CHAPITRE VI
AFFECTIONS DU FOIE
1° Hépatite chronique. — Engorgement du foie
Sous le nom d'hépatite chronique, on a réuni plusieurs affections du foie très-différentes. Pour nous, l'hépatite chronique a pour principaux caractères: un engorgement du foie avec ictère et douleur, et l'absence d'un mouvement fébrile prononcé.
L'éliologie de cette affection est des plus obscures. Tous les auteurs répètent, à l'envie, qu'unealimentation principalement composée de viandes noires, que les épi ces, l'usage abondant des alcooliques, du thé, du café, que les passions tristes, les coups reçus sur la tête ou sur la région hépatique favorisent le développement de cette maladie. Mais l'observation n'a pas encore démontré l'influence de ces causes d'une manière rigoureuse. On a dit aussi que la
AFFECTIONS DU FOIE
suppression d'une hémorrhagie habituelle, des hémorroïdes, du flux cataménial, etc., prédispose a l'hépatite chronique (I). Mais en réalité, les ténèbres qui enveloppent les conditions étioîogiques, sous l'influence desquelles se développe cette affection, n'ont point encore été dissipées.
« Quand l'hépatite débute par la marche chronique, dit le professeur Alquié, les premiers pbéno- ! sont d'abord très-vagues, et demeurent tels pendant plusieurs semaines ou même plusieurs mois. L'individu éprouve un malaise insolite, du dégoût, du trouble dans la digestion ; il a un aspect de tristesse de plus en plus prononcé, qui est assez ordinaire aux personnes atteintes de lésions du foie, et qui les fait regarder comme des mélancoliques ou des hypocondriaques. Par intervalles, des douleurs profondes et de peu de durée se font sentir dans la région hépatique. Cet état continue avec des alternatives d'amélioration et d'exaspération ; enfin, les souffrances s'étendent aux épaules et au cou. La peau offre une teiule légèrement jaunâtre et cendrée ; les conjonctives deviennent jaunes, les .urines Bafranées, les selles plus fréquentes el bilieuses. L'exploration de la région hépatique montre le volume
M Indra! prétend que l'inflummalion chronique de la mi liraiie muqueuse gasiro-duodiSnale est une cause frique ifhdpMile rlironique.
98 CAPVrîRN. — SES EAOX MTNfclULF.R.
du foie augmenté, sa surface inégale, l'iiypoixind: très-sensible. Eu même temps, les digestions sou fatigantes et très-irregulièros; il survient de la toi Lies vomissements, de la sécheresse à la peau; lu pou] d'abord lent, dovient plus petit et varié. »(.Uquié,Pat/i.
« Quelquefois, dit M. Boche [Dtct, de nirit. rt chirwgie prai.}, l'hépatite chronique existe, depui longtemps sans qu'aucun signe bien précis en ai signalé la présence. Dans un très-grand nombre
18, la douleur de l'hypocondi c en est l'uaique symp lùiue ; dans d'autres cas encore, on n'est conduit à soupçonner que par l'existence d'une vive déman geaison à la peau, qu'aucune éruption n'accompagne Enfin, il arrive souvent que les symptômes d'irriti lion gastrique dominent la scène et que l'hépatite n se décèle que par l'accroissement du volume du foi qui déborde les côtes; dans ce cas, il existe un gastro-hépatite. »
Cette maladie peut se terminer par résolution par suppuration, et tous les praticiens savent com bien son pronostic a Lire de gravité.
Que les eaux minérales alcalines, à base de soud ou de chaux, rendent de signalés services dans traitement de l'hépatite chronique, c'est ce que !'c scrvatioii clinique atteste tous les jours. En effel à chaque saison thermale, on voit des individu atteints de cette affection guérir aupiès des soii!
