N- CVL— LETTRE DE L ARCHIDUCHESSE MARGUERITE A MADAME D'ANGOULÈME
Ule assure la régenle de son intervention auprie de J'eaiperear eu Ciieur du Hoi.
.Madame, quant je n’auroys la mesme voulenté que j’ay tousjours eue au bien et execution de la paix, en quoy vous et moy avons tant
' \oyei iinr leltn* de Charlea-Quint, matiifues, 1. 11, p. 607), au sujet de Parh-
publiée par M. Lcglay (.W^iofioni <hplo- vée du Roy dana le royaume de Valence.
labouri', si serois-jc bien endurcie sy par les tant {gracieuses letres qu'il vous a pieu m'escrire par le sieur d’Ysernay, et les bonnes parolles qu’il m’a portées de par le Roy et vous, ne me evertuois k y fere tout mon extreme devoir. Et desire bien, madame, vous avertir que jamès n’ay cesse d’y fere office de bonne tante envers l’empereur, envers lequel ne Irouverés faulte d’avoir acomply tout ce du traicté que luy touchoit; et sy quelque delay y est entervenu, ce n’a esté sa coulpe ny la myenne, comme Dieu scet, et dont le tout procédé, parquoy, sy la depesche dudit sieur d’Ysemay en a este ung peu retardée, ne s’en fault esbaïr, puisqu’il emporte la depesche par luy requise, que ne luy ay denyée si tost qu’il in’a esté possible. Sy que k preseut ne reste, madame, synon que vous et moy, parfaisant nostre charge , advisons tellement au faict de ceste amytié et conlidence, qu’elle puist demeurer inséparable à jamès. Qui sera chose trèsagreable à Dieu, utile et necessaire à toute la chrestienté, et pour ma part, suis délibérée m’en mectre en tel devoir que, par raison, ne me sçauriés repuler aultre que
l.a plus que toute vostre bonne sœur, MARGliERITE.
N- CVIl — .MEMOIRE AU SEIGNEUR DE MONTMORANCY, MARESCH.AL DE FRANCE, DE CE QU'IL A A DIRE A L'EMPEREUR DE L.A PART DU ROY
Le Roi lui eavoie b«i»er le» naioi, — lémoiguer de »on effeclion et désir de Toir 8. M. L — Le Roi se fie en sa magnanimité; — > a mis scs galères à la disposiüon de reoipercur pour parvenir i un traité de pais. — 1! désire sc rapprocher de reoipercur. ^arranger les affaires d'Élat avec lui. Demander oa saufeonduit pour madame Marguerite. — Qn'elle soit citargée de traiter de la paix. — Demander à l'empereur comment le Roi doit le nommer dans ses lettres. — Il désire Tbonorrr autant que possible, — Démentir les mauvais propos qu'on attribue au Roi contre l'empereur.
Premièrement, que le Roy l’envoye devers Sa Majesté Cesarée pour luy baiser les mains de sa part, luy donner bien entendre l’affection
SECTION III. — CAPTIVITE EN ESPAGNE, et grand désir du Koy qui a e.slé, depuys l’heure de sa prinse , de voir Sa Majesté et declairer ce qu’il a sur son cueur, piiir pervenir à la paix universelle de la crestienté, tant à l’honneur de Dieu et de la foy catholique que aussy à la grand gloire et exaltation de Sa Majesté rniperialle, en soy couronnant au vouloir de Dieu qui a mis la victoire pre.sente ès mains de l’empereur. Que pour parvenir à ladicte veue de l’empereur et aux fins de ce que de.ssus, le Roy a tasché, de toute sa pui.s,sance, donner entendre à l’empereur la grande conlidenre et espérance qu’il a en sa honté et magnanimité, cmf a fait venir ses galeres, qui sont grosses force en France, sur ceste mer Meditei-ranée, et contre l’advis de plusieurs grandz personnages de France a faict icelles galleres non seulement venir à Bercelonne et Valence, mectant la force de l'empereur et gens de sa solde dedans, ains aussy tes a faict actendre jusques après avoir sceu le bon plaisir de l’empereur, et de liiy entendre en qvioy il se vouldra ayder de sesdittes galleres pour se fere coroner, la paix preallablemcnt faite et la personne du Roy délivrée.
Que le Roy cognoissant estre trés-expedient et utile non-seullemeiit pour panrenir é ladicte paix et délivrance de sa personne, ains aussy pour estahlir et conlirmer Testât et faict d’Italie en la dévotion de fcmpercur, avant que les potentat! et seigneurs d’Italie n’aient loisir de soy rallier au contraire, abréger en tontes sortes le bien de laditle paix universelle, a désiré s’aprocher de la personne de l’empereur et fere aprocher madame sa mere, regente en France, avec les principaux princes de France de ceste frontière d’Esjiaigne, pour promptement rcsoldre les dilTicultés qui pouroient estre sur le traicté de ladictc paix.
