CAPV8BR. - SES EAUX MINÉRALES
ijin.Mï.'irLlesualier qui conduit au logement au régis» seur, situe à l'étage supérieur.
Dans le cabinet qui est h côté de la buvette, le premier à gauche, qui s'ouvre dans le corridor de l'est, ou voit un grand bassin en pierres do taille, dans lequel la source se trouve emprisonnée, C'est ce réservoir qui alimente ia buvette, les cabinets de bains et de douchos, ainsi que les tuyaux qui portent l'eau minérale dans la chaudière. Ce bassin est encore muni d'un grand robinet qui fournit l'eau destinée à l'exportation.
Tel est l'établissement de Moimi-Caoute, qui disparaîtra, bientôt pour céder la place au nouveau, plus en rapport avec les besoins de la station thermale et les exigences légitimes d'une clientèle plus nombreuse et plus riche. En attendant, M. le directeur de la Compagnie, prenant en considération notre demande, a fait faire à Hount-Caoute une installation complète de douches. Sous le rapport des appareils, rien ne laisse a désirer. La grande salle des douches de l'établissement hydrothérapique de Passy nous a servi de modèle. On trouve réunies dans cette salle la grande douche en pluie verticale, la douche écossaise, la douche à colonne, en arrosoir, à jel brisé de F leur y ; et dans une pièce presque contigue est installé le bain de siège, muni de la douche lombaire, et desdouches ascendante, pérmëale,
ÉTABLISSEMENTS THERMAUX. , 11
mginaU et circulaire en pluie. Pour les besoins du srvice, i! serait indispensable de posséder une double nstalL.ition de douches, l'une pour les dames, l'autre s hommes. Ce desiderata ne sera comblé que dans le nouvel établissement dont nous appelons de i nos vœux la prochaine construction, Le cabinet médecin-inspecteur se trouve contigu à la grande aile des douches.
La chapelle est assez rapprochée du grand établisjament. Jusqu'en 1871, elle n'avait été desservie que par le nombreux clergé qui, pendant toute la saison ihermale, se succède à la station. Monseigneur l'évêque de Tarbes a enfin assuré pour toute l'année ) service religieux dans la chapelle de la Houni- ■aouCe, en y attachant un vicaire.
Le cahier des charges accepté par la Compagnie :on cession n aire impose à, cette dernière l'obligation de faire à la chapelle des travaux d'agrandissement. Nous faisons des vœux pour que l'idée de la transformai ion de la chapelle actuelle soit abandonnée. C'est au centre de la station que l'on doit bâtir une touvelle église. Le fond de ce vallon rétréci doit être empiétement débarrassé des constructions qui l'obstruent, afin que l'air puisse y circuler librement. La direction de la poste aux lettres s'installe t la llount-Caoute pendant toute la durée de la saison thermale. Le service télégraphique fonctionne
seulement du 1"" juin au 1" novembre. La distribution des lettres et des journaux a lieu régulière ment, matin et soir, après l'arrivée des courriers. Les omnibus des hôtels font très exactement le service, dans la journée, de la gare du chemin de fer à la station thermale et réciproquement. Un service de voilures est également organisé par les soins de la Compagnie entre la llouni Caoule.ct le Bouridé.
Nous allons maintenant faire connaître au lecteur le second établissement thermal de Capveni:
(t Si le touriste, avons-nous écrit ailleurs, si le touriste qui s'arrête à Capvcrn, pour oublier un instant, dans le calme do la solitude, les mille bruits des stations thermales privilégiées, veut faire une promenade délicieuse, et en même temps la connaissance du lianriik', dont la source abondante sourd au Tond d'une gorge encore plus isolée, qu'il prenne, son bâton à la main, par une limpide matinée d'été, le sentier qui y conduit, en suivant les ondulations de la colline boisée, où siffle le merle, où beugle le taureau, paissant dans la lande. Lorsqu'il aura gravi la côte rapide, qu'il se repose, un moment, sur la criHo, en respirant les émanations de la brise matinale- qui passe. Il est là en présence du plus joli tableau qu'on puisse admirer dans ces Pyrénées, où tout est si admirable et si poétique. 11 a, en face do lui, le pic du Midi dû Bagoères : dont la tête neigeuse
ÉTABLISSEMENTS THEKMAUX.
