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N* X.XXI. — LETTRE DES DÉPUTÉS DES LIGUES SUSSES A L’AMIRAL BONNIVET ET AU MARÉUIAL DE MONTMORENCY.
Ils aonoDCCot que le secours en hommes promis per les Suisses est en merebe. S’il en eet besoin, ils en lèveroni encore d’entres. >- lU soobâileat toute proep^té âtu ermfei du Roi.
((.««•»«, 3 f^har 1533.)
■à .NOBLES ET TRÉS-BEDOUBTEZ SEICSEtIRS NONSEIONEUR I.'AOIIIRAL ET
MUNSEIRNEIR LE ILtRESCH.\L DE FRANCE, NOZ BONS SEIGNEURS ET
TRÉS-CHIEBS AMIS, EN L'EXERCITE DD CHRISTIANISSIME .... MILAN.
Très redoubler seigneurs, nous nous recommandons très affectueusement i vor bonnes grâces.
Nous avons reccu vor lettres et les bons advisement que vous nous avezfaictz, et vous prions qu’il vous plaise nous adviser et faire tousjours sçavoir toutes nouvelles. Nous avons ordonné, par le consel et voulenté de monseigneur l’ambassadeur, jusques à cinq mille hommes pour vostre secours, desquels une part est là sur le chemin. Nous vous prions que vous faciez bonne diligence et bon guet, et que vous soyez bien d’accord tous ensemble , tant François que Allemans , et n’abandonnez point vostre avenlage. Et si vous fault plus grant secours , en nous advisant, nous vous secoiurons de corps et de biens, sans aucun double. Et prions Dieu qu’il vous doint victoire et bonne vie et longue.
Escript à Lucerne, en la journée là le ii' jour de février, l’an mil
cinq cens et xxiiii, et sellé du seau dudit lieu, à l'instance de nous toiu.
Les tous vos serviteurs et bons amis.
Les orateurs des ligues audit lieu assemblez,
H. DE ALIRON.
N* XXXII. — INSTRliCnONS BAILLÉES DE PAU MADAME LA REGENTE AU PRESIDENT DE ROUEN, MESSIRE JEHAN BRINON, POUR EN SON NOM ALLER DEVERS LE CARDINAL D'YORK EN ANGLETERRE TIUICTEU DE LA PALX*.
Messire Jehan Brinon, chevalier seigneur de Villenes, conseiller du Boy et premier president au parlement de Normandie, aussi premier president des grands jours des conseils de Madame mère du Roy et chancelier d’Alençon , lequel madicte dame envoyé en Angleterre, par devers très reverend père en Dieu monseigneur le cardinal archevesque d’Yorck, légat en Angleterre, après lui avoir fait audict cardinal les très cordialles recommandacions de madicte dame , luy présentera les lectres de creance qu’elle luy escrypt.
Sa creance sera que madicte dame remereye bien fort et de tout .son «leur icelluy monseigneur le cardinal du bon recueil et traictement qu’il a fait à messire Jehan Joacquin, son maistre d’hostel, des bons propos et vertueuses parolies qu’il luy a tenus sur le fait de la paix et repos de la chreslienté, du grand soin et cure qu’elle congnoit par effect à icelle paix, dont elle le prye très affectueusement de vouloir perseverer et continuer è ce bon et sainct vouloir, jusques à l’entiere perfection et accomplissement d’icelle, duquel, oultre la rétribution
‘ Depnû le départ du Roi pour prendre le commandemeol de «on armée, la régente avait plusieurs fois essayé d'entamer des négociations avec le roi d'Angleterre pour le retirer de l'alliance de l'empereur Ce document se rapporte à la seconde mis-
sion ordonnée par la régente. Ce Jean de Brinon fut chancelier du duché d'Alençon. On peut aussi consulter sur les négociations de Charles-Quint en Angleterre à la même époque, Lanz, Corniponàtnz des Kaiser» Kart V, page et sniv.
et remuneratioa qu'il en aura de Dieu, toute la clirestieiilé luy en donnera gloire elemelle.
