‹ Captivité du roi François IerChapitre 32 sur 241 · A MADAME · texte numérisé non relu

A MADAME

.Madame, tant et si très humblement comme je puis à vostre bonne grâce me recommande.

Madame, arsoir, bien tard, vindrent nouvelles que les ennemys dévoient, ce matin, desloger de Villantero pour aller à .Arpian, et demain à Bellejoyeuse; et sur cela fut ordonné que ce matin, devant jour, l’on envoyroil une bonne troupe de gens de cheval, à la guerre, pour savoir et entendre ce que feroient les dicls ennemys. Et afin de ne laisser pa.sser une bonne occasion pour mectre fin à la guerre , le Roy coiiclud de se teuir prest pour aller combattre lesdicts ennemys, si le lieu et la marche du logeiz qu’ilz feroyent s’i offroit raisonnablement.

Madame, pour .satisffairc à la dellibcration contenue cy-dessiis, messeigneurs l'adiniral, mareschal de Cbabannes, d’Aubigny et de Bryon sont, ce matin, partiz de ce lieu, dès le point du jour, pour aller .sur le chemin de Bellejoyeuse , ont prins avecques eulx quelques gens de pied et mesmeiiient harquebutiers , sont arrivez audit Bellejoyeuse; et incontinent après, y sont venuz lesdicts ennemyz pour y cuyder faire le logeiz de toute leur armée; mais ayans trouvé le

' Archives d'-Anglelerre. Ce document a été brûlé en plusieurs endroits. (Copie de Brequignv )

iogeiz pris, s'en sont retourné et ont fait leur iogeis audit Arpian, deux mil par deçà ledit Dellejoyeuse. Et en actendant nouvelles de nosdicts seigneurs l'admirai et autres, le Roy est party une heure après culx, avec le demeurant de ceste armée, -sauf les lansqtienetz , qui sont demourez en leur Iogeis, pour tousjours tenir ceste ville serrée, mais prestz à marcher sitost que le Roy les feroit appeller : lequel a esté, depuis le matin jusques à cinq heures de soir, en hataillc, avec toutes ses forces et le baguaige de toute ceste dicte armée troussée et prest à marcher audit Dellejoyeuse, là où ledit seigneiu- avoit délibéré aller coucher, s’il eust esté hesoing de dehatre ce Iogeiz avec lesdicls ennemys. El veoyans qu'ilz se sont arrestez audict Arpian , nous sommes revenuz en ce Iogeiz, duquel nous deslogerons, selon ce qui se pourra entendre de la deliberation desdicts ennemys; dont vous. Madame, serez continuellement advertye.

Madame, messeigneurs de Sainl-Pol et mareschal de Foix, pensans lesdicts seigneurs que deust avoir la bataille, ont hahandouné Millan pour venir icy. Monseigneur de la Tremoille n’en eust pas faict moins, s'il ne luy eust esté expressément deffendu, par deux depesches que le Roy lui feist hier faire; et pouvez penser. Madame, comme mondit seigneur de la Tremoille fa prins en pacience : lequel en a, ce Jourd'huy, envoyé doux cartelz de dcfhanse audit seigneur, luy alléguant et les droits et les privilleges de son office de premier cham. . . . , et aussi d'autres raisons qui servent peu à. . . .

intencion pour le hesoing et service qu'il fait au lieu où il est,

qui est, comme je pen plus grent danger de recevoir fesfort

des ennemys que ceste compagnie.

Madame, monseigneur de Vauldemont est à Millan n'a peu

faire comme les dessusdicts , parce qu’il mallade et a la fievTe

assez aspre, ainsi .... m’a dit le bon homme monsieur de La Loe ....

n’a pas voullu que son maistre comhatist sans et s’en est venu

comme les autres, et a hab. . . mondit seigneur de la Tremoille, avec lequel il. . . . tousjours estre. Monseigneur le cardinal est très bien guery , et partit hier dudit Millan pour aller chan .... fair à Casai.

Madame, je prye nostre Seigneur qu’il vous doint très bonne et longue vie.

Escripl au camp davant Pavye, ce premier jour de février.

Vostre très humble et très obéissant subgect et serviteur,

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