dresse, superbe, au-dessus des montagnes, ses œurs, dont les sommets inégaux vont en se déprinant du midi au nord, échelonnés ainsi jusqu'au rezin, assis, lui, à deux pas, sur le plateau voisin, avec sa jolie église et son château séculaire, dont on aime à visiter les ruines. A droite, 1 vallée fertile et profonde où serpente le ruisseau jaseur : à gauche et à ses pieds, lit forêt sombre et ilcncîeuse; puis là-bas, tout à fait là-bas, au hout ! ce sentier ombreux, entouré de précipices, dans 3 creux du ravin, où l'on n'entend que la voix molotouo de la naïade bleuo ou le mirliton du pitre, qui suit le troupeau en cueillant la fraise parfumée, j, naLuj'e a placé le lîourldé, la source sédative par [\m s llence, la source antispasmodique, si utile, en temps surtout, où la surexcitation nerveuse, tlimentôft par nos mœurs, par nos passions, par nos ambitions et par nos convoitises, est la cause latente de tant d'états pathologiques divers... Ah! quand i a contemplé ce tableau si charmant, si plein de ■aîcheuretde poésie, que l'on reprend sa marche, retourne pour admirer encore, et l'on regrette .le n'avoir pas un crayon pour emporter un croquis dans son album... Ainsi l'homme se retourne, hélas! ;ivn' regrot, vers ses jeunes années, quand pic.- iJfl ni passe la beauté suave, avec, sa grâce céleste et Us formes sculpturales, qui rappellent lo type grec:
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et il s'éloigne, rêveur, en laissant derrière lui ce qui ravit sou âme, et en comprimant dans son cœur, impuissant à créer des dévouements posthumes, le flot amer de ses tristesses et de ses déceptions. »
L'établissement thermal du Dourîdé a été construit dans un pli de ce terrain accidenté, sur le bord d'un piilit misseau qui Fuit dans le ravin ; il est entouré de deux ou trois maisonnettes toujours habitées par des étrangers durant la saison thermale.
En entrant dans le bâtiment, se trouve un grand vestibule qui sert de promenoir. C'est sur un. des côtés de ce vestibule seulement que s'ouvrent les cabinets de bains, au nombre de dix ; da grandes fenêtres, placées en face des cubineU, éclairent Je vestibule dans toute son étendue, en prenant jour du côté du ruisseau. C'est de ce vestibule que part un escalier qui conduit au soubassement on sont dix autres cabinets de bains et le cabinet de la douche descendante, la seule qui existe dans cet établissement.
Les cabinets supérieurs sont spacieux, aérés et bien éclairés. On ne peut en dire autant des cabinets inférieurs, qui réclament des améliorations urgentes. Tous les cabinets de l'étage supérieur sont munis du mobilier indispensable, que nous avons décrit à propos do grand établissement.
Le Bouridé est très- fréquenté à cause des propriétés si merveilleusement sédatives de sa source.
Etablissements thermaux, a
Ni Ussat, ni Saint-Sauveur, ni Salut, a dit avec raison Taillade, ue peuvent rivaliser avec elle, — aussi est-elle destinée, selon nous, à un grand , — Cet établissement attend sa trausfornation que la Compagnie concessionnaire ne lui fera pas attendre longtemps. Le nombre des cabinets ; bains doit être porté à cinquante au moins. 11 convient d'y installer une douche ascendante et une douche descendante. Ces douches sont indispensables dans un établissement où l'on soigne un si grand lombic de maladies de l'utérus et de ses annexes et s affections rhumatismales.
