N- U. — EXTRAIT DES REGISTRES DU PARU';MENT DE PARIS
L« p«riemenl de Rouen envoie den d^pulAs k edui de Ptri», pour lui rendre compte de» me*urc-s prises pour Msurer le innquiUitë de U provioee. — On approuve ces mesures. — On indique celles que le parlement de Paris a ordonnées pour la tranquillité de la rille.
|r wm IM» 1
Ce jour, 17 mars i5s5, maistre Thomas Postel et Martin lleiinequin, conseillers du Roy en la cour de Parlement de Rouen, .sont ve-
voyer ledict prince tl’Orenget ©I iuy pro* mettre de par noua que luy ferons faire la raison de sa prison , de sorte que ce soit à son contentement. El en cas que dudict seigneur Rov ne de ladicle dame regente ne puiasiet avoir ladicte delivraiKe, les sdvertirez que si au inoings ledîct prince
n'est mieuh traitté qu'il n'a esté jusques icy , que nous monslrerons exemple comme devons faire traitter les bons per sonnages ses subgeb qui sont en vos mains. •
On peut consulter aussi, sur l'élat de.* aiTaires de l'empereur en Italie à cette
iiu.s p.ii la cour de céans’, et ont présenté lectres missives de ladite cour de parlement do Rouen, portant sur eux creance. El après que Icsdites lectres ont esté Icues. ledit Postel a dit: que ladite cour de parlement de Rouen se recommande humblement è la bonne grâce des presidens, conseillers et autres officiers de la cour de céans, et qu'elle les avoil envoyei par devers eux pour les advertir que Madame, mère du Roy, regente en France, leur avoit fait sçavoir les piteuses nou- \elles et inconveniens qui estoient arrivés au Roy et au royaume, leur recommandant la justice et qu'ils eussent à regarder au fait de la |H>lice, tant de ladite ville de Rouen que du duché de Normandie; et qu’elle leur envoieroit homme exprès pour les advertir de ce qu’ils auroient à faire. Et incontinent qu’ils leurent ces nouvelles, ils envoierent quérir rarchcve.sque de Rouen, l’eves([ue de Lizieux, le chapitre de Rouen, le bailly audit Rouen, et grand nombre d'autres grands et notables personnaiges de ladite ville et dudict duché, pour adviscr ce qu’on debvoit faire. Et furent députez gens pour tenir le conseil, qui SC tient, chascun jour, en une chambre du palais de Rouen : que ceux de ladicte cour de parlement et villes de Rouen et des p.iys et duché de Normandie ayant bonne cognoissance de la cour de céans, laquelle a e.sté la première instituée et est la capilalle du royaume, qui entend et sçait les choses telles comme elles ont esté conduites et faictes le temps passé, sçayt les moyens de pourvoir aux fortunes, inconveniens et alTaircs qui pourront sunenir audit royaume, et ont l’experiaiice grande des choses plus que nulz autres, les ont envoyez vers ladicte cour de céans |>our les advertir des provisions qu'ils ont faites et données pour la seureté de ladicte ville de Rouen et autres villes des frontières dudict duché de Nonnandie, et pour
même époque» une lettre de l'archiduc Ferdinand, publiée dans U Corrtipondêtiz kaiter$ Kttri V, par le docleur Lanz, Leipzig, i844-
‘ l,e savant et judicieux historien du parlement de Normandie, M. A. Floquci.
» qui OD est redevable de plusieurs autres
publications très-curieuses sur U province qu'iJ habite, parait avoir ignoré cette bo nnrabh* dcinarcbe du parlement de Normandie dans lin moment si difficile pour le gOMvemement de U régente. I^es regislren du parlement <le Paris noos en ont conservé le souvenir.
