CHANSON
Quand chanteras, pour ton ennuy passer.
Ce triste escript d’ennuyeulx partement.
Je te siipply que tu vueilles penser N'estrc au monde qu’un seul parfaict amant. Qui est bien seur, si vraye Amour ne ment. Que pour jamais ' auront lieiueuse vie Par fermeté et l’amy et l’amye.
Pour obeyr à l’honneur et debvoir,
Esloigncr fault toute félicité
Et tout le bien qu’en ce monde puys veoir,
.Si seur n’estoys de ta grand fermeté :
Car bien je sçay que point n’ay mérité T’en souvenir ; mais lu me faiz ce bien De me tenir à toy plus que myen.
Que dépendra l’esperit tant lassé En esloignant le seul bien de sa vie Tant de malheur il auroit amassé,
Que plus n’auroit de vivre trop envye.
Si ce n’estoit le bien et l’heur, amye ,
De ta grâce, qui a tant de pouvoir.
Dont seur je suis en faisant mon debvoir.
Mais si Amour cause la souvenance
‘ Qu’à touijours ma» auront. Mi. de Can^é
Et Loyaullé digne est d’etemel bien.
Ces deux feront encontre Ennuy deflense,
Parlant pour moy si tost je ne revien ;
Car pour jamais ce seul vouloir retien Pour tout mon bien présent et advenir,
Aultre que tien jamais ne devenir.
Ô. CHA.VSON.
Du temps me dueil , et non de vous , amye ; Car par luy mort je senti, et par vous vie : Trop de malheur me cause sa puissance ,
Et si ta grâce n'estoit seure deflense, D'aultre remede en moy n'auroys envie.
Plus ta grâce est de moy fort estimée,
Plus je pense qu’es digne d'estre aymée ; Mieulx je congnois m’estre seul ennemy Le doulx penser qui tant me fut amy :
Car triste absence a rempiy ma pensée.
Heureulx travail de mal cause pour bien. Dont l'imparfaict est ce que je retien;
Car toy sculle est la force de mon heur : Par quoy je tiens impuissant le malheur. De nul eflect, puisqu'il me congnobt tien.
Dont trop digne est mon infélicité Qui faict congnoistre en mon adversité De veoir finir en seur contentement :
Par quoy concludi t’aymer tant fermement Que par travail j’auray félicité.
ye CAPTIVITÉ DU ROI FRANÇOIS I*
Vlai incongiiii venant de forte cause , iM'estant rendu indigne à toute pause Par le trop d'iicur, seul au inonde parfaict. Dont le louer est moindre que l’elTect,
Garde mon plainct, de peur que l'on en cause