Plus lui dira que, pour mecti-e lin à l’alTaire pour laquelle avoit envoyé lcdict Joacquin par devers luy, et après avoir fait entendre au Roy, son très cher seigneur et fdz, tout le discours que ledit Joacquin lui avoit mandé, et après que sondict li'ès-cher seigneur et fils a fait entendre sur ce sa voulenté, elle a despeché ledit president avec ample et seulRsant pouvoir pour cappituler avec luy.
Et jà çoit que les aifaires de sondict très cher seigneur et lils soient |>ar le présent, grâce à nostre Seigneur, en tel estât qu’d ail moins cause de sercher amytié avec ses ennemis depuis que la guerre commença, et que il ail or, argent à suffire, non seulement pour deflendre ses terres et seigneuries de sesdicts ennemys, mais pour se revancher des offenses qui lui ont esté faites, neantmoins, pour l'honneur de Dieu , paix universelle et bien de tout la chrestienté , et pour arrester entière effusion de sang chrestien et autres offenses envers Dieu et inconveniens qui viennent de la guerre, a esté content de faire paix avec ses ennemys et mesmement avec le rov d'Angleterre.
Et avec ce, combien que il a esté offensé sans cause et qu’il ait souffert à cause de la guerre plusieurs grans maulx, injures et dommages, comme il est tout notoire, desqueb. raisonnablement devant Dieu et tout le monde pouiroit justement et raisonnablement demander raison et satisfaction, toutesfois, sans aucun regard à ce, est content entrer en capitulation sans demander aucune chose è sou très cher et très amé fils et cousin le roy d'Angleterre, et de faire paix, amytié et confedcracion avec luy, et ensuivant les traiclcz par cidevant entre iceulx seigneiu^ faiz.
Et pour les sommes de deniers que par iceulx traiclés ledicl seigneur devoit payer, neantmoins qu'il y ait cause et raison par iceux (raiclez de n’estre tenu paier les deniers deubz à cause de la redicion de Toumay, ....
El d'autant que le cardinal pourroit demander des arrerages desdicts deniers deubz, tant à cause de Touruay que autrement, le per-
Miadera par tous les moyens dont se pourra adviser que icculx arrerages soient qiiictcz.
Et li et quant ne pourroit gagner le point , fera envers lui que ledict arrérage soient rcmiz à l’année qui echcroit, après que tout ce que est deu pour l’advenir sera satisfait et payé.
Et se payera ce que est deu pour l’avenir, par années et termes, en la forme et maniéré que se payoit auparavant la guerre , dont le premier terme eschera d'icy en un an, et si cela ne se peult, en may prouchain venant.
Et pour ce que ledit Joachin a mandé à madicte dame que ledit cardinal demandoit lesdicts arrerages estre promptement payés et le reste pour l’advenir cent mille escus pr an, tant que le roy d’.Angleterre vivroit, et après son décès, le demouranl seroit payé aux termes accoutumés : si icelluy cardinal persistoit en sa dite demande, luy sera remonstré que de pyer les arrerages à présent, le Roy commodément ne le pomroit faire, attendu les gros frais et mises qu’il luy a convenu soustenir à cause de la guerre; et d’autant qu'il est question de faire entrer les deux roys en amylié, est expédient conduyre le cas par une grande gracieusité et non par duresse, aÉBii de causer une bonne, fraternelle et très cordiale amitié entre eidx; et si faull avoir regard que ledict seigneur roy de France n’a ses all’aires en aucune nécessité, grâce à nostre Seigneur, par quoy doyve souffrir d’estre aucunement engarié : et si croit que scsdicts ennemys sont plus las de la guerre que lui , et que quant vouldront recomniancer à lui faire la guerre, s’il s’est par ci devant bien deffendu d’eulx, le fera par l’advenir avec l’aide de Dieu et son bon droit encore mieidx. Lesquelles remonstrances se poiuront faire selon que la matière sera disposée et en grand douceur et gracieuseté.
