‹ Captivité du roi François IerChapitre 52 sur 241 · XLIII. — LETTRE DU ROI A CHARLES-QUIXT · texte numérisé non relu

XLIII. — LETTRE DU ROI A CHARLES-QUIXT

Il lui annonce qu'il a été fait prisonnier à Pavie'. — Se recommande à sa f^némsîté et magna* nimité. — Lui demande d'ordonner oe qu'il voudra de sa personne. — De le traiter en roi plulAt qu'en prisonnier.

jD* tfti» U baUÎDa (U PavM. ]

Si plustost la liberté par mon cousin le vis-roy m’avoist esté donnée, je n’eiisse si longuement allendu de envers vous faire mon devoir, comme le temps et lieux où je suis le mérité; n’ayant autre réconfort en mon infortune (jue l’estime de vostre bonté, laquelle.

du ce cardinal , publiés dans la naéitie collection que le présent volume, p. a 58.) On ignore où ao trouve aujourd'hui rorigitial. Mais le texte que nous donnons reçoit une authenticité suflfisante de la lettre de la duchesse d'Angotilème (n* XLVI) en réponse à celle-ci. La mère du l\oi y paraphrase entièrement la lettre de Francs l*. On trouve auui cette lettre du Roi dans ica registres du parlement, et dans un journal manuscrit du temps, qui fait partie de la collection Dupuy, vol. yh2. Le texte est conforme à celui que nous publions.

* François I*' se trouvait dans un entier dénùment de toutes choses, lorsqu'il fut fait prisonnier. Il eut recours à la bourse de .son geiMter; le vicc-roi de Naples lui prêta une somme d'argent dont ti avait besoiu, en attendant que madame la régente eût le temps d'eu faire parvenir au lW>i. Celte somme ne fut remboursée qu'en juin ija6. comme le prouve l'acte que nous allons rapporter. Une note fort curieuse de .M. de KonUnieu accompagne U transcription de ce document , que

nous avons tiré du portefeuille aoi de la collection qui porte son nom à la Bibliothèque royale. Elle nous donne d'intéressants detaiU sur le cbàtcau de Piuigbilonc, où le Roi fut enfermé, et que M. de Fonlanieu visita en 1736. Voici ces deux documents ;

V nEUfKKJaSEMBNT AU SECRETAIRE DU VICE-

ROY DE XAPi.ES D'tJXE .SOMME P.lR LUV

PRESTÉE \ FRAXCOI-S I* \ PIEZîCUITONE-

• En la présence de moy notaire et secreliiirc du Roy* noslre sire, maisire Guillaume de Mauve, secrétaire du vis-roy de Naples, a confessé avoir eu et reçu comptant de .M' Guillaume Proudomme, conseiller du. Uct seigneur, general de ^s finances et trésorier de son espargne, la somme de deux cent vint et une livres huit soU tournois, pour la valeur de cent huit cscuz soleil, à raison de xti* piece, que le Roy noslredit seigneur luy a ordonnée {jour son remboursement de semblable somme, laquelle U luy prosla luy estant derrenlerement au lieu de Fesquiton , pour convertir et emploier en ses meniiz pial-

SFXTIO> II. — CAPTIVITÉ EN ITALIE. 131 s’il lui plaist, usera par honncsteté à moy de l'eirect de la victoire : avant ferme espérance que voslre vertu ne voudra me contraindre de choses qui ne fust honneste; vous suppliant juger en vo.stre propre cueur ce qu’il vous plaira à faire de moy , estant seur que la volonté d’un tel prince que vous estes ne peut estre accompagnée que d'honneur et magnanimité. Povntpioy , s’il vous plaist avoir cestc honneste pitié de moyenner la seiu-eté que mérite la pri.son d’iiu roy de France, lequel ont veut rendre amy et non désespéré, pouvez estre seur de faire un acquest au lieu d’un prisonnier inutile, de rendre un roy à jamais vostre esclave.