AFFECTIONS DU FOIE. 99
sulfatées calciques et carbonatées sodiques, alors que leur maladie a résisté aux * médications les plus variées. Quel est, dans le cas qui nous occupe, le mode d'action des eaux minérales? Nous confessons notre ignoran ce, car la valeur des explications qu'on
^ dans cette' cirdevons nous résultats clilappe.Queles îentsdu foie, ctivant la seine révulsion tin; qu'elles perturbations 3s à l'hépatite fonctionnelle m s vitales se importe, en ble: voilà ce
ont le foie est le traitement aissante sur les engorgements simples de cette glande. Aussi, convient-il d'en bien surveiller les effets ; car, sous son influence, il n'est pas rare de voir se produire des symptômes d'acuité. L'excitation qu'elle produit
hypertrophié, légèrement douloureux à ta pression. Il n'avait jamais rendu de graviers d'aucune espèce. Les fonctions digestives étaient languissantes et In système musculaire considérable ment affitihli. .le conseillai à ce malade: 1" uu bain au Bouridè; 2° l'eau de la buvette du grand établissement à doses croissantes, depuis deux verres jusqu'à huit; 15" ries lavements avec l'eau de la source] l u des douches sur la région du fuie, sur la colonne vertébrale et sur les membres inférieurs.
» Cette médication produisît des ell'cis merveilleux. Les urines devinrent abondantes, elles laissaient déposer rians le vase une quantité considérable d'acide urique. L'ictère diminua progressivement et le malade quitta Capvern après vingt-deux jours de station. Il avait retrouvé son appétit et ses forces. » (Docteur Pedebidou.)
Observation II. — Hépatite chronique. — Congestion dit côté du, cœur A la suite de la brusque disparition dit flux hémorro'fdal.
Bernard. .., de Peyriguére, âgé de vingt-Jiuitans, vint à Capvern, le 13 juin 1870. Ce malado, d'un tempérament bilioso sanguin, est depuis longtemps sujet aux llux hémorroïdaux. Pendant le mois de janvier, il parvint;'! s'en débarrasser à l'aide d'applications locales astringentes. Mais son imprudence lui coûta cher. Un malaise général, des picotements dans tontes les parties du corps, des élancements du côté de la léte et du cœur suivirent cotte suppression. Iles troubles digestifs apparurent, et une douleur obscure, profonde, se localisa dans la région hépatique. Le l'oie augmenta peu à peu de volumo et tout son curps devint jaune. Une application de sangsues à. Tenus le soulagea ; mais la guérison n'eut pas lieu.
A l'arrivée de D... à Capvern, nous constatons que lVngorgemont hépatique persiste encore, ainsi que la jaunisse.
AFFECTIONS DIS FOIE. Il»
brale, sur la région lombaire, ou bien sur la partie inférieure des membres pelviens, selon que l'on désirera obtenir des effets toniques ou révulsifs.
Si l'hépatite chronique est liée à l'anémie, si elle a pour cause la suppression des (lus menstruel ou hémorroïdal, Jes eaux de Capvern seront sans rivales pour amener promptcment sa guéiison. Nul moyen ne saurait être plus efficace pour rappeler la fluxion déviée vers son lieu d'élection. Dans ce cas, les bains de jambes, les demi-bains à la Ilount-Caoute, les douches à percussion sur le périnée et sur le pourtour de l'anus, les douches ascendantes intra-rectales, seront d'un puissant secours.
Nous donnerons place ici à plusieurs observations d'hépatite chronique. Deux sont extraites de notre recueil; nous avons emprunté la troisième à notre confrère M. le docteur I'edebidou, de Tournay, qui, avec un empressement confraternel dont nous lui gardons reconnaissance, nous a permis de choisir, parmi les faits intéressants de son habile pratique, coux qui ont trait à l'action curative do nos eaux: dans diverses affections morbides.
Obbj
v I . — Hépatite chronique, ictère n
» [ ii a.L-Hi.ulU'ui ilu ■|i''[i,nrtement du Gers se rendit aux imux il« Capvern, Cet homme, déjà avancé en %e, d'une constiluliun débile, était affecté d'ictère chronique, sa peau était sèche, bruniUre et comme momifiH. Le l'oie était
hypertrophié, légèrement douloureux h la pression. M n'avait jamais rendu du graviers d'aucune espace. Les Fonctions digestives étaient langui s santés et le système musculaire- considérablement affaibli. .Io conseillai à ce malade: 1° un bain au Bouridê; 2° L'eau do la buvette du grand établissement à doses croissantes*, depuis deux vorresjnsqu'à huit; 3° des lavements avec l'eau de la source ; 'v des douches sur la région du foie, sur la colonne vertébrale et sur les membres intérieurs.
i Cette médication produisit des effets merveilleux. Les urines devinrent abordantes, elles laissaient rléposer dans le <rase une quantité considérable d'acide urique. L'ictère diminua progressivement et le malade quitta Capvem après vingt-doux jours de station. II avait retrouvé son appétit et ses forces, » (Docteur Pedebidou.)