Les améliorations que nous demandons pour le Bouridc viendront, nous n'en doutons pas, à la suite de celles qui sont en voie d'exécution à la HuunL- Caoïtte. Lorsque la transformation des établissements theimaux de Capvern sera faîte, lorsqu'on aura réalisé enfin les projets d'embellissement dont nous parlions plus haut ; quand de nombreux et gracieux cbalets seront construits sur les terrains que la commune aurait dû vendre depuis longtemps aux acquéreurs qui attendent, alors Capvern, avec ses deux sources les plus abondantes et les plus effi- •aces de toute la chaîne pyrénéenne, n'aura rien à r aux stations thermales les plus fréquentées. * Aujourd'hui ou y vient pour guérir, dit le Guide aux Pyrêniles, page 153. Bientôt on y viendra pour
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y respirer l'air pur des montagnes sans être au soin des montagnes, pour s'y délasser, pour s'y divertir, comme aux autres thermes; pour faire une excursion au château tic Mau.ve7.h1, ce reste imposant de la féodalité ; pour visiter cotte helle et solitaire abbaye de l'Escaladieu, si bien choisie, et à juste titre, par Jirâtrix de ISigorro ; ce ne sera là qu'une promenade de quelques kilomètres, On y viendra aussi pour visiter à six kilomètres le château de Lomné, bâti dans le style grandiose do la renaissance sur un roc entouré, comme d'un méandre, par les eaux de l'Àrros, qui semble ne quitter qu'à regret ces lieux imposants par l'aspect des montagnes, et qui lui sont cliers, à cause du calme profond du site et de la douceur du climat. On y viendra pour aller un peu plus loin, à trois ou quatre kilomètres, parcourir les montagnes seigneuriales de l'ancienne maison des Cardeillac. et Ja grotte d'Esparros, et celle de Labastide qui est voisine. On y viendra pour voir le beau marché do Lannemezan, ce beau plateau des landes, qui sera bientôt vivifié par les eaux du canal de laNeste, On y viendra pour voir ISagnères, cette reine des Pyrénées; pour voir Ludion,' en traversant cette belle vallée d'Ame, vatlis aurea, qu'on a sillonnée de routes magnifiques, sans doute pour déterrer et retirer de l'oubli les mines argentifères, les carrières de marbre, les carrières d'ardoises, les eaux
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sulfureuses âe Cadèac,deTramesaïgues, deMoudany, enfin toutes ces richesses inconnues que renferme, au sein de ses innombrables villages, cette belle vallée. C'est de Capvern qu'on partira, comme d'un îentre où tous ces lieux viennent converger, pour isiter tout cela, et encore les thermes de Labarlhe, situés à sept kilomètres de Capvern, sur le penchant l coteau, où s'offre aux regards enchantés le sage le plus ravissant. En effet, on découvre de :e point élevé, qui forme le rideau des landes du jtè du levant, cette luxuriante vallée de la Keste , les ruines du château de Montoussé, fameux par 3 rapines; et la Earoussc jusqu'à Saint-Bertrandle-Comminges qui n'est éloigné de Labarthe que de
: kilomètres. Voila ce que l'on viendra voir, i
-ipvqyi, comme d'un centre, maintenant qu'on
:ctiflé la route de Bagnères à Capvern, pour abréger
5 distances, et que le chemin de fer do Toulouse à
'arbes transporte les voyageurs à un kilomètre de la
Lation thermale, n
On y viendra, enfin, ajouterons-nous, quand les
rivains, qui se donnent la mission de mettre le
lublic au courant des propriétés médicales de nos
irces, apporteront, dans leurs ouvrages, une exac-
itude plus sévère, et rendront à Capvern le rang
mérite d'occuper parmi les stations hydro-
niuérales de la France. Il faut avouer que notre
station n'a pas été gâtée par eux jusqu'à ce jour ; elle a été, au contraire, à peu près complètement délaissée au profit de beaucoup d'autres qui certainement ne la valent guère ! En fait, qu'on lise tous ces guides aux eaux minérales de France ; qu'on feuillette les divers traités où il est question des sources thermales du pays, et on pourra se convaincre aisément que, dans tous ces livres, on fait tout au plus à Gapvern l'aumône d'une courte mention, souvent pleine d'erreurs, et qui n'a jamais appris à un lecteur les merveilleuses propriétés thérapeutiques des deux plus abondantes sources des Pyrénées.