SECTION II. — CAPTIVITÉ EN ITALIE. 139 sçavoir ce qu'ils ont à faire ; qu'ils se veulent conduire par fadvis et conseil de la cour de céans et faire tout ainsi qu'elle ordonnera; sont près d’obeir et demeurer en l'obeissance telle que ceux de ladictc cour et ceux de ceste ville de Paris ferons. Qu’ils ont reçu lettres de ceux des villes des frontières qui sont en Normandie, lesquels sont de- , libérez de faire ce que ceux de ladictc ville de Rouen leur ordonneront, et les ont advertis qu’il y a aucune desdites villes qui sont mal munies, tant d’artillerie et autres munitions necessaires, que de vivres; qu’ils envoyèrent quérir le sire de Breszav, cbevalicr de l’ordre, f^raml senecbal de Normandie, pour y adviscr, qu’il est requis de poiu^oir à l’union dudict royaume, et que de lenr part ils ont poiirveii au fait de ladicte ville de Rouen ; ont fait quelques articles particuliers . lesquels ils ont envoyé à madite dame et lesquels ils ont apportez pour les monstrer à la cour de céans, et les metront ez mains de qui ladicte cour ordonnera pour les faire venir, corriger, augmenter ou diminuer, ainsi que on verra estre à faire par raison ; et suplient la 0010* que s’il survient quelque chose, les en advertir, et qu’ils feront do leur part ce que ladicte cour ordonnera et luy offrent tout service et obeis-sance.
A quoy messire Jean de Selve, premier president, leur a respondu : qu’après avoir seu l'infortune, la cour de céans print de semblables conclusions que ceux de ladictc ville do Rouen; donnèrent ordre au faict de reste ville, envoyèrent quérir les prescheiirs. afin qu’en leurs piedicalions ils eussent à exciter les peuples i se retirer devers Dieu, jecter sur eux et leurs pechez l’inconvenient advenu plustot que sur ceux qui ont eu par cy devant le gouvernement et fadiiiiiii.stration dudit royaume et de la chose publique; et pourempescher que le peuple ne murmure, et au.ssi pour le tenir en l’obeissance du Roy, de madicte dame et messeigneurs les enfans dudict seigneur, en laipielle ils veidcnt demeurer et non d’autres, et pour éviter qii’auciins tumultes, séditions ni ,'i.ssemblées ne se lacent eu ceste ville, et à tenir en paix et Iranquilité, ont esleu certain nombre de gens, tant de la cour de céans, de la chambre des comptes, de fEglise, prevost des uiarcliands et autres liabitans de cestedite ville, qui se trouvent tous
lào CAPTIVITÉ DU ROI FRANÇOIS l'.
les jours en la chambre du conseil, en la compagnie de l’archevesqiie d’Aix, lieiilenant du Roy en cesle ville, et du seigneur de Montmorency, qu'ils ont |X)ur ceste cause envoyé quérir, pour adviser aux choses qui pourront surx-enir.
Fit quant est des villes et frontières, la com- de céans et ceux de ceste ville se reposent sur les gouverneurs des lieux, qu’ils pensent avoir esté pourveu par le duc de Vandosmois, qui est un sage, discret et advisé prince, qui est venu en ceste ville et céans, et leur a dit qu’il est délibéré de servir le Roy et la chose publique et d'oheir à madicte dame et à messeigneurs les enfans dudict seigneur, et prendre toute la charge et le fait pour eux; et que du costé de Picardie, il avoit donné provision à la ville de Monstreuil , Boullongne, Therouenne et autres villes qui sont sur les frontières; et que du costé de Champagne, on pense que le conte de Guise, qui est aussi allé devers madicte dame, y aura aussi pourveu et n’y aura rien oublié.
.Au regard de la Normandie, ils ont adverty le sire de Bresiay, grand seneschal du pays , qui ne fera riens sans ceux de ladicle cour de parlement de Rouen, et que de ce qui surviendra en ladicte ville de Paris on les advertira ; et aussi .s’il survient rien aiidict pays de Normandie, on les prie qu’ils en advertissent ladicte cour de céans pour y pouneoir. Que l'on fait en ce.stc ville garder les portes d’icelles, de peur que les gens séditieux qui ayment la guerre plustost que la paix n’y puissent enti-er, et n’y a nulz exempts pour faire ladite garde; ainsi les presidens et conseillers de ladicte cour de céans yronl chascun à son tour; y a guets dressez, mesme le gviet bourgeois qui se continue et va toutte nuit. Et au regard des estrangers qui sont en ceste ville, qu’on a advisé que, pour ceste heure, l’on ne les mectra point dehors, veu le temps tel qu’il est, et aussi les privilleges de l’Université qui sont tels, qu’ils peuvent recevoir tous estrangers, aussi bien en temps de guerre qu’en temps de paix. Et que la cour de céans a fait regarder et visiter les comptes de ceste ville pour .sçavoir quels estrangers y e.stoient, et ont pourveu à ce qu’ils ne pa.ssissent ne escrevissent aucune chose hors le royaume; et que si ceux de ladicte
SFXTION II. — CAPTIVITll; EN ITALIE. L'il
ville de Rouen ont aucuns cstrangers, ils y peuvent aysement pourveoir, car ils sont sages et prudens pour ce l'aire. El au regard des articles qu'ilz ont apportez, ils seront volontiers veuz en la cliambre du conseil. Et ce fait se sont lesdits Postel et llennequin relirez.