Observation li. — Hépatite chronique. — Congestion du côlè du cœur à la suite de la brusque disparition dit flux hémorroïdal.
Bernard..., de Peyriguère, âgé de vingt-Jmiians, vint à Capvem, le 13 juin 1870. Ce malade, d'un tempérament bilioso- sanguin, est depuis longtemps sujet aux flux hémorroïdaux. Pendant le mois de janvier, il parvint à s'en débarrasser à l'aide d'applications locales astringentes. Mais son imprudence lui coûta cher. Un malaise général, des picotements dans toutes les parties du corps, des élancements ilu eu té de la tète et du cœur suivirent celte suppression . Iles troubles digestifs apparurent, et une douleur obscure, profonde, se localisa dans la région hépatique. Le foie augmenta peu à peu de volume et tout son corps dovint jaune. Une application de sangsues à l'anus le soulagea ; mais la guérisun n'eut pas lieu.
A l'arrivée do D... à Capvem, nous constatons que l'engorgement hépatique persiste encore, ainsi que la jaunisse,
At'FECTKMS DU FOIli.
digestions sont longues et trè s- laborieuse. Le malade .se la sensation d'un poids Tort incommode à l'Jiypolie droit, et se plaint de violentes palpitations du cœur, .t, l'ausculation et la percussion de la région préîe nous l'ont pas découvrir une lésion ornai) ii] nu cette organe. D... n'a jamais nu de douleurs rbuma- .alus. Il a une constipation opiniâtre; la lièvre est
: Bain, de jambes chaud pendant un quart
demi-bain de demi-lirure au Bouridé. Troil
d'eau minérale à la Huunt-Uaoute dans la journée.
descendance tempèrit en arrosait de dix minuta
tar ta région hépatique, alternant avec la douche
\nle intra-rectak à ta même température el de la même
s l'influence dB cette médication, une "nie amélioration s'est établis ; à cette dalo, les hémoront reparu et coulent avec abondance. Los tumeurs entourent l'anus sont très-douloureuses. Les battements cœur ont beaucoup perdu :1e leur violence, la coloration .nc de l'enveloppe cutanée tend à s'effacer, la constî-
cédé, et la déjection devient plus facile.
Continuation tirs demis-bains au liouridé, sir rerres d'eau à ta Ilount-Caoute. Douche descendante, suppositoire au leurn: de cacao.
a lluv hémorroïiia] coula abondamment pendant cinq s, et les divers symptômes que présentait la maladie [)... s'amendèrent progressivement. Au moment de son irt, vers le 25 juin, l'hépatite et la congestion du cœur ont disparu, te malade mangeait avec un vif appétit et itérait sans aucune souffrance.
IlÉFLEiioNs. Cette observation est pleine d'intérêt. a rapidité de l'amélioration obtenue par l'action du
104 CAPVERN. - SES EMJX MINÉRALES,
nos eaux frappera le lecteur, comme nous en fùrnes nous même frappé. En outre, elle est un oxemple remarquable d'hépàtile chronique et d'hypérémie du côté du cœur sous la dépendance d'une brusque suppression de l'écoulement sanguin héraorroïdal.
OçBSftVATiON III. — Hépatite chroniijW- rimviattive à t'inflaiïtimlkm ai'ijue du foie.
M" 10 G..., d'ïsgouleme (Charente), tut envoyée par son médecin a Capvern, le lt juin 1870. Cette malade, brune, d'un tempérament bilieux el d'une constitution sèche, nerwuse, est âgée de trente-huit ans. Sun amaigrissement, sa pâleur jaunâtre et sa Saiblesse témoignent de ses longues souffrances. M" ,e C... a longtemps habité, le Mexique, où sa saatê a toujours été bonne. Après son retour en France, il y a environ deux ans, elle eut une hépatite aiguii qui no guérit pas complètement,. L 'engorgement de la glande hépatique a persisté, accompagné de troubles digestifs si graves qu'ils ont entraîné après eux un état anémique. L'année précédente, M**" G... ût une saison ù Vichy. Ces eaux ne produisirent d'autre rllel. qu'une légère amélioration des troubles digestifs.