Doneques, pour ne vous ennuyer plus longuement de ma fascheuse lettre, fera fin, avec humbles rccommandacions à vostre lionne grâce, ccluy qui n’a aise qtte d’atendre qu’il vous plaise le nommer, en lieu de prisonnier,

Vostre lion frère et aniy , FRANÇOY.S.

Le s' domp Hugues de Moncade vous fera, s’il vous plaist, entendre

sirs et affaires. De laquelle somme de ii* xm I. Tiii s. t. ledict M* Guillaume Hauve sesl tenu el tient pour content cl bien pajÿ, et en a quiclé et quitte ledict M* Guillaume Preudumme, trésorier su»* dict, et tous autres : tesmoing mon seing manuel cy mis à .sa requeste, le xii* jour de juing mil cinq cens vingt cl six. Signé CoEFiea (avec griffe et parafe). •

KOTE DE M. DE rONTANIRC

• Après la perle de la funeste betaille de Pavie, du février iSaS, François I" fut conduit à Orio, cl le lendemain au cliâleaii de Picîghiton. J'y ay vu encore se» gantelets sur le manteau de la chemi* née, dans la chambre où il avoil été en* fermé, et je les en ay oslé moy-meame lorsque nous prismes la place en 1736.

Les Italiens affectoient malicieusement de les montrer aux Françoù. Je n'ay pas prétendu pour cela éteindre la mémoire d*un événement si fatal k la France; et, quand je l'auroia voulu, c'eust été bien inutilement. François 1** luy-mesmc avoit pris soin de la conserver on fondant, comme U fit, dans Picigbiton mesme une collégiale ile 8 clianoincs pour que la postérité n'en pût douter : idée bien singulière . pour n'en rien dire de plus.

t L'acte cy-dessus nous la fait voir empruntant de l'argent poui' ses menus plaisir» et affaires, de l'homme de confiance de son plus grand eonemy. I! lailoii qu'il n’en pût demander à aucun autre, et qu’ti en eût un besoin bien pressant. 11 est honteux qu'un prest de celle espèce o'ail été payé que 21 mois après ou environ. •

de ma pari ce que luy ay requis vous dire, et aussi vous prie croire

Bryon, genlilhomme que vous envoiray, comme moy-mesme

V XLIV — LETTRE DE LOEISE DE SAVOIE A HENRI, COMTE DE NASSAU, AU SUJET DE LA CAPTIVITÉ DU ROI*.

(3 nan I3S3,)

iV XLV- — LETTRE OE MONSIEUR DE LA BARRE. BAILLI DE PARIS A MADAME D'ANGOlJLÉME

Le Uni e«i fnil priM>nni<*r. > Alarcon e$t cbarç^ de le garder. <-*> li cM tr^s-bien — Le Rm prie U r^enie d'écrire une lettre de re4oerdmeol à AUrcoo. — Le Roi demande de l'argent et de U vaiaitelie d'argent. — > Il oe mange que du puisson , ce qui lui eat fort contraire. — Il jeûne quelque* jours de la acmaioe. ~ Le Roi ne uit pas encore où il sera conduit. — Rabou rt son argent sont sauvés. Ils sont i Plaisance.

{ D« PiaifhilOM . « Mar* \b1CS. ]

Madame, vous avei .sceu par Monpesal la perte de la hataylle puys- ([ii'il a pieu à Dyeu, aus.sy qu’il luy a pieu sauver le Roy, qui grasses à Nosire Seigneur, est en sy bonne santé qu’il n’est possible de mylleiire, et a bien bonne esperence, avec l’aydc de Nosire Seigneur et la vostre, sortyT de bref de pryson. Il est entre les mayns du cap|>ytaine Alarcon, que, vous asscure, madame, le tretle aussy bien qu’il est

comme il l'a dit au commandeur Pignatesa pour lu vous dire. Sire, vous estes bien tenu à Dieu de vous avoir donne voslre ennemi entre vos mains; je mettrai peine d’en faire si bonne garde que vous en rendrez bon compte.* (Lenx. Corrtspondenz dsa Kaisers Karl V. p. i5a.)