.N- LU. — LETTRE DU MARÉCHAL DE MONTMORENCY A MADAME MARGt ERIT?;. DUCHES.SE D'ALENÇON
Il cDArrr» en Praoce, toutei lee ToU que e«U lui sera possible, des nouvelles do Roi.
|[>t Pàsigltitiea* . SS mi» 1525. |
Madame, tant que je vous pouré mander des nouvelles du Roy, je le ferai pour le plesir et bien que ce vous est, vous suppiyant de croire qu’il est en aussi parfaicte santé que je le vys oneques , et sy est bien traité, comme il vous plaira entendre de Pierc Pont, présent porteur. Madame, je vous suplye le plus souvanl que vous pourés luy mander de la santé de Madame et de la vo.stre; car c’est la seulle chose qui luy donne le plus de plaisir. Quy sera la fin , madame, me recommandant à vostre bonne grâce plus que très humblement, suplyant Nostre Seigneiu", Madame, vous donner bonne et longue vie.
De Piceequeton, ce xxij' de mars.
Vostre très humble et très obéissant serviteur, MONT.MORENCY *.
' D'après l’original entièrement auto- Col. 8. Au dos on lit :« A Madame Ma<iaine graphe. Bibliothèque rojfale, .Ms. 8611, d'Alençon •
N* LUI — UKTTRE DE LA DUCHESSE D ANGOULÈME ET DE MARGUERITE D ALENÇON AL ROI (Voyei pl. II.)
Elles ne r^jouiMeot des boones nomelles du Boi. — KUes e»p^rent que leur triJKié »erj toujours unie (le Hoi, U récente et Marguerite).
,%r BOY, MON TRÈS REDOL'BTÉ FILZ ET SOUVERAIN SEIGNEUR.
Monseigneur, la joye que nous sentons encores des bonnes lectres qu'yl vous a pieu yer à moy, vostre mere , escripre , nous rant sy contantes pour la seuretté de la santé dont nostre vie despant, qu'il nie samblc que nous ne devons tenir aultre propous que de louer Dieu et de desirer la continuacion de vos bonnes nouvelles : quy est la mellieure viande de quoy nous pensions viiTe. Et pour ce que le Créateur nous a fet la grasse que nostre trynyté a tousjoius esté unye , les deux vous suplyent que ceste lectre présentée à vous, quy estes le tyers , soit res^ue de telle afecyon que de bon ceur la vous offrent
Viw 1res humbles et obrüssaiiles mere et seur.
LOYSE
MARGUERITE
J’é retenu se porteur jusques à présent pour lcre les dcspeclies telles que vous rendra compte.
’ l/odiieur de» I#ettreA de la reine de Navarre, publiées pour ta Société ^ l'hUioirede France, d’après le volume n* 3733 du Supplément rraii^’aisdc la Bibliolbequc royale, a oublié cette ielire, qui Tait partie du même recueil. Elle e«i écrite moitié
de la main de la reine Marguerite, et moitié de celle de Louise d’Augoulémc , mer*.' du Roi. {Vovez ci-aprcs, sur cette même idée de la royate, une épitre inè*
dite, en vers, de Marguerite de Navarre.)
S- UV. — LETTRE DE CHARl.hiS^JÜINT AU ROI FRANÇOIS 1"
(I l’envoie vÎMter dans m priaon en Italie.
(Mm
Monsieur mon bon Irère, j’envoye don Hugues de Moncadr en llalye |>our mes affaires, comme il vous le dyra. Je luy ai commande d'en passant vous visiter de ma part, et me faire sçavoyr de vostre bon pjrteinent. Par lui sçaurez au surplus de mes nouvelles; et pour ce ne vous feray ceste plus longues, sinon de vous ramentevoir et prier mestre à effect de vostre cousté le promis entre nous deux. Et tousjours me trouverés vostre bon frère et Nxay amy,
CHARLES