Aujourd'hui, M nie C... est dans l'état suivant: Teinte idérique répandue sur tonte la peau, mais principalement aux conjonctives. Le Ibii' déborde les cotes iistr-rnnles; l'épigastro est douloureux à la pression. Matité de la région ln''|i;i tique. La malade éprouve du dégoût pour toute espèce d'alimentation ; elle a des nausées. La langue est recouverte d'un enduit jauuA Ire, bilieux. Constipation alternant avec des selles diarrliéiques. Les urines sa franée s laissent déposer des sédiments ariques, La menstruation, depuis le. commencement de sa maladie, est devenue peu abondante et irès-irrégulière.
Traitement : Bain entier au Bouridê, de trois quarts d'heure. Doucha en arrosoir tempera-sur la région douloureuse; deux verres d'eau de ta Ilount-Caoute, puis succèssiirtunti trais, quatre verres.
iâ juin. — Mûmes symptômes. Cependant K™ C... est pleine d'espoir, car pour la première fois, depuis le début de son mal, elle a trouvé un franc appétit.
Même traitement.
20 juin. — Les câux ont produit un effet laxatif. La douleur ftp ig ras tri que se fait à peine sentir. L'appétit est très- vif, et M™ H... digère iïitiloment : elle est surprise de pouvoir déjeuner et dîner à la table d'bôte sans en être incommodée. Mes forées renaissent, elle l'ait d'assez longues promenades à pied ouï lui réussissent très-bien. L'engorgement du foie a beaucoup diminué.
Même, traitement. Alterner les doudta rêwhttivsi sur fhypotsmidre droit aeeu les douche* cfuilanlts < l t Ioniques sur le dos et sur tes lombes.
PS juin. — Jusqu'à ce jour, l'amélioration a été progressive. M""" C... n'a plus le même - teint qu'au moment de son arrivée à Caiivern. L'engorgement a à peu près disparu; les digestions ne laissent rien à désirer ; M™°C... part rétablie et va consolider sa guérison par des bains d'air, à Luclion.
Réflexions. — Voilà un faitqui montre les eaux do Capvera dans toute leur efficacité : prompt rétablissement des voies digestives, amélioration de l'hémajOso et de la nutrition, résolution de l'engorgement hépatique, tout cela a été obtenu en dix-sept jours de traitement.
2" Congestion chronique du foie
Ce serait une lacune dans notre livre si nous ne disions quelques mois do la congestion chronique du foie, qui est trop souvent confondue soit aveu l'hépatite chronique, soit avec la dyspepsie. Cette affection doit prendre place dans fe cadre nosologiquc après les travaux remarquables du docteur Fleury. Car, comme le dit le professeur Amiral, elle peut simuler par ses symptômes les diverses altérations^ de texture que l'on rencontre dans' le foie. Ce n'est point ici le lieu de tracer l'histoire de cette congestion si magistralement décrite par l'écrivain distingué de Bcllevue, dans sou Traité thérapeutique et clinique d'hydrothérapie. Nous nous contenterons de lui emprunter le résumé fort sommaire que nous donnons ici, et de rappeler au lecteur que Fleury a parfaitement établi « que la congestion hépatique chronique est très-fréquente, soi! comme lésion secondaire, soit comme maladie primitive, comme entité morbide ;
o Que, dans l'étal actuel des choses, la congestion hépatique est souvent méconnue, soit que l'attention n'ait pas été jusqu'ici suffisamment portée sur elle, soit que l'on néglige de soumettre les malades à un examen plessiméhique attentif et méthodique ;
» One les phénomènes morbides produits par la
AFFECTION DU FOIF.