Et alün que si grand chose qu’est ladicte paix et délivrance de sa personne soit condiiyte par personnages de grand et grosse autorité et que ait entièrement toute puyssancc, telle et si grande que madictc dame sa mere auroit pryé fempereur que son plaisir .soit donner saiifconduyt à madame Marguerite de France, sa seur iiniipie, duchesse d’.Mcnçon et de Berry, coute.sse d’Armaignac, de venir devers lcdict
•2'iO CAPTIVITÉ DU ROI FRANÇOIS l^
empereur avec train honnorable, selon la qualité et grandeur du personnaigc . lacjuelle apportera telle et si enliere puyssancc de Iraictcr sur ladicte paix, délivrance du Roy et amitié d’alliance pour la seureté perpétuelle de ladicte paix, que rempereur cognoislra évidemment, et tout son conseil tochera au doict, que l’intcncion du Roy est pure, necle, et va francliement enl)esoigncr, et veult conclure et resoldre en ung mois ce que pourroit traisner longuement, au grand dommaige de sesdictes provinces et de leui's subjetz.
Saura aussi avec l’enqjereur comment il luy plaist que le Roy dcsonnais le nomme par scs lectres, car a désir lui escrirc souvent et luy donner tel littre et honneur que plaira à l’empereur, le pryanl croyre que le Roy veult entièrement luy complaire et faire l'honneur à luy possible.
Luy portera aussi parolles de ce que aucims ont dlct au Roy avoir entendu aucuns rapport! avoir esté faietz à sa Ccsaréc Majesté que ledict seigneur avoit mal parlé de luy, qui sont choses certainement toutes controuvées , poiu* peux que aimez plus la guerre que la paix. Kt pourra ledict .seigneur de Montmorency, comme celuy qui a esté toujours norry autour de la personne du Roy, pour avoir entendu beaucoup de ses secretz et particulières devises, le justifier et en respondre à tout homme que vouldroit dire au contraire.
Au.ssi dira à l'empereur la cause du retardement du premier president, et pourquoy il est passé devers le Roy.
Parlera aussi à l'empereur pour respondre à la Mothe-des-Noirs, s’il est he.soing, de ce qu’il dit avoir eu la foy du Roy le jour de la bataille.
FBANÇOYS.
N* CVIII. — HAPPUhT DE CE QCI A ÉTÉ NÉtKKIÉ Al PRÉS DE L EMPERELR,
PAH M. DE .MONTMORENCY, EN VERTE DES INSTRCCnONS DU ROI '
1^ Muf^coculuit pour U durbeuc Mar^iitntc esl accordé. — aiofti que la trêve. — Ha négocie l'ontrevue du Koi et d« iVtnprreur. — %Udatne Marguerite uégociera ie traité avec les aint>a»sadrura.
(J«ij|«t im.)
Après que M" le inare.sclial de Monlinoreiicy a eu dit sa charge à l'empereur, il a esté ordonné à .MM. les vi-roy, grand-maislre et chaucellier de faire la responsc. qui fut d accorder la venue de madame la duchesse par de(,à, comme il appert jiar le .sauf-conduit; et pareillement fabstincnce de guen-e, suyvant les articles que mondici Sï' le marc.schal porte; et quant à la veue de fempercur et du Hoy, moudicl S*' le mareschal scct ce que fou iuy en a dit : et sera bien besoing de depescher promptement ung courrier pour faire entendre à Ml" d'Ainbrun cl president (de Sclve) ce qu’ilz auront à faire touchant ladite abstinence. Et pour ce que dedans l'un des articles d'icelle abstinence est faite iiiencion que Madame doit traicter avec les nommez aiidict article, aiithorisée des estatz de France, à quoy on a respondu suilisamnicnt, comme pourra dire mondict Si" le mareschal; loutesfois, pour ce que l'on a affaire à compagnie scrupuleuse, il est à présumer (|ue pour le moins ils vnuldrnnt voir comme la régence de Madame a esté reçue par tous les parlemens de France, et comme elle y a esté obeyc, auparavant et depuis la prison du Hov.
Sur quoy le hou plaisir de Madame sera d’adviscr.
Davanlaige, ils uiectent en avant une autre difficulté ; c'est que quelque povoir que madame la duchesse ait, ilz entendent que autres qu'il plaira à .Madame de nommer aient povoir au nom d'elle de négocier et disputer du faict de ladicte paix, et que l’empereur fera •
le semblable à aucuns de ses seniteurs par deçà; et après le traicté * Ct-dvBkus, psge aàtt.
se conclura par l’empereur et madame la duchesse. On leur a respondii <|uo madame la duchesse viendra avec povoir et puissance de sul)stiluer ceulx qui luy plaira pour relTecl que dessus, de quoy ils se soni contonteï ; et n’alleguent raison sinon qu'ils le veulent ainsv.
Item, dedans les articles d’abstinence de guerre ne l'un ne l’autre des Iraictans ne y comprent scs amvs, qui est de l’invention des Angloys. pour e.ssayer de nous faire perdre les Escossois, On leur a debatu puisque l’on vouloit entrer en une paix universelle, que la tresve «levoil estre universelle pareillement, et que chacun y peust comprendre ses amys et alliex. Ce que le chancellicr n’a trouvé bon. disant, nommément, que l’on n’y pourroit faire condescendre les Anglois. Toiitesfoys, mons' le vis-roy et maistre Jehan I.allemant ont assuré mondict S*' le mareschal, à son partement, que l’empereur n’entend point que se l’on court sus à nos amys et alliez, que nous ne les puissions défendre , et luy pareillement les siens. A quoy mondict S*' le mareschal a respondu que qui courra sus aux Escossois, Madame les secourra de gens et d’argent.
Il plaira à Madame bien adviser sur le tout , et mander aux ambassadeurs ce qu’ils auront à faire
.N’ Cl.’t.— LETTRE DU CONNÉTABLE DE BOURBON AU ROI D'ANGLETERRE