SES EAUX BIN
milieu d'un Ilux abondant de mucosités sanguinolentes, uno quantité prodigieuse de graviers, dont L'élimination se fit pendant dix-sept jours, liés les premiers jours, l'amélioration survint et tous les accidents disparurent successivement. Le teint s'éelaircit, l'appétit se ranima, et les force! perdues depuis douze ans revinrent avec un cinbonpoinl, un toint coloré et un bien-être qui persiste depuis
Observation II. — Calculs biliaires et gravelte.
»M.F..., receveur des contributions indirectes, âgé de quarante-quatre ans, a été affecté de coliques néphrétiques qui se sont terminées pur l'expulsion de petits calculs d'acide arique. Doué d'un tempérament lymphatique-sanguin, d'une forte constitution, M. F... revenait promptement à la santé dès que les douleurs néphrétiques avaient cessé. En 1853 et 185i, M. F... fut atteint brusquement d'ictère, Cet ictère était symptomatique d'une hépatite sub-aigué ; malgré les divers moyens employés pour combattre l'ictère, la maladie ne marchait pas vers la guérison. Des douleurs violentes siégeant dons la région du foie, la tuméfaction de cet organe me firent soupçonner In présence de calculs biliaires. L'éther et la térébenthine, combinés avec les opiacés et les laxatifs, amenèrent un soulagement notable.
» Je prescrivis à M. F... l'usage des eaux de Capvern ; M. F... se rendit à cette station thermale; il se baigna à rétablissement du Bouritlé, et but journellement de quatre à six verres d'eau de la Hount-Caoule. Les bains prolongés pendant une et deux heures amenèrent une sédation complète et un véritable (lux ur inaire. Quelques coliques furent suivies de relies abumlun tes, i.l larrhéiques et d'une coloration fortement biliaire. Au milieu de ces excrétions diarrhéiques on remarqua une foule de petits calculs biliaires.
• Après ces évacuations, les fonctions du foie se rétabliront
AFFECTIONS DU FOIE
l'ictère disparut et le malade reprit rapidement ses forces et sa santé.
i Sous l'action des eaux, les urines devinrent trèsabondantes; elles cltarriaient journellement une quantité de gravier arigue.
- M. F.., resta vingt-deux jours à Capvern ; il prit seize bains et ne dépassa jamais la quantité de siï verres d'eau minérale en buisson: deux avant le bain, deux en sortant du bain, et deux à quatre- heures du soir. Au retour de Capvern les urines devinrent normales. (Docteur Pedcbidou.) »
On S E H VATION 111. f.rpulsà sous l'in/lue,
tirpatiiiucs; calculs biliaires a de Capvern.
Voici maintenant l'intéressante observation qui concerne M. le docteur Guépîn. Nous ne saurions mieux iairo que de laisser notre honorable confrère raconter lui-raome ses souffrances et les effets qu'il a obtenus de l'usage de nos eaus.
* En 1848, écrit le docteur Guépin. je fis une chute sur le coté droit. Depuis cette époque, j'ai eu constamment de la sensibilité de ce coté. En 185"i, j'eus un ictère qui dura environ six mois, et qui ne guérit qu'à la suite d'une diarïln'r non provoquée, qui persista une quinzaine de jours.
ii Depuis, j'ai été sujet à des accès de forme intermittente pendant lesquels les urines deviennent foncées, tandis que les matières fécales se décolorent.
< Ce n'est que dupais cinq ans que j'ai été atteint de véritables coliques bêpaihiquus. Les crises se sont reproduites irrégulièrement, sous les influences les plus diverses, froid au.\ pieds, faillies excessives, préoccupations, etc.
W , :;:s (rij!> ans, j'ai eu anse crises liépaihiques bien marquées. Il y a deiiE ans, je me suis mis, durant ces crises, a laire usa^e des eaux de Capvern : je prends chaque iviiUin un litre d'eau île Hoiml-Caoule à la dose d'un verre de quart d'heure en quart d'heure. J'ai été constamment,
soulagé. J'ai rendu ta dernière fois 32 calculs ou gravieri hitùiirex.
o Quand je prends l'eau de ffouiU-Caoute, pendant les deux premiers jours, j'éprouve de l'excitation générale qui se calme peu a peu, et il se produit un etfet spécial sur la vessie, qui dure, ordinairement trois à quatre jours. Ensuite, Tenet diurétique s'apaise, et c'est sur l'intestin que se. produisent les ellcts physiologiques, des garde -robe s fréquentes acciimpa^nnPs de tenesme anal. (Test dans ces conditions que j'ai expulsé des calculs biliaires, que j'ai recherches dans les matières locales par le procédé des orpailleurs.
• Au demeurant, depuis la dernière expulsion ( septembre 1871), je suis très-bien.
« .l'ai cessé l'usage des eaux de Vichy qui me fatiguaient et necasionnaion I. des o ingestions passives du cùté de la tête. •
Nous ne ferons suivre d'aucune réflexion cette observa- I un île M. le docteur Guépin; nous nous contenterons d'adresser à notre confrère nos remerciements pour la communication qu'il a bien voulu nous faire de ce fait clinique, qui est pour les eaux de Capvera un succès d'autant plu» important, que le sujet de l'observation est un médecin fort instruit et très-habile, qui s'est très-bien rendu compte des affola physiologiques produits ordinairement par l'eau de lloimL-Caauie, eu les étudiant sur lui-même.