ingestion hépatique ont été rattachés jusqu'à présent, ai vaut la prédominance de lel ou tel groupe, h la tyapepsie, à la speffnaioFrh.ee, à l'hypocondrie, a ■ose générait; i Que la congestion secondaire est loin de reconnaître pour cause unique de son développement la (jviu de la ci mile lion cardiaque; et après avoir étudié les diverses circonstances au milieu desquelles se montre la congestion hépatique secondaire ou primitive, Fleury indique les liens très-intimts qui unissent l'hypèrémie chronique du foie à la gastralgie, à l'anémie, aux cachexies, ù la spermatorrhéc, à la maladie paludique, etc. »
Parmi les causes de la congestion chronique du foie, nous devons admettre avec Fleury « l'abus des boissons alcooliques, du sucre, des aliments sucrés, des substances grasses, des condiments acres, l'usage du vêtements trop étroits, d'un corset trop serré ou mal fait, certaines professions dans lesquelles le corps est fléchi en avant, les hypocoudres comprimés, etc.
« Toutes les causes de débilitation générale qui ont pour eil'et d'affaiblir les fonctions d'innervation, les foires vitales, la contraclilité des vaisseaux capillaires, les excès de coït, la masturbation, les pertes séminales involontaires, les émotions morales démesurées, le défaut d'exercice musculaire, les Ira-
CAPVERN. - SES EAUX MINÉIl ILES.
vaux intellectuels excessifs, l'abus du tabac h fumer, etc., l'alimcnLalion insuffisante, les fatigues extrêmes les sueurs profondes et les cachexies paludiqui saturnine et syphilitique, la fièvre lypho choléra et les maladies accompagnées de ["Tirs < sang considérable, de flux très-abondants, les aflfec Lions du cœur, la gastralgie, otc. »
Quant aux symptômes qui escortent la congestio chronique du foie, il convient de noter surtout ceu qui se rattachent aux troubles digestifs, à 1 anémie.
C'est par des phénomènes de dyspepsie intense qu se manifeste l'bypéréi nie hépatique. La peau est sèche terreuse, très-aride et ridée. On ne peut pas dir qu'il existe de l'ictère. Seulement la peau est « teint on jaune surtout au niveau des pommettes et i pourtour de la bouche. » Les malades craignen beaucoup les variations atmosphériques ; ils soi excessivement frileux, et ils se réchauffent dillid lement même au temps de la canicule; ils ont de pertes séminales involontaires qui les laissent san force, et quand la maladie est de longue durée sont réduits a l'impuissance génésique. Leurs facultés intellectuelles, leur mémoire, sont considèrablomet affaiblies; ils ne peuvent se livrer à des travail: de cabinet et ils deviennent rapidement hypocon driaques.
La congestion hépatique chronique n'est pas ac-
AFFECTIONS DU FOIE
xnnpagnée ordinairement de lièvre ni de douleurs, mt au plus si les malades accusent parfois une gène .ns l'hypocondre. Le volume tiu foie hypérémié , toujours eu rapport avec le degré de la conistion.
Fleury a attaché son nom à la découverte si imitante de la thérapeutique des congestions chroniques du foie. C'est par les douches froides dirigées iirectement sur l'organe hypérémié, qu'il en opère a guéiïson, et les brillants résultats qui se trouvent lans son livre ne permettent plus de louter de l'efficacité de cette médication.
Si l'on songe aux accidents des voies digestives, à jiômieetaux asthénies générales qui accompagnent . congestion chronique hépatique, si l'on songe encore que Fleury lui-même reconnaît la nécessité, dans beaucoup de cas, de seconder l'action résolutive des douches froides par des adjuvants empruntés soiL à l'arsenal thérapeutique, soit à la médication hydrominérale, on comprendra de quel précieux secours sera aux individus atteints d'hypérémie chronique du foie, le traitement fait dans notre établissement thermal, où, à côté des douches, le malade trouvera 1 minérale dont l'action suc les fonctions diïslives est très-puissante, une eau minérale qui en léme Lemps combattra rapidementles accidents anétiques qui marchent avec cette affection morbide.
Voici une observation qui vient à l'appui de ce que nous avançons :
Observation. — Congestion hépatique chronique.
M. F., de Vic-Fczensac (tiers), figé de -12 ans, fut envoyé h Capvern le 7 juin 1872. I! est d'une bonne constitution eL il présente les attributs du tempérament sanguin.
