KPISTRE
Si par aymer l’on desire aça voir De ses amys et nouvelle en avoir.
Si en l’absence aymée est l’escripture Qui en amour les esperits rasseure.
Si le bienfaict mérité recompense.
Si tout amant en demande aaseurance Et si nulluy n’a la puisaance.au lieu
' Deflcndre. \U. d« Congé-
SECTION I. — CL'ERKE Oli MILANAIS. ! 99 De mon seul bien, fors sinon voas et Dieu.
Que debxTay dire, et pour bien commancer,
Quelz humbles grâces te debvray-je advancer,
Ny quel pcult cstre mcrcy si convenable Que ma lettre ne .sceust rendre agréable Trop d'heur seroit, saus l’avoir mérité,
Mon escript estre de tel bien hérité ;
Mais pour certain, encores cpie je.vc^s Que de si bas ne sont ouyz les voix^
En si hault lieu par vertu csievév Comme le tien par sus tous haidt levé .
Si ne lairray-je à fort très-humblement Te mercier, t’asseurant fermement Que si pouvoys bien entendre ou sçavoir Le trop grant hesir, ou que le pelisse veoir;
Que m’as donné, voyant ton escripture,
Certain je suis que tu n’es point tant dure Que tu prinscs regrect ny desplaisir Une aultre foyz me faire ung tel plaisir;
Dont te supply qu’en toy-mesmes tu pence Que ne desire, pour tonte recompense.
Que le sçavoir, de ton seul jugement.
Que je te suis vray et loyal amant ,
Et que plustost la mort je veulx choisir Que de te faire ennuy ny desplaisir.
Ne demandant aultre nul plus grant bien Que d’estre seur que me tiennes pour tien.
Mais pourquoy veulx t’asseurer d’une chose,
Que ta puissance as serrée et' enclose;
Car tu sçaiz bien qu’en ce monde ne suis Que pour t’aymer, et sans cela ne puis Vivre en repoz, ny bien jamais avoir.
Si envers toy je ne faiz mon devoir.
Commande doncq, car tu le peulx bien faire Sur le tien niesme à qui n’a à refaire Pour l’obeyr, tenant pour son seul bien,
S'il n’a cela, n’avoir au monde rien :
Faisant la fin à sa lectre ennuyeuse.
Car la longueur pourroit estre fascheuse.
Mais bien diray ce mot avant finir.
Que tout le bien qui veult luy advenir Est d’avoir nom au tien entendement L’obeissancc de ton commandement.