3" Ictère ou Jaunisse
L'Ictère, que le vulgaire désigne sous l'appellation de Jaunisse, est caractérisé par la coloration safranée des conjonctives et de la peau.
Certaine auteurs admettent plusieurs variétés d'ictère ; nous nous contenterons ici de distinguer l'ic-
AFFECTIONS DU FOIE, [ère essentiel (sans stase biliaire appréciable), et l'ictère symptomatique, d'une occlusion des conduits vecteurs de la biie.
L'ictère essentiel se déclare quelquefois très-rapidement, soit sousl'influenced'une vive émotion, soit à la suite de certaines intoxications, et de quelques maladies infectieuses.
Les explications qu'on a données sur le mode de formation de ces ictères sont loin detre satisfaisantes. On saisit, au contraire, très- facilement le mode de formation de l'ictère qui est le résultat d'une obstruction des canaux biliaires; « Lorsque, dit Neumayer, la réplétiou des voies biliaires et des cellules hépatiques devient considérable, et que la pression sur les parois de ces organes arrive à une certaine intensité, une grande partie de leur contenu passe par voie de fil [.ration dans les vaisseaux sanguine et lymphatiques. »
Les diverses tumeurs du foie, du pancréas et du duodénum, qui exercent une forte compression sur les conduits hépatique et cholédoque, la diminution dans le calibre de ces conduits déjà fort étroits, leur obstruction, produite, soit par un gonflement de leur muqueuse dû à une inflammation catarrhale, Boit par la présence de mucosités provenant de l'hypersécrétion de la muqueuse fluxionnée, peuvent produire l'ictère symptomatique.
Quelquefois l'ictère se déclare d'emblée ; dans d'autres cas, il est précédé de phénomènes prémonitoires.
Les conjonctives, les ailes du nez, les tempes, le cou, les aisselles, la face interne des membres thoraciques ei pelviens, prennent successivement une teinte jaune plus ou moins prononcée, selon l'intensité de la résorption biliaire. Bref, ce sont les parties les plus perméables de l'enveloppe cutanée qui son! les premières envahies, puis tout le corps devient jaune comme un citron. Les urines, en môme temps, ont une teinte safranée ; les selles sont décolorées, blanchâtres; toutes les autres sécrétions de l'organisme prennent la coloration jauno, le pouls est ordinairement d'une lenteur remarquable; la peau très-sèche est le siège d'une démangeaison parfois insupportable; quelques malades conservent l'appétit et l'intégrité des fonctions digestives, tandis gué d'autres offrent les symptômes de la dyspepsie bilieuse.
Ces phénomènes persistent pendant deux, trois jours, et quelquefois plus longtemps, selon la variété de l'ictère. Ensuite, la coloration jaune disparaitpeu â peu, en abandonnant d'abord les parties sur lesquelles elle s'était fixée en dernier lieu.
L'ictère essentiel s'efface ordinairement avec rapi-. dilé sous l'influence d'un régime sévère. Lorsqu'il
AFFECTIONS DU FOIE
Cf
■siste à l'hygiène, à l'éloignement des causes qui produit, à l'usage deB boissons acidulées et froides, il faut changer d'air, et venir, si on le peut, près de notre source. Nos eaux, en réveillant l'appétit et en facilitantla digestion, etaussi parleurs propriétés diurétiques ot légèrement purgatives,
nèneront une prompte guérison.
Il est d'une importance majeuro, au point do vue
u Iraitement, de distinguer les occlusions des canaux biliaires curables, de celles qui sont au-dessus des ressources de l'art. Parmi ces dernières figurent lvIIok qui sont produites par la compression exercée par les tumeurs hydatiques ou squirrheuses, ou qui sont le résultat de la cirrhose. Il est aisé de comprendre que, dans ces cas, les eaux minérales, impuissantes à modifier ces divers états morbides, ne pourraient, en activant la sécrétion biliaire qu'augmenter la stase et la résorption de la bile, que favoriser les désorganisations organ iques et précipiter la terminaison fatale.
Il n'en sera pas de même si l'occlusion des voies biliaires est curable. Que l'ictère soitsymptomatique de la présence d'un calcul qui oblitère les conduits vecteurs de la bile, on qu'il soit occasionné par un état inflammatoire ou catarrbal du duodénum, qui étendu à la muqueuse du canal cholédoque, on
itirera les meilleurs résultats de l'usage des eaux
- SES EAIÎX MINÉRALES.
de Capvern. Dans le premier cas, en entraînant le calcul dans l'intestin, elles hâteront la disparition de l'ictère ; en second lieu, en vertu de cette loi de la substitution dont nous avons parlé, elles modifieront l'état morbide de la muqueuse gastro-duodénale et de celle du conduit excréteur de la bile. Elles feront ainsi disparaître la cause de l'obstruction ; et, la bile s'écoulant librement dans l'intestin, on verra disparaître tous les symptômes de la résorption biliaire.
Le traitement hydrominéral consiste en boisson, bains et douches générales et locales. En même temps, le régime des malades devra être rafraîchissant et principalement végétal. On pourra cependant user de bouillons concentrés et de viande rôtie froide. Le jus gras, les sauces, le beurre, seront sévèrement proscrits, car la bile est indispensable à la digestion intestinale des aliments gras et a leur absorption.
Les distractions, un exercice modéré, favoriseront la cure thermale.