Depois trois ans, il est en proie à des troubles digestifs continuels que l'on a regardés comme une dyspepsie ou bien comme une gastrite. La médication évacuante a été employée dans de larges proportions ; on peut en dire autant des spoliutions sanguines locales. On lui a administré les calmants, les antispasmodiques, les absorbants, les alcalins, etc. La médication révulsive externe n'a pas été négligée. Mais rien n'a réussi.
Etal actuel. Face pale avec une teinte eubictériqui' surtout au pourtour des lèvres et aux sclérotiques. Langue chargée d'un enduit bilieux à sa base ; l'appétit est nul, et ses digestions sont toujours mauvaises, l'resque aussitôt après l'ingestion des aliments, F... ressent une violente douleur à l'épigastre, aussi redoute-t-il l'heure du repas; pendant le travail pénible de la digestion, ses pieds se refroidissent, et sa tète est en feu; il est en même temps d'une somnolence invincible. Son abdomen se distend et alors surviennent des éructations acides accompagnées d'une sensation de brûlure qui remonte de l'estomac à la partie supérieure de l'œsophage. La bouche est amère, pâteuse et les garde-robes sont très-rares. Nous constatons que le foie dépasse le rebord costal de 5 centimètres ; il y a là un léger gonflement, et la moindre pression sur celte partie provoque la douleur. Le sommeil est presque nul, les Forces ont considérablement diminué, les désirs vénériens sont très-rares et les érections sont toujours
Son
froû quai
AFFECTIONS DU FOIK. III
incomplètes. F... est très- irritable et fort mélancolique, Ion pouls fréquent oft're peu de résistance.
rutemknt: Bains sédatifs au Bouridé ; douches verticales pluie d'abord, puiscnjet sur ifi région hépatique.
atre verres d'eau minérale de Hount-ûwuli 1 .
Durant les deuï prenùàïfls Bflffi&iues, l'amélioration s'établit très-lentement et elle fut troublée par une recrudescence passagère des accidents tçastralgiques. Vers la En du traitement, qui dura 25 jours, les symptômes de la maladie disparurent rapidement. T.c fois rentra dans ses limites normales, les digestions devinrent faciles- et l'appétit très-vil'. Lorsque F. quitta la station thermale, la métamorphose était complète, et nous avouons que noua n'avions pas compté d'abord sur un semblable succès.
3" Calculs biliaires. — Coliques hépatiques
Tout est encore hypothétique à l'endroit de h eauae sous l'influence de laquelle a lieu, la formation des concrétions biliaires. Ce mode de formation dépend-il d'une altération spéciale de la bile ? Est-il te résultat d'une inflammation des voies biliaires, déterminant la coagulation de la bile sur un point des conduits vecteurs? Ces calculs sont-ils dus, comme semble le croire le professeur Bamberger, à une prédominance graisseuse do la bile? Dans l'état actuel de la science, il n'est pas possible de répondre à ces quesns, et il faut convenir que la pathogénie des colletions biliaires ne repose que sur dos conjectures,
in
CAPVEIiN. — SES EAUX MJNÉIULES.
hypertrophié, légèrement douloureux à la pression. Il n'avait jamais rendu de graviers d'aucune espèce. Les fonctions dîgestives étaient languissantes et le système musculaire considérable mon l affaibli. Je conseillai i ce malade: 1° un uain au Dauridê; 2 U l'eau de la buvette du grand établissement à doses croissantes, depuis deux verro ju-| i'ù huit; 3° des lavements avec l'eau do la source ; 4 a des douches sur la région du foie, sur la colonne vertébrale et sur les membres inférieurs.
■ Cette médication produisit des effets merveilleux. Les urines devinrent abondantes, elles laissaient déposer dans ic rase une quantité considérable d'acide urinue. L'iclm: diminua progressivement et le malade quitta I lovera après vingt-deux jours de station. 11 avait retrouve son appétit, et ses forces. » (Docteur Pedebidou.)
Observation II, — Hépatite chronique. — Congestion du côté du cœur à ta suite de la brusque disjuivUion du f!ua hèmurroïdal.