* Cette lettre est publiée dans les Papiers d'Etat du cardinal de Granvelle .

' Ce document a déjà été public. On le trouve aussi dans le tome 1 des Papiers d'Etat du cardinal de Granvelle, p. 366. {Collection de documeuts inMits da ministrr de VinsiTUt'tion pablitfoe.)

Le vice-roi de Naples écrivait à la même épo*{ue à Charles -Quint au sujet du roi i-aptif ■

«Sire, le roj de France me a parlé de sa prison, o^'anl espoir en vostre vertu,

SECTION II — CAPTIVITÉ EN ITALIE. 133 possvble jusqucs ycy, cl m’a commandé ledit seigneur vou.s mander (ju’il vous prye que luy escripvieï ([uelques mois en le remersjeul du bon tretemcnl qu’il luy fet. Aussy m’a dit qu’il vous playse luy f’erc envoyer quelque argent et epielque peu de vecelle d’argent, quar nous en avons bcsoing. Il m’a au.ssy commandé vous escripre <|u’il vous envoyTa de bref monsieur de Bryon qui yra en Espagne et monsieur le marescbal de Vlontmorensy qui s’en yra pour sa ransou.

Madame, sy vous plesl, sy Burgansys et M' Jeban de Nymes s’en estoyenl retournez, il vous plera les renvoyer, et l’on leur envoyra leur sauconduyt de là où ilz le manderont. Je vous asseure que ledict seigneur en aura besoing. 11 ne veult manger ny <eufz ny autre chose que poysson, qui luy est fort contrayre, et veult jeûner quelques jours de la sepmayne*. Madame, nous n’avons guères de moyen de vous escripre sy ce n’est pour oquassion d’envoyer gens pour nos afferes. Madame, je envoyé se présent porteur Moidouy pour ma ranson qui est de m. escuz, et ceiluy qui me print le doyt mener à saineté et ramener. Il rapportera bien se qu’il vous plera seurcment.

Madame, je supplie à Nostre Seigneur, de bon cueur, vous donner très bonne vye et longue santé, et bienlosl veoyr le Boy, lequel ne set enquores où il sera mené.

De Pesqiiyjon, iiq' mars.

Vostre très humble et trC» ubeysseiit suget et serviteur,

DELABAKE.

Madame, le trésorier Babou est sauvé, et est son argent à Plesanse.

' Aussitôt que U duchesse d'Aiigoulëme et madame Marguerite d'Aleri(;on furent informées de cette manière de vivre du Roi , qui devait lui être funeste . la duchesse Marguerite s'empressa d'écrire au Roi son frère pour le supplier d'abandonner les idées d'abstinence et le régime

qu'il avait adopté , trop contraire a sa santé. [Lettres de Marguerite de \avarre, a* recueil, pubbé pour la Société de l'histoire de France, p. aS.) Nous n'avons pas connu l'autre lettre de la Barre dans laquelle il parle de tortue. On l'a citée sans dire è quelle collection elle appartient.

N* XLVl. - LETTRE DE LA Dt ClIESSE D ANGOELÉME ET DE MARGUERITE D ALENÇON AU ROI PRISONNIER.

(Vojci pl. I.)

Pr«iiiiér« lettre de condoléence en Koi priionflter. — Ob ioue Dieu de lui âToir reoMné n^ewieer, *

la tit ft lu Mtfitr.

