey, ne ce peult pas estre sitosl, combien que, comme je vous ay faict sçavoir, eusse tant faict avec lesdicts cappitaines, qu’ilz estoient contens que les prinses qui ont esté faites audict Portefin feussent vendues, et l'argent qui en viendroit feust employé au paiement de troys mil hommes que j'amxiys ordonné estre mys sur lesdictes galleres pour faire lcdict voyage. Mais lesdictes prinses n’ont esté encore du tout vendues, et me double, quand elles le seront, l’argent qui en viendra ne suffira pas au payement desdicts troys mil hommes ; par quoy je vous supplye y vouloir pourveoir. Et quant à ce que me mandez avoir advisé pour le myculx , que ladicle armée de mer, en actendant la venue dudit sieur Rencé , pourra partir et aller sim ledict royaulme de Naples ou Cecille, je me tiens pour certain, sire, que avez envoyé ledict Langey avec les provisions necessaires pour faire ce qu’il donnera ordre, ainsi qu'il est très requis, que à l’arrivée dudit sieur Rancé il trouvera son equipaige prest pour partir et aller trouver ladicte armée là où elle sera. Et ne faull point qu’il passe par moy, mais, poim ne perdre plus de temps, s’en aille en toute dilligence à Savonne, où est ladicte armée , aultrement elle vous demourera sur les bras , et la grant despence courra tou.sjours sans vous faire nul service. Je ne puis autre chose faire, sire, que vous advertir souvent et à heure de ce que je veov estre besoing et necessaire pour voz affaires.
comme j’ay faict, afiin que y pourvoissiez selon vostre bon plaisir.
Sire, ledit Rabadanges m’a ap|x>rté le colber de vostre ordre j>our le conte Guido Rangon, auquel je le bailleray suivant ce que me mandez; et à ce que m’escripvez du faict de sa pencion, pour le premier quartier, que si je luy veuli advancer sur l’aigent que ledict Rabodange a apporté, il me sera remboursé sur les premiers et plus clercs deniers qui viendront, je vous advise, sire, que l’argent pour le payement des gens qui sont icy avec moi est si court et juste , et vient si à tard, qtie je ne puis rien avancer audict conte, ni à nul autre. Et quant à ce que remectez pour satisfaire en partye au payement de la compagnie de lx hommes d’armes dudict Rangon, à la compaignie de Françoys monsieur de Saluces, si tant est qu’il soit allé à Dieu, vous sçavez, sire, que, quant ainsi seroit, il lauldroit payer la compaignie dudict de Saluces de son service, veu quelle est en lieu de service, qui seroit de ceste partie trop faict (faire) actendre é celle du conte Guido; pour quoy vous plaira, en ensuivant ce que me mandez, faire mectre icelle compaignie de soixante hommes d’armes en Testât des trésoriers des guerres, et en faire envoyer par deçà le payement, comme des autres compagnies , sans y comprendre celle du dict Françoys monsieur de Saluces, lequel. Dieu mercy, est guery et faict bonne chere.
Sire, suivant ce que je vous ai escript de Corps, je suis venu davant ceste ville, où Rabodanges m’est venu trouver, et avons conunencé, ce jour d’uy, à faire noslre basterye: et se fera tout ce qui sera possible pour la prendre , et si de bonne heure, sire, vous eust peu me faire sçavoir vostre vouiloir, j’eusse tenu et suivi le chemyn que par ledict Rabodanges m’avez mandé , et l’affaire de ceste ville vuydé , le feray le plus dilligemment que faire se p>ouiTa. Bien vous supplye, par cy-après, pour le bien de voz affaires, ne mectre les clioses en si grant longueur, et me vouiloir souvent adverlir de ce qu’il vous plaira que je fasse, et faire dilligenter les lansquenets, car il ne seroit pas raisonnable que sans eulx je m’approchasse des ennemys, et pourveoir que l’argent pour le paiement de ceste armée ne faille.
£t quant à ce que l'ambassadeur du duc de Milian vous dit par deU, sy ne mande iedict duc d'un seul escu, quelque chose que je saiche dire, et veoy bien que l’aide que les Fleurentins feront ne sera pas grande, cncores qu’ilz promectent et dicnt assez. Pourquoi, sire, il fault que la provision viengne entièrement de vous; aultremcnt, comme entendez trop myeulx, ceste emprinse iroit en rompture : toutesfois, il ne tiendra pas à sellerité l’un et l’autre et de faire tout ce que sera en moy pour le bien de voz dictes affaires; et demeure en mon oppinion, sire, que si vous pouvez trouver quelque bonne et seurc paix, par delà, vous y devez entendre.
Sire, je prie Dieu que vous doint très bonne vie et longue.
Du camp devant Pavye , le x* jour d’octobre.
Vostre très-humble et Irès-obepsant subgect et serviteur.
ODET DE FOYX.
N" Xin. — LETTRE DU ROI AU MARÉCHAL DE MONTMORENCY.
Roi apjM^uve le» opérations militaires de M. de Montmorency. — Le maréchal de CbabaoBes sera vendredi à Coni, et le Roi le lundi suivant.
iCbomts, 13 ocl»l>r* 1534. 1
Monsieur le mareschal, j’ay veu ce que m’avez fait sçavoir par vostre lettre du ix' de ce mois, tant du passaige et retraicte de nos ennemys que de vostre passaige , et de la compaignie qui est avecques vous: que je trouve très bon. Vous et ladicte compaignie avez fait jusques icy ce qu'estoit possible de faire; vous continuerez ainsi que verrez pour le mieulx. J’ay trouvé très bon ce que avez fait touchant les gens d’armes qui s’en retournent, et, selon vostre avis, j’ay fait escrtpre à tous les baillifs et seneschaulx de mon royaume pour en faire faire la pugnition si rigoureuse, que les autres y preignent exemple, vous advisant, au demourant, que le duc d’Albanye, avec
les gens d’armes, et le mareschal de Chabanncs avec les gens de pied, seront vendrcdy ou samedy à Cony, et j’espere y estre dimenche on lundy.
Ce pendant continuerez i me faire savoir de voz nouvelles et de ce qui surviendra de vostre costé, et je vous feray le semblable du myen. Et à Dieu, que vous ait en sa garde.
Escript à Soldes le xii" jour d’octobre.
FRANÇOYS
El pliu bas, DE Nei’fville.
N- XIV. — LETTRE DE M. DE MAILLY AU GRAND MAITRE Oflres fiitei au Roi par !e duc de Milan.
la octobr* 16M.]