Bernard. .., rie Peyriguère, lige de vingt-rluùlans, vint à Uapvern, le 13 juin i87U. Go malade, d'un tempérament bilioso sanguin, est depuis longtemps sujet aux flux liéinorroïdaux. Tendant lo mois de janvier, il parvint à s'en débarrasser à l'aide d'applications locales astringentes. Mais son imprudence lui coûta cher. Un malaise général, des picotements dans toutes les parties du corps, des élancements du coté de la tête et du cœur suivirent cette suppression. Hes troubles digestifs apparurent, er, une douleur obscure, profonde, se localisa dans la région hépatique. Le Ibîe augmenta peu à peu de volume et tout son corps devint jaune. Une application île sangsues à l'anus le soulagea ; mais la guérison n'ont pas lieu.
A l'arrivée de 1). . . à Citpvern, nous constatons que l'engorgement hépatique persiste encore, ainsi quo la jaunisse.
AFFECTIONS DU FOIE
s diyeations sont longues et Lrès-Inborieuse. Le malade :i sensation d'un poids fort incommode à l'hypocondre droit, et se plaint de violentes palpitations du cœur. Cependant, LVusculation et la percussion de la région préjordiale ne nous font pas découvrir une lésion organique e cette organe. D... n'a jamais eu de douleurs rhumamales. lt a une constipation opiniâtre ; la fièvre est
Tr.utemest: Bain de jambes chaud pendant un quart
■ tliriirc, puis di'itii-baiii. de demi-heure nu Rouridê. Trois
; d'eau Minérale à la Hount-Caoute dans la journée.
\:;.i-, tluet/tdance tempérée en arrosoir de dix minuta
ir la région hépatique, alternant, avre la douche
coûtante intra-rcctalcii la même température et de la même
18 juin. î— Sous l'influence de cette médication, une b amélioration s'est établie ; à cette date, tes bJmûroïdes ont reparu et coulent avec abondance Les tumeurs li entourent l'anus sont très-douloureuses. Les battements r ont beaucoup perdu de leur violence, la coloration le l'enveloppe cutanée tend à s'effacer, la constialion a cédé, et la déjection ilevient plus facile. Continuation des demis-bains au Bouridé, six verres d'eau ta llounl-Uaoute. bouche descendante, suppositoire au ■re de cacao.
b flux liemorroïdal coula abondamment pendant cinq s, et les divers symptômes que présentait ta maladie D... s'amendèrent progressivement. Au moment do sou lépacL, vers te 25 juin, l'hépatite et la congestion du cœur avaient disparu, le malade mangeait avec un vil appétit Gl devrait sans aucune souffrance.
Réflexions. Cette observation est pleine d'intérêt. a rapidité- de l'amélioration obtenue par l'action de
CAPVERN. - SES EAUX MINERALES, d'assez longue durée (1) des conduits hépatique ou cholédoque.
Telle est, d'une manière sommaire, l'expression symptornatique de la colique hépatique. Nous n'avons pas à nous occuper ici des inflammations et lésions diverses auxquelles le séjour des calculs dans les conduits où leur passage peut donner lieu.
Il est aujourd'hui démontré par l'expérience que les alcalins jouissent d'une grande efficacité dans la thérapeutique des concrétions biliaires. Les cures innombrables de Marienbat, de Carlsbad, de Vichy, de Vais, de Pougues, de Capveni, etc., en font foi. Sous l'influence des eaux minérales — bi-carbonates sodiquos, carbonatées et sulfatées calciques, — on voit les malades rendre une quantité prodigieuse de graviers. Et cette expulsion, grâce à l'action de ces eaux, s'opère avec des souffrances relativement moins vives. C'est ce que l'observation clinique a mis hors de doute.
Comment agissent les eaux minérales dans cette circonstance? Les explications no fout pas défaut, surtout celles des chimistes. Mais elles sont basées sur des hypothèses auxquelles nous ne devons f nous arrêter. Voici ce que dit à ce sujet Niemeyei
(t) 11 résulte de l'expérimentation des physiologistes que, si o Jetcrmiiie l'occlusion du canal cholédoque chei un chien, l'ictère ne se reproduit que trois jours après cette occlusion.