AU noï MO\ THÉS bedolbté filz et souaehatn seicnei r,

Mon.Aeignciir, je ne puis par meilleur endroit commencer cesle lectre, que de lovdier Nosire Seigneur de ce (pi’il luy a pieu voas avoir gardé l'onneur, la vye et la tenté; dont, par l'escripture de vosire main, il vous plais! m’ascurer; qui a esté en nosire Irjbulacyon tel confort, qu’yl ne se peust sufvsemment escripre, et aussy de quov vous estes entre les mains d'un tant homme de bien et duquel vous estes sy bien trayié, vous asseurant, monseigneur, que ayent entendu les chouses dcsusdictes, et qu’il vous plaist dellyberer de pourlcr vertueusement toutes les choses quy plest à Dyeii vous envoyer, comme Mompeaat m’a aseurée, que ainsy de ma par je soutyendré, celon vostre yntenevon et desyr, la fortune en telle sorte, pour le secours de voz pelys enfens et afèresde vostre roiaunic, que je ne vous seray ocasyon de vous adjoindre peyne daventaygc, suplyant le Créateur, monseigneur, I

vous avoir en sa seynte protectyon, comme luy requyer de bon ccur

Vostre très litiiuRle, bonne inere et subjeetc,

LOVSE.

‘ L'éditeur des lettres de Marguerite do Navarre, d'après lo recueil manuscrit de 1a Bibliothèque royale n‘ ayaa, Supp' français , a négligé cette lettre On trouve

Vosire très buiiibie seiir.

MARGUERITE *

également dans la coücctioa Doal de la même bibliothèque plusieurs h tires et actes olBcicIs de la duchesse Marguerite, curieux pour rbisloire de la vie de cette

SFXTFON II. — CAPTIVITÉ EN ITAME,

y XLVII. — LETTRE DE LOUISE DE SAVOIE. DUCHESSE D ANGOULÉME, MÈRE DU ROI, A L'EMPEREUR. AU SUJET DE LA CAPTIVITÉ DE SON FILS'

(Première lettre.)

V Xl.vni. — LETTRE DE LA DUCHESSE D ANGOULÉME A MONSIEUR DE JARNAC

Elle loi aoiH>noc U perte «le U hauilie «le Paiie. — Lui donne ordre de se retirer à la RochellK. et de rdller i la cNiniervation de la ville. — Le royaume a besoin de ses bons tcnricea.

(S«ûi«Jut.wr*LfMi , 13 m»r« 153%.]

A NONSIEi n DE lABNAC.

Monsieur de Jamac, vous avez bien entendu la fortune qui nous est advenue en Italie, et comme elle a esté telle que le l\oy y est demeuré prisonnier entre les mains du vice-roy de Naples, sain de sa personne et très bien traitté : de i]Uoy, et tle ce qu’il a plu h Dieu /ay lauwr l’honneur cl la vie, il le faut louer. .Au siiq>lus, vous .savez le besoing que ledit seigneur a maintenant d’estre servy; à ceste cause, je vous prie de vous retirer à la Ilocbelle et lé ordonner au fait de la ville, tant y faire faire bon guet et bonne garde, la fortifier et reparer, et faites toutes autres choses que y sont requises et necessaires pour la deffense et consenation d’icelle, comme je suis seur que vous sçaurez bien faire. F,t en ce faisant, vous ferez très gi-and service au Rov et

pnnce»M, qui onl ég.iiemeni été négligé» on ignorés par lo mémo édilctir.

' Celte lettre ,»e trouve k U page 369 des Papiers d'Êtal du cardinal de Gran- ''rlio , tome i ( CoUtfCiton de docamenii iné~ dtU de mutistrt de Vinstrnetion pafditfue).

Oo peut aussi consulter dans le même volume (page 361 ) deux lettres de l'arditduchesse Marguerite sur la bataille de Pavic, écrites, Tune le 6 mars i535 au comte de Gavres, et l’autre le 1 5 du même mois au conseil de Flandre (page 363).

I3fi CAPTIVITÉ DU ROI FRANÇOIS I".

au royaume , et à iiioy très singulier plaisir. Priant Dieu, monsieur de Jamac, qu’il vous ait en sa sainte garde.

Kscrit à Saint-Just-sur-Lyon, le i3 mars i5a4.

LOYSE

V xux. — LE'rriu: de l e.mpeiœüh chaules v a madame la duchesse

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