Et quant aux cent mille escus qu'il demande primitivement, luy sera remon.stré que ce seroit abréger des termes pr cy devant convenus et augmenter la somme : car le roy d’An^eterrc pourroit si longuement vivre que , fin de compte , se trouveroil que l’on auroit beaucoup plus pavé que l’on ne devroit. Autre chose seroit si de-
inandoit qiie cent mille escui rit&senl payés par luy durant la vie du roy d'Angleterre, et que, si pendant icelle se trouvoit le tout estr<pyé, autre chose ne se payast, et si tout ne seroit payé 4 son décès, le reste se pyeroit aux termes convenus aux traictei precedens, en quoy faisant ne seroit augmenté la sotu-ce, ains y aimoit abbreviation de termes, à quoy le dit seigneur roy de France ne veuJt consentir.
Bien sera content, pour le bien de paix, si autrement ne se pouvoit faire , que les arrerages qu'il entendoit payer 4 la lin des termes 4 escbeoir soient depprtiz par années, et que 4 chascun an et termes, soient payés xx mil livres, qui sont xx mil escus par an jusques 4 fin de payement.
Au demeurant, quant à Ardrc et autres choses de la conté de Guienne, qu’il devToit luy suader que icelluy seigneur roi de France n’y consentiroit jamais, d'autant que seroit chose qui redonderoit au grand regret et desplaistr de son royaume , et que pour rien ne veulf desplairc.
Et d’autant que le cardinal poura dire que il ne peultcappituler avec niadicte dame pour l’obligation qu’il en a avec l’esleu empereur, et que 4 cestc cause, demanderoit une cedulle à Madame, signée de sa main, pour estre seure de ce que le Roy baillcroit 4 sondict maistre en fai- •sant paix, amystié et confédération avec luy, et que veuc icelle cedulle il eust envoyé par devers l’esleu empereur, pour avoir pouveoir pour faire tresves durant le.squelles se fut esvertué de faire paix, amytié, alliance et confédération entre icehiy esleu empereur et le Roy, et où ledict esleu empereur n’eust voulu entendre 4 la dicte tresve ou paix, sondict maistre l’cust abandonne et eust faict paix, amytié, allyance et confédération avec le roy ensuivant ladicte adresse.
Luy sera respondu que, après faccord faict desdils payemens et arrairages, s’il ayme mieux cela par cedulle et par traicté, ladicte cedulle luy sera baillée, pourveu que de sa part en baillera un autre de faire et procurer ce qu’il a dit et au delTault, que ledict esleu empereur n’y voiddroit entendre, l'abandonner et traicter.
Et touchant le faict de la pension dndict cardinal qui est de douze
mille livres, pour ce que raadictc dame a grand désir de luy complaire et qu'il soit bien traicté, elle luy sera payée avec les arrairage.s en la sorte et manière qu'il advisera.
Et quant à la royne Marie, toiuhant son douaire, le traicté faict en la forme et manière qui faisoient, auparavant la guerre, et les arrerages lui seront payés à dix mille livres par an.
Plus luy dira que madicte dame luy a donné charge dire à icelluy cardinal que si Dieu conduict ceste paix et amytié entre iceulx deiu roys, elle espere que ces deux princes feront de grosses choses ensemble à la louange de Dieu , à leur gloire et mémoire perpétuelle , et que le roy son maistre trouvera avec le Roy son très cher seigneur et filz plus d'amour, seureté, foy et loyauté, que ne fait avec l'esleu empereur, et que ledict seigneur roy de France n'est point nécessiteux et ne l'empruntera de rien.
Et que ledict cardinal sera conducteur, modérateur et gouverneur de toutes les entreprises.
S'il cstoit question de parler incidenunen des traictés ac-
cordes entre iceulx seigneurs par cy devant .... et si y a eu matière de commancer la guerre que ledit seigneur. ... ou non; ledict ambassadeur en est assez adverty et informez par un double de lectres qui lui a esté baillé.
Aussy , pour estrc du tout mieux informé et pour respondre à tout ce que l'on lui pourroit mectre en avant, lui a esté baillé les doubles des traictés dernièrement faicts avec le roy d'Angleterre.
Et linablement fera en tout et pour tout, sur les choses susdites, les remonstrances ainsi que madicte dame lui a dit.