AFFECTIONS DU FOIE, le savant professeur allemand {Éléments de pathologie interne, lome I, page 821) ; « Nous no sommes pas en état de fournir l'explication de l'action de ces eaux. Leur absorption ne peut ni dissoudre la chaux pigmentée, ni modifier la choies té ri ne. Leur efficacité repose-t-elle uniquement sur l'abondante formation d'une bile diluée et très-liquide, capable d'entraîner les calculs! C'est ce que nous ignorons. »
Bien que cette dernière explication soit ellemême conjecturale, nous l'adoptons pour ce qui nous concerne, parce qu'elle satisfait mieux notre esprit que les théories chimiques de la dissolution des calculs par l'action des sels sodiques, et de l'insuffisance d'alcali dans la bile, théories battues en brèche, de tous côtés, et quilaissenl complètement inexpliquée, dans la thérapeutique des calculs biliaires, l'efficacité non moins remarquable des eaux minérales qui ne renferment pas la soucie ou qui la contiennent à dose infinitésimale parmi leurs principes miuéraîisateura. Que la bile soit un savon de soude, ainsi que le prétend le professeur Batuberger, nous n'y voyous poinl d'inconvénient; mais que les phénomènes chimiques de la précipitation des calculs soient le résultat de la diminution de la base alcaline, cette assertion attend une démonstration en règle : (Juod est demonstrandum, comme parlent les théologiens.
A Capvern, à Coutrexé ville, à Pougues, les ma-
CAPVKBN. - SES EAUX MINÉRALES, lades sont débarrassés de leurs calculs, absolument de la môme façon qu'à Vichy ou à Carslbad. Or, si la bile de ces calcuienx manque de soude, ce n'est pas en lui donnant ce qui lui fait défaut qu'on les guérit, dans les trois premières statious thermales. Ce n'est donc pas à la soude que l'on peut rapporter l'efficacité des eaux de Capvern, de Contrexëville et de Pougues, dans le traitement des concrétions biliaires, efficacité qui n'est pas plus contestable que celle dos eaux de Vichy et leurs congénères.
On comprend mieux qu'une eau minérale qui, par les principes qui lui appartiennent, favorise la nutrition, qui, durant vingt, trente jours, traverse et baigne le foie, — les matériaux de la digestion traversent en grande partie cet organe pour arriver dans la circulation générale [Claude Bernard), — ou comprend mieux, dis-je, qu'une eau minérale, dont l'absorption provoque un flux exagéré d'uae bile plus liquide, ait une grande influence sur la migration des calculs vers l'intestin, soit, comme le veut M. Petit, en produisant quelquefois leur désagrégation par la destruction du mucus qui leur sert de trame, soit par son action stimulante sur les conduits vecteurs de la bile, dont la dilatation sera le résultat du passage incessant des produits plus fluides et plus abondants d'une sécrétion modifiée.
Plus TingesLion de l'eau minérale sera abondante
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et pourra être continuée sans porter atteinte aux fonctions digeslives, plus cette dilution si désirable de la bile sera facilement et avantageusement obtenue. Aussi les eaux de Capvern, que leurs sels de chaux et de magnésie, que leur acide carbonique et leur température, rendent si digestibles, figureront toujours au premier rang parmi celles dont devront user les sujets affectés de cholélitbiase.
Les docteurs Piqué et Taillade ont publié des observations do calculs biliaires expulsés sous l'influence de nos eaux. Voici trois faits dignes de remarque: le premier se trouve consigné dans un travail de M. le docteur Monlagnan sur les eaux de Capvern ; M. le docteur Pedebidou nous a communiqué le second ; et le sujet de la troisième observation est un médecin, très-distingué oculiste de Bordeaux, M. le docteur Guépiu.
OnKERï.vncw I. — « Nous pourrions, dit II. Moutajinan, citer bon nombre d'observations, et notamment celle il'un négociant île Bordeaux qu'on dirigeait sur Gau'terets, à cause d'accidents thoraoîqnea caractérisés I l'auscultation par des râles muqueux et sibilants, par une dyspepsie intense, par un teint jaunâtre, bilieux, et par tous los signes d'une hémathose incomplète. Au lieu de suivre la prescription de ses médecins, il vint à Capvern, entraîné par les conseils de quelques malades <jui lui .vantaient ces eaux contre la constipation dont il était tourmenté, et contre le sang hémorroïdal dont il avait souffert jadis. Il parvint à déterminer une crise par l'anus : le malade rendit, au
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