A MONSIEIIH LE GRAND MAISTRE
Monseigneur, yer aryva en ce lieu de Pavye le duc de Millan, quy a aufert , ce jour d’uy , à monseigneur de Lautrec de luy mestre en ces mains AUecsandrye ; et ce pourquoy il avoit voullu avoir au commenssement n’estoit seullement que pour la repulacyon , et à cel fin que l'on beut connoisence qu’il n’estoit duc en vain; pareillement luy bailler Pavye, Laudes, Cremonne, ensemble Millan, cy nous le prenyons. Et croy qu’il a dit ce pour nous faire rompire le veage de la Rommaigne et tirer droit audit Millan ; touttesfois, ledict sieur de Lautrec l’a bien remereyé, l’asseurant que le roy ne sera ingrat de ceste bonne voullonté , et sur touttes choses de ce monde que la seigneurie de Venise craint la pais et aussy fait ledit duc.
Monseigneur, je ne vous escrips ce pour avertissement, mais seullement pour vous faire certain que ne suis paresseux de faire mon debvoir.
Monseigneur, après m’estre recommandé très humblement k vostre
bonne grâce, je prie Nostre Seigneur vous donner très-bonne vie et
longue.
Du quant de Pavye, ce xiii' d’ottobre.
Vostre très humble et très obéissant nepveu et serviteur,