XX. — LETTOE DE MONSIEL K DE LA TRÉMOILLE AU MARÉCHAL DE MONTMORENCY
Nouvelles du siège de Pavie.
2 »o««skr< IÏ24.J
Mon nepveu mon amy, je me recommande à vous tant comme je puis; j’ai veu les lettres que m’avez escriptes, et vous mercye bien fort de la peine que vous avez prise pour l’ung de voz amys, qui est le plus malheureux homme du monde , vous priant ne m’aimer jwint tant, car tous ceulx qui m’ayment meurent!
Vous m’avez fait bien grant plaisir de m’avoir mandé de vos nouvelles, et si vous eussiez failly de gaigner le Graveron et le pont, vous n’y eussiez entré sans grant peine, et si fussent entré dedans Pavye.
' Ce fut le a8 octobre, le lendemain du jour où ccUc lettre fut écrite, que oouimen^a le »iége de Pavie.
T,c pape, qui connaissait rinfluencc des conseils du maréchal de Montmorency sur les résolutions du I\oi. lui envoya aussi un de ses dataires, Paccrédilant auprès du maréchal pour tout ce qu'il lui dirait de la |3arl du saint-pérc. Le bref de Clément VU est daté du 5o octobre tbaâ- (1/original
est à la Bibliolbèque royale, vol- n” 853b. !•»«' 79 )
Le datairc apporta aussi une lettre pour la régente. Elle lui fut envoyée à Lyon, cl la réponse adressée au pape par madanu* d'Angouléme se trouve ci-après, page 45.
La mission spéciale de ce dataire était de conseiller au Roi de faire l’cipédition de Naples, qui lui fut si fatale, puisqu'elle prépara les désastres de Pavie.
Des nouvelles, je vous advise que nous cusmes arsoir une grosse allamie; car l’on nous dist qu’il esloil venu qiiaslre ou cinq mille hommes h Laudes et sept ou huit pièces d’artillerie, et que le marquis de Pescaire y estoit retourné, et est cela vray. L’on dit qu’ils ont délibéré que incontinant que le Roy aura fermé son siégé (lavant Pavyc , ils s’en viendront davant ceste ville pour luy faire lascher prise. Et vous assure qu’ils en font bien les mynes; nous y ferons ce que nous pourrons.
Le s' Theoldore et moy avons esté d’advis de faire retourner icy ma compaignie , pour donner congnoissance à ceulx de ceste ville (pie le Roy la veult fournir, et aux ennemys qu’il y a des gens pour eulx.
Je vous advise que le martpiis de Pescaire foumist à puissance Laudes de vivres et la riempare fort , et n’est que depuis trois jours en çà; mais si le Roy se veidt garder de n’avoir point de fascherie pendant qu’il tiendra son siégé , il me semble (pi’il doibt envoyer à Marignan ung trois mille hommes de pied et deux cens hommes d’armes; et en ce faisant, il leur donnera bien é penser, et s’il ne le fait ili s’essayeront, avec leurs amys qui sont retournez pour la crue cpie le Roy a fait faire, de luy faire tous les allarmes qu’iiz pourront.
Nous sommes délibéré de faire aujourd’uy rompre le rempar du fonbourg (pii est du costé que vous teniez vostre camp l’année passée. Car cela fait, les ennemys ne se pourroient tenir en ceste ville s’il?, l’avoient regaignée.
Je vous prie, mon nepveu, mandez-moy bien au long de voz nouvelles : et pour fin , je vois prier nostre Seigneur vous donner tout ce que desirei.
De Millan, le ii* jour de novembre.
Le tout vostre oncle ,